769-Vive le Japon ! 2 posts

dessin de chimilus pour LePost

 

Au Japon le Parti libéral-démocrate a été fracassé. Voilà un demi siècle qu'il appliquait les conditionset les recettes imposées par les Américains après la capitulation de l'empire nippon: pas d'armée, tout pour l'économie et la croissance , tout pour le libéralisme économique et le capitalisme boursier. Le Japon, hier vaincu, redevint grand. Pour la plus grande gloire d'Alain Minc et de la Fondation Saint Simon.

La discipline  économique  remplaça la discipline militaire ,les exportations  les conquêtes, la recherche  prit le budget de l'armée.Les libéraux se croyaient éternels avec la mondialisation.

La crise , les spéculations boursières et le peuple nippon ont renversé le parti libéral et ses dogmes. 

 Le  vainqueur , ukio Hatoyama , très riche héritier de Bridgestone, descendant d'un samouraï, fera exactement  du gouvernement libéral: augmentation du pouvoir d'achat et du salaire minimum, retraite minimum garantie et allocations familiales: c'est-à-dire la relance par la consommation. 

Exactement comme l'ont fait hier  et comme le referaient vulgairement les socialistes français s'ils revenaient aujourd'hui au pouvoir.

Chez nous les sociaux-libéraux: Rocard, DSK, Fabius d'avant le non au TCE, Pascal Lamy, Rosenvallon se voulaient les chantres du néolibéralisme à la mode de la Fondation Saint-Simon (et du Japon) rappelle fort opportunément Marianne.Or cet hedomadaire s'amuse de lire dans le Nouvel Obs que Jacques Julliard le pape de la deuxième gauche,du rocardisme et de la CFDT,rompt lui aussi avec le social-libéralisme, Alain Minc ancien gourou du Monde et de Jospin, passé au sarkozysme,et Denis Olivennes,patron du NouvelObs et piliers de Saint-Simon.

"La deuxième gauche est morte.Le passage du capitalisme civilisé au capitalisme sauvage des actionnaires nous oblige  à reconsidérer toutes nos analyses...Il faut redonner au socialisme sa dignité morale" s'écrie Julliard.

Bouffre! ça nous change un peu de la pensée dominante! Sacré Julliard.Vive le Japon!                                                                      

                                                                              Marc  Baldy



Article ajouté le 2009-09-01 , consulté 123 fois

Commentaires


Fabius le 10/09/2009 à 15:19:42
Extrait de l’intervention de Laurent Fabius au Forum des Progressistes, jeudi 10 septembre 2009, Santiago du Chili :

« Madame la Présidente,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Chers amis,

Un chiffre résume l’année de crise que le monde vient de vivre : depuis l’été 2008, selon un organisme associé à l’ONU, les gouvernements ont consacré neuf fois plus d’argent pour soutenir les banques et les institutions financières que le monde n’en avait dépensé, en un demi-siècle, pour aider les pays pauvres.

A quelques jours du G20 de Pittsburgh, nous sommes à un tournant : ou bien les gouvernements, s’appuyant sur les sociétés civiles nationales et les institutions multilatérales, négocient le virage pour mettre le monde sur la voie d’un autre modèle de développement ; ou bien ce tournant est en réalité ignoré, l’ancien chemin finalement préféré et alors l’humanité risque de foncer « vers l’abîme » comme l’a dit récemment le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

(…) »

