755- Laïcité et burqa 6 posts
Nono

Nous sommes fiers d'être dans un pays où le président de la République ne jure pas sur la Bible (même si depuis qu'il y a Sarkozy, il fait parfois le signe de croix). Nous aimons la France qui permet la liberté de culte (article 1), mais nous tenons à la République qui n'en reconnaît, n'en subventionne et n'en salarie aucun (article 2 de la loi de 1905).
Henri Pena Ruiz écrit, dans un de ses livres, que les Français vivent la laïcité comme ils respirent de l'oxygène. Nous pourrions ajouter que les Françaises vivent l'égalité entre les hommes et les femmes de la même façon. Comment imaginer la vie d'une femme sous la prison ambulante, la burqa, ou le niqab ? Comment, comme le rappelait l'admirable Wafa Sultan, imaginer la liberté de prendre un café toute seule, librement, assise à une terrasse, quand dans des pans entiers du monde, une femme n'a pas le droit de sortir sans son voile, et sans un homme ? Comment imaginer vivre dans un pays où on ne peut pas aimer la personne de son choix, quel que soit la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe ?
Toutes ces libertés ont été rendues possible parce que le combat de nos ancêtres a permis que le religieux demeure cantonné dans la sphère privée, et qu'il n'empiète pas dans le domaine public.
Ce sont ces acquis que l'islam menace, aujourd'hui, en France et dans toute l'Europe. L'islam, de par sa nature, ne peut accepter la laïcité, et se doit de la combattre. Il faut être aveugle, ou sot, pour ne pas se rendre compte, en 2009, que cette religion est partie à la conquête de l'Europe, et qu'elle est très agressive, en France, imposant la stratégie des petits pas, et des accommodements raisonnables avec nos principes laïques.

Nous savons que, dans son offensive, elle est soutenue par des forces de gauche, qui continuent à stigmatiser comme racistes les laïques qui s'opposent à ce fascisme politico-religieux. Nous savons que beaucoup d'élus, de droite comme de gauche, achètent leur élection, et la paix sociale, en leur promettant des mosquées avant les élections, et en les finançant après....Lire la suite dans Riposte laïque
Par chimulus 
Je pense que les islamistes ont très bien compris que la laïcité politique est la condition sine qua non de la coexistence pacifique des cultures et des convictions. Mais ils ont aussi réalisé le danger que représenterait, pour la survie de leur Vérité exclusive et intolérante, la promotion de la laïcité philosophique : tout en préférant l'immanence à la transcendance, parce que les religions sont plus nocives que bénéfiques à tous points de vue, elle n'est pas, faut-il le rappeler, antireligieuse. Elle prône des conditions éducatives permettant de choisir, aussi librement que possible et en connaissance de cause, de croire ou de ne pas croire, ce qui évite le reproche d'imposer une "pensée unique" laïque : la foi restera toujours un droit, d'autant plus respectable si elle a été choisie.
Ces islamistes profitent donc de notre conception voltairienne de la tolérance et de l'opportunisme électoraliste pour tenter d'imposer la charia : une aubaine !
Malek CHEBEL parviendra-t-il à faire accepter sa nouvelle traduction du coran ? J'en doute, parce qu' "islam" signifie "soumission" et non "esprit critique" ou "autonomie de jugement", ou "responsabilité individuelle". Quoi qu'il en soit, en attendant, je pense qu'il faut étendre en France, et sans enquête préalable, l'interdiction légale des signes religieux : d'abord parce qu'à de rarissimes exceptions près, les musulmanes, quoi qu'elles en disent, n'ont pas choisi de les porter, a fortiori la burka : elles ont été conditionnées dès l'enfance à la soumission, au point même d'être sincèrement convaincues, vu l'absence d'alternatives non aliénantes, qu'elles ont choisi librement cette soumission ! Il faut signifier aux musulmans radicaux et phallocrates qu'ils seraient poursuivis et condamnés pour séquestration , si, à la suite d'une loi interdisant la burka et le niqab dans l'espace public, ils confinaient leur femme chez eux.
J'attends de voir, demain lundi, la position de SARKOZY : dans ce cas extrême, il va sans doute estimer qu'il faut légiférer. Mais, de sa part, je m'attends à tout : outre son opportunisme électoral, il est a priori incapable de s'affranchir, malgré son devoir de réserve, des traces que son éducation religieuse a laissées dans son cerveau émotionnel : elles ont manifestement anesthésié son cerveau rationnel et son esprit critique, dès qu'il est question de religion. Il continuera donc à détricoter la loi de 1905.
Au rythme du laxisme actuel, à moins de réagir fermement, je crains que, dans moins d'une génération, nous nous trouvions en présence, d'une majorité démocratique régie par la charia ... A Bruxelles, en tout cas, cela me paraît possible, voire probable ...
Même s'il nous en coûte, il est donc plus que temps de repenser les limites de notre tolérance et de prôner une laïcité, non plus seulement politique, mais aussi philosophique. Sans cela, les « libertés de conscience et de religion », pourtant constitutionnelles, continueront d'être plus symboliques qu'effectives. C'est du moins mon humble avis.
Posté sur ce bog par
Jumbo hier au soir (commentaires "Entedu au bistro")
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La burqa au-delà du religieux Une soixantaine de députés proposent une « commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national ».
Les motifs s'appuient d'abord sur le principe de laïcité. Mais, conscients que ce dernier ne peut interdire le port de signes religieux que dans l'espace relevant de l'autorité publique et non dans l'espace civil accessible au public, les députés font justement remarquer que ces masques excèdent largement toute signification religieuse :
il ne s'agit plus seulement d'une manifestation religieuse ostentatoire mais d'une atteinte à la dignité de la femme et à l'affirmation de la féminité.
On pourrait certes ironiser sur l'argument d'une atteinte à « l'affirmation de la féminité » : en quoi le législateur, chargé des droits des personnes de tous sexes - droits parmi lesquels figure le droit d'opinion, est-il habilité à s'assurer que la féminité s'affirme ? et qu'y a-t-il de plus affirmatif de la féminité conçue comme une essence qu'un voile intégral ou qu'une burqa - tellement affirmatif qu'il s'agit de rayer toute personne du champ de vision civil au seul motif qu'elle est de sexe féminin et de la remplacer par une ombre, trou noir bien visible où vient s'abolir l'humanité ! Il est certain que pour les talibans La Femme existe !
Mais ne faisons pas la fine bouche en pinaillant de façon déplacée. Justement c'est cet effacement , ce déni, qui constitue le cœur du problème. Et l'analyse « au-delà du religieux » est à mon avis le bon angle d'attaque pour s'en saisir.
Car est au-delà du religieux le port délibéré (2) d'un masque intégral assorti du refus de s'en dessaisir. Il s'agit à la fois d'un déni d'identité, d'un déni de relation civile à autrui, d'un obstacle à la plupart des actes courants de la vie civile, d'un déni d'identification. Ajoutons que, non identifiable, le porteur (la porteuse) de masque s'efface de la vie civile dans laquelle il (elle) prétend pourtant circuler, et que la nature de cet effacement est aussi une menace pour la sécurité publique.
Il y a presque un an, je parlais ici même de la burqa comme d'« un hold-up permanent qui s'en prend violemment à la liberté des femmes ».
Mezetulle- Blog de Catherine Kintzler www.mezetulle.net/ Photo de la (basse)cour à Versailles

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Commentaires
Anti Fadas le 09/07/2009 à 09:22:37
Une solution: la burka pour l’homme!
Pierrette Fleutiaux, écrivaine, donne au débat sur la burka (beurk ! Ah…) un éclairage fort intéressant. Je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager !
La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa
Si j'étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l'homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l'homme respectueux de l'ordre divin.
Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l'interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
Une solution serait de l'aveugler totalement, par le moyen d'un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l'homme et ses fils, conduire les fils de l'homme à l'école, et faire toutes choses qui dégagent l'homme des tâches matérielles, facilitent l'exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.
Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu'ils s'approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L'homme est beau, l'homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
Voyez l'homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d'été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L'homme croit avoir mis la femme à l'abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
L'homme en burqa brisera net l'élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n'en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu'elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s'épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l'homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l'homme. Il s'y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.
ORDRE DIVIN. Repoussons cette croyance absurde qu'il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d'autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l'idée que l'homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s'éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l'oeuvre de chair. L'homme a en lui la force de l'âme et le respect naturel de l'ordre divin. L'homme n'a rien à craindre des misérables appâts de la femme.
Enfin, reconnaissons qu'il y a grand danger à abandonner les fils de l'homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. A l'homme de prendre en charge l'homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l'extérieur, qu'elle s'en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l'homme. La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa. La burqa est faite pour l'homme.
Pierrette Fleutiaux - Ecrivaine (prix Femina en 1990 pour son roman « Nous sommes éternels »)
Article paru dans l'édition du 05.07.09. du Monde
posté par www.lantifadas.midiblogs.com/ le 9 juillet 2009
Union des familles laïques le 08/07/2009 à 22:54:49
Pour Jean-Paul Brighelli, ce n'est pas au nom de la laïcité qu'il faut proscrire le voile intégral, mais au nom du désir, expression de la civilisation.