Retrouvez l’intégralité du discours de Laurent Fabius sur www.laurent-fabius.net.
Pat le 02/09/2009 à 23:38:42
Ah que ça fait du bien d'entendre celà, ce n'est pas le socialisme qui a oublié ses racines mais certains dirigeants et élus socialistes qui font des gargarismes avec justement le mot Socialisme employé à toutes les sauces mais malheureusement sans saveur !
Retrouvons nos valeurs, construisons ensemble la société dont tout homme de Gauche rêve, alors commençons par accepter le non cumul des mandats et des fonctions, supprimons les seigneuries locales mais qui aura le courage de se rebeller, de les affronter, après tout qu'avons nous à perdre à par du rêve ! Lorsque l'on sort du rang celà coûte cher en terme d'appartenace à un groupe car tous les copains vous lâchent mais au fait était ce des copains ?, probablement pas, encore que, car c'est la nature humaine et on est tous pareils, mais celà est douloureux car on ne renie jamais totalement son passé ni ses camarades mais on en rencontre de nouveaux, ni plus, ni moins interessant, simplement différent, on prend du recul, on analyse et au final on est assez fier d'avoir osé la différence. Alors amis et camarades osez plus que par des mots anonymes, redonnez de l'espoir au peuple de Gauche par votre courage et vos actes, alors nombreux sont ceux qui regagneront la maison Socialiste car elle nous manque mais elle a tellement changée... Malgré tout on veut encore y croire car le monde est fou, Sarkozy nous envoi dans le mur et il y encore près de 50 % des gens qui l'adorent, alors n'attendons plus, bousculons les règles, désignons un candidat sans plus attendre car le prétexte du projet, les bla bla, tout celà n'est que foutaise, il nous un leader charismatique, notre Obama et allons y ...
julliard le 02/09/2009 à 19:24:54
Pour repartir du bon pied.Tribune de Jacques Julliard .On lira l'article entier sur nouvelobs.com.Voici quelkques extraits, on ne peut lui donner tort...enfin!