C’est l’été. Autant se laisser aller, avec le reste de la presse, à un peu de fantaisie déshabillée.
D’autant que l’actualité nous y incite : à l’initiative de 58 députés de tous bords, que je salue, une Commission parlementaire se penche désormais sur la question de savoir s’il faut autoriser en France les horreurs obscures qui réussissent si bien en Afghanistan et au Pakistan.
Ne reculant devant aucun sacrifice, Bonnetdane apporte ici sa contribution au débat qui enflamme déjà les burqas — façon de parler…
« Ô toison moutonnant jusque sur l’encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! »
Baudelaire aurait-il voulu mettre Jeanne Duval sous une burqâ ou un niqab ? Pas même un voile, sinon celui dont les peintres de la Renaissance couvre Sabina Poppea, transparence voluptueuse, robe qui déshabille si bien… « La très-chère était nue… » — et elle l’est restée, pour le plus grand plaisir du cher Charles et des lecteurs des Fleurs du mal.
Voici qu’il est à nouveau question de vêtures islamiques, et nos élus se demandent doctement s’il faut autoriser, dans l’espace civil, ces premières avancées des invasions barbares. La question est presque inconvenante. Non seulement la réponse est non, mais c’est l’ensemble des signes imposés d’infériorité féminine qu'il faut proscrire.
La loi de 2004 se contentait d’interdire le voile islamique, comme tous les autres signes d’appartenance religieuse, dans les écoles. Pourtant certains, à gauche, s'offusquaient déjà d’une loi qui, selon eux, interférait avec la liberté de conscience. La liberté de conscience d’enfants manipulés ? La liberté de conscience de filles au pouvoir des grands frères ? La liberté de conscience de « croyants » dont la foi n’est faite que d’exclusions, d'obsessions refoulées et de haine du désir, et se promènent avec un harem dans la tête ?
Raisonnement de barbares
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les voiles ont pour objet de cacher les cheveux, les mains, le visage, et le reste du corps, de femmes dont on craint qu’elles inspirent le désir. Sorcières !
C’est en reconnaître, au fond, la toute-puissance — on a toujours craint le corps des femmes, et toute l’histoire contemporaine est l’histoire de leur réappropriation — et en même temps, c’est vouloir l’abolir. Prétention insupportable. Solution d’impuissants qui veulent rester seuls propriétaires de corps qui ne leur appartiennent pas. Là le voile, ici l’excision : c’est le même processus, la même mutilation mentale. Votre corps m’appartient, dit l’Homme, et je suis seul propriétaire du désir qu’il pourrait inspirer.
Raisonnement de barbares. La civilisation n’a pas peur du désir, parce que justement, elle a appris à le polir, à le canaliser. « Toutes les belles ont droit de nous charmer », dit Dom Juan, qui était homme de culture. Trouver une femme belle, le lui dire éventuellement, ce n’est pas l’offenser. L’offense vient de la suspicion. Le désir est un haut fait de civilisation, parce qu’il n’entraîne jamais que des actes de langage — ce qu’on appelle en gros « séduction ». Vouloir le brider, c’est rouvrir la porte à la barbarie. Juguler de force le désir, c’est déjà penser au viol.
Le XVIIIème siècle, dernière époque de haute civilisation, savait déjà quoi penser de ces débats qui n’auraient jamais dû revoir le jour. « Un mari qui voudrait seul posséder sa femme serait regardé comme un perturbateur de la joie publique et comme un insensé qui voudrait jouir de la lumière du soleil à l’exclusion des autres hommes » : c’est ce qu’est bien obligé de constater le Persan de Montesquieu, qui, malgré la belle leçon de civilisation que lui dispensent les Parisiens de la Régence, se vautre néanmoins, à la fin du roman, dans le sang de son harem — Iran, terre de terreur déjà à cette époque.
La haine de la chevelure
Vouloir imposer un « vêtement islamique », c’est surtout, comme le rappelle avec autorité Catherine Kintzler (1), dénier aux femmes une quelconque identité. Le voile uniformise — il abolit. Plus de blondes ou de brunes : des silhouettes informelles, des fantômes obscurs, des cages sur pattes. La burqa outrage la notion même d’identité. Mais un simple voile, au fond, en fait autant.
Déjà, les bonnes sœurs catholiques se coupent les cheveux et s’enfouissent sous un voile qui les uniformise. À bien y penser, c’est frappant, tout de même, cette haine de la chevelure, dans ces religions moyen-orientales… Heureusement que Marie-Madeleine est là pour relever le niveau du catholicisme, voir au musée de Besançon le tableau d’Elisabetta Sireni, oh oui, donnez-nous chaque jour de telles pécheresses repenties !
Mais ce que je peux encore admettre de professionnelles de la foi, comment le tolérer sur des gamines à peine nubiles — et qui souvent ne le sont même pas ? Au marché Noailles, juste en dessous de mon lycée marseillais, je vois tous les jours des gosses de cinq ou six ans enveloppées dans un voile qui cache leurs cheveux, portant parfois des gants. Qu’est-ce que c’est que cette « civilisation » qui voit dans des enfants des objets de luxure ? Quelle perversion pèse sur ces bien-pensants ?
Est-ce cela, l’Islam ? Lorsque le pape, il y a deux ans, est allé chercher un texte médiéval pour stigmatiser les sectateurs de Mahomet, on a assisté à une levée de boucliers. Mais non, l’Islam n’avait pas de visées guerrières ! Mais non, ce n’est pas une religion de l’intolérance ! Mais non, les hashishins ne furent jamais qu’une secte, pas un modèle !
Un vrai jardin de caresses
D’ailleurs, ajoutaient les bonnes âmes, l’Islam a été un modèle de civilisation — il y a mille ans. Et ce n’est pas faux — mais reste à s’interroger sur ce qu’est une civilisation. Est-ce le déni d’identité ? Est-ce la suspicion généralisée, qui génère la terreur, la pudeur institutionnelle, qui est le contraire même de la pudeur, l’abolition du corps, qui est l’aliment de toutes les obsessions ? L’Islam fut une grande civilisation. Après tout, ce sont des Musulmans qui ont écrit les Mille et une nuits, qu’il faut lire dans la traduction de Mardrus, et non dans la version trop policée de Galland. « Elle a un derrière énorme et fastueux qui l’oblige à se rasseoir quand elle se lève, et me met le zob, quand j’y pense, toujours debout ». Si ! L’Islam fut terre de désir – jadis et naguère. Allez, j’en remets une couche, pour le plaisir — parce que seul le principe de plaisir me paraît civilisé. Je l’emprunte cette fois à Boulhoul, un contemporain du calife Haroûn al-Râchid, qui vivait à l’époque de Charlemagne, et passe d’ailleurs dans maints récits des Mille et une nuits :
«Ma seule et folle convoitise / est dans la conjonction d'amour /oui, tout aux femmes, à leur empire /sans hésiter ni ergoter!
Si pleure leur doucette fente /l'absence de mon instrument /mon coeur me fait amer reproche /et remords sans fin me poursuit
Tiens, voici l'objet qui se dresse, /vois donc ses formes et son ampleur! /Lui seul éteint la soif ardeur /qui te consume à incendie.»
Voilà ce que civilisation veut dire - un vrai jardin de caresses. Nulle offense aux femmes dans l’érotisme. L’offense, elle vient de l’interdit, qui (re)génére la pornographie.
Quitte à aller plus loin que Catherine Kintzler, je serais partisan d’une interdiction totale, partout, de tout ce qui est une offense au désir. Parce que le désir, l’érotisme, la séduction, sont sociabilité exquise, respect permanent (mais si ! c’est évident !), jeu des intelligences, corps à corps de l’esprit. Et que l’interdiction du désir ne mène, de toute façon, qu’à la faillite de la répression, à l’explosion, à la violence. Il y a une parenté évidente entre les interdits sous lesquels les « grands frères » veulent plier leurs petites sœurs, et le langage ânonné, guttural, monosyllabique, de certaines banlieues.
Une femme voilée est toujous une femmes mutilée
Des enfants à qui on a dénié l’accès à une vraie belle langue — celle de Montesquieu, de Diderot ou de Laclos —, et qui disposent en tout et pour tout de deux cents vocables, dont « fuck you » et « taspé » sont l’alpha et l’oméga, ont forcément du désir une vision monstrueuse, parce qu’ils n’ont pas de mots à mettre sur leurs hormones. Parce que seul le langage est l’habit permanent de la pulsion : qui habite (avec et sans jeu de mots) avec précision sa langue n’a pas besoin de recourir à des burqas, ni à des voiles. Ce ne sont pas les visages des femmes qu’il faut cacher : ce sont les turgescences mâles qu’il convient d’habiller de langage.
Ce n’est donc pas parce que ce sont des signes religieux qu’il faut interdire tous ces vêtements superflus. Je ne me drape pas dans la laïcité — fort malmenée par ailleurs — pour dire que ces signes extérieurs d’oppression sont intolérables et imbéciles. Une femme voilée qui passe, c’est une femme mutilée — et l’argument selon lequel ce serait une mutilation choisie fait long feu : l’aliénation est toujours consentie par l’esclave, quand celui-ci a intériorisé son infériorité imposée.