1. ADIEU AU CAPITALISME CIVILISE

Je dois dire tout d’abord que je ne regrette pas d’avoir été volontairement absent de ce concours Lépine de l’autoflagellation qui se déroule à propos du PS depuis les dernières Européennes. De ce débat oiseux et convenu, je n’ai retenu que deux réflexions, à la vérité essentielles. Celle de Marcel Gauchet soulignant que, tous comptes faits, le PS demeurait le seul parti de l’alternance. Et celle de Jean Daniel, remarquant que le PS ne manque pas tant que cela d’idées, puisqu’on les lui prend. Un peu de lucidité et de bon sens dans un océan d’inepties. J’ai été moi-même, depuis longtemps, fort critique sur l’évolution de ce parti.
Il y a un temps pour tout, comme dit l’Ecclésiaste : "Un temps pour déchirer et un temps pour coudre. Un temps pour se taire et un temps pour parler" (3,7). Or, à lire la presse, et pas seulement Le Figaro, on se demande vraiment qui gouverne la France depuis deux ans et demi. Qui est responsable du chômage. De la montée vertigineuse de la dette. Du brigandage ininterrompu des banquiers et des traders. D’une guerre d’Afghanistan perdue d’avance. Aujourd’hui taper comme un sourd, sans autre considération, sur le Parti socialiste, c’est rouler pour Sarkozy. Point barre.
Cela dit, la question qui domine toutes les autres aujourd’hui, ce n’est ni l’avenir du PS, ni celui de Sarkozy. C’est le brigandage capitaliste. Là est le changement.
Nous avons connu du temps des Trente Glorieuses un capitalisme à visage humain. A tous les salopins des Phynances, comme dit le Père Ubu à tous les maîtres du fer et du charbon, la guerre avait mis un peu de plomb dans la cervelle. Il n’était pas rare, en ces temps révolus, d’entendre des patrons parler de l’intérêt général. Des patrons, ou plutôt des "managers", selon le mot de Burnham. La plupart n’étaient pas propriétaires de leur entreprise, on n’avait pas encore inventé les bonus. Leurs interlocuteurs étaient l’Etat et les syndicats ouvriers. Le Plan, mis en place par de Gaulle à la Libération, n’était pas, à la soviétique, une réglementation de la production. C’était, pour l’essentiel, un lieu de concertation sociale. Du côté syndical, la CFTC – puis CFDT – théorisait le nouveau cours. FO approuvait en maugréant. La CGT acceptait sans trop le dire. Le secteur public accompagnait la croissance. Souvent, il la stimulait. Nous étions dans le cadre d’une lutte de classes réformiste, c’est-à-dire dans un contrat conflictuel gagnant-gagnant.
Quelle horreur ! C’est bien l’ "Etat" que vous avez dit ? Les entreprises publiques ? Les syndicats ? Et quoi encore ? Tous les facteurs bien connus, analysés depuis longtemps par les meilleurs économistes, de l’archaïsme et de la stagnation…
A un détail près. C’est que ce dispositif, que l’on qualifierait aujourd’hui de ringard, a donné les Trente Glorieuses et les grandes heures du gaullisme, quand les futurologues du monde entier prédisaient à la France la suprématie sur l’Europe et un rôle de premier plan dans le monde. Une croissance de 3 à 5% et une montée régulière des salaires. Quels maladroits !
Fort heureusement, nous avons changé tout cela. L’Etat s’est désengagé de partout. L’Europe (de quoi je me mêle ?) nous a obligés à bazarder nos services publics. Les syndicats sont passés sous la table. Les Bloch-Lainé, les Gruson, les Michel Albert, mais aussi les Marcel Dassault et même les Sylvain Floirat ont cédé la place aux mirliflores abonnés aux pages people de Paris Match et des hebdomadaires , des plus huppés à de véritables délinquants. ... Ils s’enrichissent, c’est vrai, mais la France s’appauvrit.
A l’image du capitalisme américain, le capitalisme français a abandonné le modèle rhénan et a renoué avec la lutte de classes la plus sauvage. ... tout va bien. Après les folies étatistes et keynesiennes, nous avons renoué avec les sains principes du libéralisme du XIXe siècle et du capitalisme du temps de Dickens. Tout est dans l’ordre.
A quelques détails près, à nouveau. Nous sommes entrés dans la crise économique la plus grave depuis quatre-vingts ans. Et ce n’est pas fini. L’économie de casino, gracieusement renflouée par le contribuable, est repartie comme avant. La prochaine crise pourrait être dévastatrice par ses proportions et par ses conséquences. Nous y risquons notre chemise et peut-être notre liberté.
En attendant, l’économie stagne. Les salaires piétinent. Le rôle de la France en Europe et dans le monde recule à toute allure. Le chômage monte. Les patrons s’en foutent. Dieu merci, leur portefeuille n’a pas pâti de la crise. Sarkozy fait des discours subversifs mais continue de les soutenir à bloc. Habile, mais désolant.
Résumons. Le concept d’une économie complètement autonome, dominée exclusivement par des objectifs de rentabilité financière immédiate, l’idéal ultralibéral d’une "société automatique", débouchent aujourd’hui sur une catastrophe sociale et humaine de première grandeur. En renouant avec les pires pratiques du XIXe siècle, le trafic de la main d’œuvre, l’insécurité systématique de l’emploi, le travail des enfants du Tiers-monde, le saccage de la planète, le capitalisme est devenu un Golem qui a échappé à ses maîtres, dévastant tout sur son passage. Oui, l’économie est folle, folle à lier, mais qui la liera ? L’affaire des bonus repartis, comme si rien ne s’était passé, à Wall Street, à la City de Londres, à la Bourse de Paris, montre que le capitalisme se moque du G 20 et des discours "socialistes", de Sarkozy-Guaino. Il faut arrêter ces malfaiteurs, qui sont privés de toute morale élémentaire et de tout crédit social. Il est anormal que dans un Etat civilisé où l’école, l’armée, la justice, la police, l’administration sont soumis aux lois et au contrôle démocratique, le capitalisme puisse continuer de se comporter comme le renard dans le poulailler. Il faut ramener les maîtres de la finance à des activités honnêtes, avant que tout cela ne finisse très mal.

Jacques Julliard tempsreel.nouvelobs.com

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