Le 4 juin dernier, Barak Obama, au Caire, parce qu’il a un agenda diplomatique spécifique, a défendu le droit des femmes d’être emprisonnées en public. Glapissements des « déçus d’Obama », qui s’aperçoivent brutalement que les Etats-Unis ont leur propre agenda diplomatique. Il fallait être singulièrement aveugle pour croire qu’un leader démocrate américain, qui comme son prédécesseur républicain prête serment sur la Bible, aurait vis-à-vis des religions un comportement différent. En tout état de cause, de telles déclarations doivent alerter tous les francs défenseurs d’une vraie république, où, contrairement à ce que claironnent les imbéciles, les désirs des uns ne devraient pas s’arrêter pas là où commence la censure des autres. Interdire la burqua, le niquab, le voile et tout ce qui offense les Lumières est une mesure de salubrité lubrique — et publique. « Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs », disait encore Baudelaire. Bon appétit aux poètes ! Haut les cœurs, et bas les masques.
par Jean-Paul Brighelli
Phiphi le 07/07/2009 à 09:58:53
« Jamais plus tu ne mettras un genou à terre »
Le 1er juillet 1766, il y a 243 ans jour pour jour, le Dictionnaire
philosophique de Voltaire était brûlé en place publique à Abbeville.
Concomitamment, un jeune homme de 20 ans avait la langue et le poing
coupés, puis était décapité par le bourreau avant de finir brûlé avec l’œuvre
philosophique de Voltaire.
Qu’avait donc commis ce jeune homme de 20 ans, Jean François LEFEBVRE,
plus connu sous le nom de Chevalier de la Barre ? Il était accusé, avec deux
« complices », Gaillard d’Etallonde et Moisnel, d’avoir chanté des
chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion. Ils sont également
accusés d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans ôter leur
couvre-chef. Pire : les trois hommes, par défi, ont refusé de s’agenouiller
lors du passage de cette même procession
Après dénonciation, une perquisition, menée au domicile de La Barre, amène
à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire
philosophique de Voltaire, ainsi que des livres érotiques), ce qui achève de l’
accabler en dépit d’un solide alibi.
L’évêque d’Amiens et les notables locaux, encouragés par d’influents
dévots attachés à la tradition, souhaitent faire de ce cas un véritable
exemple. Convaincu du délit de blasphème constitué, le chevalier de La Barre est
donc condamné à subir la torture ordinaire et extraordinaire pour obtenir la
dénonciation de ses complices, mais aussi à avoir le poing et la langue
coupés, puis à être décapité et brûlé avec l’exemplaire du Dictionnaire
philosophique.
La sentence est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq
bourreaux spécialement envoyés de Paris (dont le bourreau Sanson qui lui tranchera
la tête)
Exécuté pour avoir refusé de mettre un genou à terre au passage d’une
procession
et pour avoir refusé d’ôter son chapeau.
On comprend que les anti-laïques, les opposants à la liberté absolue de
conscience, tous ceux qui dédaignent les philosophes des Lumières et l’œuvre
de Voltaire, n’apprécient que modérément l’histoire de ce jeune
aristocrate, chevalier par trop élégant…
Le souvenir du Chevalier de la Barre a été commémoré ce
dimanche 5 juillet 2009 après midi
de 14h à 18h, square Nadar à Montmartre,
où est érigée une statue commémorative (grâce à une souscription
publique).
De nombreux artistes et groupes étaient prévus.
À Montmartre… Haut lieu révolutionnaire puisque c’est de là que partit la
Commune de Paris en 1871… En « expiation »l a été construite cette église
du « Sacré-Cœur », qui continue de défigurer le paysage de Montmartre.
Pied de nez de l’Histoire : l’évêché a son adresse rue du Chevalier de la
Barre…
Le CAEDEL, Mouvement Europe et Laïcité, participera à cette fête du 5
juillet, come il participe aux activités de l’Association des Amis du Chevalier
de la Barre, éditrice d’un bulletin électronique et organisatrice des «
Cafés de la Laïcité ». On trouve sur le site de cette association un lien
vers le site « Europe et Laïcité ». Yves PRAS, Président du CAEDEL, prendra la
parole.
A l’heure où le délit de blasphème risque d’être réintroduit dans la
législation française sous prétexte d’harmonisation européenne, il est donc
important de promouvoir les valeurs de la Laïcité, et de ne plus jamais mettre
un genou à terre
Un article de ce blog(N° 42-Laïcité et valeurs ) traite de ce sujet.Il est très visité
Funnylilou le 26/06/2009 à 19:35:48
halte à la burqa
Il faut interdire le port de la burqa, du hidjab; la france est un pays laique. En plus en burqa, elles font peur au enfants...Je suis croyante mais contre le prosélytisme. Burqa= ingérence à la liberté de la femme! Et on n'est pas en Afghanistan ici.
Riposte laïque le 25/06/2009 à 19:40:39
Nous sommes fiers d'être dans un pays où le président de la République ne jure pas sur la Bible (même si depuis qu'il y a Sarkozy, il fait parfois le signe de croix). Nous aimons la France qui permet la liberté de culte (article 1), mais nous tenons à la République qui n'en reconnaît, n'en subventionne et n'en salarie aucun (article 2 de la loi de 1905).
Henri Pena Ruiz écrit, dans un de ses livres, que les Français vivent la laïcité comme ils respirent de l'oxygène. Nous pourrions ajouter que les Françaises vivent l'égalité entre les hommes et les femmes de la même façon.
joachim le 25/06/2009 à 09:53:52
Dans le parti socialiste d'aujourd'hui,de nombreux électeurs dont je suis,doutent de la fermeté des dirigeants et des élus en matière de laïcité.Point de laïcité "ouverte" "moderne",médiatique opu inspirée,de la laïcité tout court.
Commentaires
Anti Fadas le 09/07/2009 à 09:22:37Une solution: la burka pour l’homme!
Pierrette Fleutiaux, écrivaine, donne au débat sur la burka (beurk ! Ah…) un éclairage fort intéressant. Je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager !
La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa
Si j'étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l'homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l'homme respectueux de l'ordre divin.
Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l'interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
Une solution serait de l'aveugler totalement, par le moyen d'un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l'homme et ses fils, conduire les fils de l'homme à l'école, et faire toutes choses qui dégagent l'homme des tâches matérielles, facilitent l'exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.
Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu'ils s'approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L'homme est beau, l'homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
Voyez l'homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d'été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L'homme croit avoir mis la femme à l'abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
L'homme en burqa brisera net l'élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n'en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu'elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s'épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l'homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l'homme. Il s'y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.
ORDRE DIVIN. Repoussons cette croyance absurde qu'il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d'autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l'idée que l'homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s'éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l'oeuvre de chair. L'homme a en lui la force de l'âme et le respect naturel de l'ordre divin. L'homme n'a rien à craindre des misérables appâts de la femme.
Enfin, reconnaissons qu'il y a grand danger à abandonner les fils de l'homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. A l'homme de prendre en charge l'homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l'extérieur, qu'elle s'en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l'homme. La dignité de l'homme exige qu'il porte la burqa. La burqa est faite pour l'homme.
Pierrette Fleutiaux - Ecrivaine (prix Femina en 1990 pour son roman « Nous sommes éternels »)
Article paru dans l'édition du 05.07.09. du Monde
posté par www.lantifadas.midiblogs.com/ le 9 juillet 2009
Union des familles laïques le 08/07/2009 à 22:54:49
Pour Jean-Paul Brighelli, ce n'est pas au nom de la laïcité qu'il faut proscrire le voile intégral, mais au nom du désir, expression de la civilisation.
C’est l’été. Autant se laisser aller, avec le reste de la presse, à un peu de fantaisie déshabillée.
D’autant que l’actualité nous y incite : à l’initiative de 58 députés de tous bords, que je salue, une Commission parlementaire se penche désormais sur la question de savoir s’il faut autoriser en France les horreurs obscures qui réussissent si bien en Afghanistan et au Pakistan.
Ne reculant devant aucun sacrifice, Bonnetdane apporte ici sa contribution au débat qui enflamme déjà les burqas — façon de parler…
« Ô toison moutonnant jusque sur l’encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! »
Baudelaire aurait-il voulu mettre Jeanne Duval sous une burqâ ou un niqab ? Pas même un voile, sinon celui dont les peintres de la Renaissance couvre Sabina Poppea, transparence voluptueuse, robe qui déshabille si bien… « La très-chère était nue… » — et elle l’est restée, pour le plus grand plaisir du cher Charles et des lecteurs des Fleurs du mal.
Voici qu’il est à nouveau question de vêtures islamiques, et nos élus se demandent doctement s’il faut autoriser, dans l’espace civil, ces premières avancées des invasions barbares. La question est presque inconvenante. Non seulement la réponse est non, mais c’est l’ensemble des signes imposés d’infériorité féminine qu'il faut proscrire.
La loi de 2004 se contentait d’interdire le voile islamique, comme tous les autres signes d’appartenance religieuse, dans les écoles. Pourtant certains, à gauche, s'offusquaient déjà d’une loi qui, selon eux, interférait avec la liberté de conscience. La liberté de conscience d’enfants manipulés ? La liberté de conscience de filles au pouvoir des grands frères ? La liberté de conscience de « croyants » dont la foi n’est faite que d’exclusions, d'obsessions refoulées et de haine du désir, et se promènent avec un harem dans la tête ?
Raisonnement de barbares
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les voiles ont pour objet de cacher les cheveux, les mains, le visage, et le reste du corps, de femmes dont on craint qu’elles inspirent le désir. Sorcières !
C’est en reconnaître, au fond, la toute-puissance — on a toujours craint le corps des femmes, et toute l’histoire contemporaine est l’histoire de leur réappropriation — et en même temps, c’est vouloir l’abolir. Prétention insupportable. Solution d’impuissants qui veulent rester seuls propriétaires de corps qui ne leur appartiennent pas. Là le voile, ici l’excision : c’est le même processus, la même mutilation mentale. Votre corps m’appartient, dit l’Homme, et je suis seul propriétaire du désir qu’il pourrait inspirer.
Raisonnement de barbares. La civilisation n’a pas peur du désir, parce que justement, elle a appris à le polir, à le canaliser. « Toutes les belles ont droit de nous charmer », dit Dom Juan, qui était homme de culture. Trouver une femme belle, le lui dire éventuellement, ce n’est pas l’offenser. L’offense vient de la suspicion. Le désir est un haut fait de civilisation, parce qu’il n’entraîne jamais que des actes de langage — ce qu’on appelle en gros « séduction ». Vouloir le brider, c’est rouvrir la porte à la barbarie. Juguler de force le désir, c’est déjà penser au viol.
Le XVIIIème siècle, dernière époque de haute civilisation, savait déjà quoi penser de ces débats qui n’auraient jamais dû revoir le jour. « Un mari qui voudrait seul posséder sa femme serait regardé comme un perturbateur de la joie publique et comme un insensé qui voudrait jouir de la lumière du soleil à l’exclusion des autres hommes » : c’est ce qu’est bien obligé de constater le Persan de Montesquieu, qui, malgré la belle leçon de civilisation que lui dispensent les Parisiens de la Régence, se vautre néanmoins, à la fin du roman, dans le sang de son harem — Iran, terre de terreur déjà à cette époque.
La haine de la chevelure
Vouloir imposer un « vêtement islamique », c’est surtout, comme le rappelle avec autorité Catherine Kintzler (1), dénier aux femmes une quelconque identité. Le voile uniformise — il abolit. Plus de blondes ou de brunes : des silhouettes informelles, des fantômes obscurs, des cages sur pattes. La burqa outrage la notion même d’identité. Mais un simple voile, au fond, en fait autant.
Déjà, les bonnes sœurs catholiques se coupent les cheveux et s’enfouissent sous un voile qui les uniformise. À bien y penser, c’est frappant, tout de même, cette haine de la chevelure, dans ces religions moyen-orientales… Heureusement que Marie-Madeleine est là pour relever le niveau du catholicisme, voir au musée de Besançon le tableau d’Elisabetta Sireni, oh oui, donnez-nous chaque jour de telles pécheresses repenties !
Mais ce que je peux encore admettre de professionnelles de la foi, comment le tolérer sur des gamines à peine nubiles — et qui souvent ne le sont même pas ? Au marché Noailles, juste en dessous de mon lycée marseillais, je vois tous les jours des gosses de cinq ou six ans enveloppées dans un voile qui cache leurs cheveux, portant parfois des gants. Qu’est-ce que c’est que cette « civilisation » qui voit dans des enfants des objets de luxure ? Quelle perversion pèse sur ces bien-pensants ?
Est-ce cela, l’Islam ? Lorsque le pape, il y a deux ans, est allé chercher un texte médiéval pour stigmatiser les sectateurs de Mahomet, on a assisté à une levée de boucliers. Mais non, l’Islam n’avait pas de visées guerrières ! Mais non, ce n’est pas une religion de l’intolérance ! Mais non, les hashishins ne furent jamais qu’une secte, pas un modèle !
Un vrai jardin de caresses
D’ailleurs, ajoutaient les bonnes âmes, l’Islam a été un modèle de civilisation — il y a mille ans. Et ce n’est pas faux — mais reste à s’interroger sur ce qu’est une civilisation. Est-ce le déni d’identité ? Est-ce la suspicion généralisée, qui génère la terreur, la pudeur institutionnelle, qui est le contraire même de la pudeur, l’abolition du corps, qui est l’aliment de toutes les obsessions ? L’Islam fut une grande civilisation. Après tout, ce sont des Musulmans qui ont écrit les Mille et une nuits, qu’il faut lire dans la traduction de Mardrus, et non dans la version trop policée de Galland. « Elle a un derrière énorme et fastueux qui l’oblige à se rasseoir quand elle se lève, et me met le zob, quand j’y pense, toujours debout ». Si ! L’Islam fut terre de désir – jadis et naguère. Allez, j’en remets une couche, pour le plaisir — parce que seul le principe de plaisir me paraît civilisé. Je l’emprunte cette fois à Boulhoul, un contemporain du calife Haroûn al-Râchid, qui vivait à l’époque de Charlemagne, et passe d’ailleurs dans maints récits des Mille et une nuits :
«Ma seule et folle convoitise / est dans la conjonction d'amour /oui, tout aux femmes, à leur empire /sans hésiter ni ergoter!
Si pleure leur doucette fente /l'absence de mon instrument /mon coeur me fait amer reproche /et remords sans fin me poursuit
Tiens, voici l'objet qui se dresse, /vois donc ses formes et son ampleur! /Lui seul éteint la soif ardeur /qui te consume à incendie.»
Voilà ce que civilisation veut dire - un vrai jardin de caresses. Nulle offense aux femmes dans l’érotisme. L’offense, elle vient de l’interdit, qui (re)génére la pornographie.
Quitte à aller plus loin que Catherine Kintzler, je serais partisan d’une interdiction totale, partout, de tout ce qui est une offense au désir. Parce que le désir, l’érotisme, la séduction, sont sociabilité exquise, respect permanent (mais si ! c’est évident !), jeu des intelligences, corps à corps de l’esprit. Et que l’interdiction du désir ne mène, de toute façon, qu’à la faillite de la répression, à l’explosion, à la violence. Il y a une parenté évidente entre les interdits sous lesquels les « grands frères » veulent plier leurs petites sœurs, et le langage ânonné, guttural, monosyllabique, de certaines banlieues.
Une femme voilée est toujous une femmes mutilée
Des enfants à qui on a dénié l’accès à une vraie belle langue — celle de Montesquieu, de Diderot ou de Laclos —, et qui disposent en tout et pour tout de deux cents vocables, dont « fuck you » et « taspé » sont l’alpha et l’oméga, ont forcément du désir une vision monstrueuse, parce qu’ils n’ont pas de mots à mettre sur leurs hormones. Parce que seul le langage est l’habit permanent de la pulsion : qui habite (avec et sans jeu de mots) avec précision sa langue n’a pas besoin de recourir à des burqas, ni à des voiles. Ce ne sont pas les visages des femmes qu’il faut cacher : ce sont les turgescences mâles qu’il convient d’habiller de langage.
Ce n’est donc pas parce que ce sont des signes religieux qu’il faut interdire tous ces vêtements superflus. Je ne me drape pas dans la laïcité — fort malmenée par ailleurs — pour dire que ces signes extérieurs d’oppression sont intolérables et imbéciles. Une femme voilée qui passe, c’est une femme mutilée — et l’argument selon lequel ce serait une mutilation choisie fait long feu : l’aliénation est toujours consentie par l’esclave, quand celui-ci a intériorisé son infériorité imposée.
Le 4 juin dernier, Barak Obama, au Caire, parce qu’il a un agenda diplomatique spécifique, a défendu le droit des femmes d’être emprisonnées en public. Glapissements des « déçus d’Obama », qui s’aperçoivent brutalement que les Etats-Unis ont leur propre agenda diplomatique. Il fallait être singulièrement aveugle pour croire qu’un leader démocrate américain, qui comme son prédécesseur républicain prête serment sur la Bible, aurait vis-à-vis des religions un comportement différent. En tout état de cause, de telles déclarations doivent alerter tous les francs défenseurs d’une vraie république, où, contrairement à ce que claironnent les imbéciles, les désirs des uns ne devraient pas s’arrêter pas là où commence la censure des autres. Interdire la burqua, le niquab, le voile et tout ce qui offense les Lumières est une mesure de salubrité lubrique — et publique. « Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs », disait encore Baudelaire. Bon appétit aux poètes ! Haut les cœurs, et bas les masques.
par Jean-Paul Brighelli
Phiphi le 07/07/2009 à 09:58:53
« Jamais plus tu ne mettras un genou à terre »
Le 1er juillet 1766, il y a 243 ans jour pour jour, le Dictionnaire
philosophique de Voltaire était brûlé en place publique à Abbeville.
Concomitamment, un jeune homme de 20 ans avait la langue et le poing
coupés, puis était décapité par le bourreau avant de finir brûlé avec l’œuvre
philosophique de Voltaire.
Qu’avait donc commis ce jeune homme de 20 ans, Jean François LEFEBVRE,
plus connu sous le nom de Chevalier de la Barre ? Il était accusé, avec deux
« complices », Gaillard d’Etallonde et Moisnel, d’avoir chanté des
chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion. Ils sont également
accusés d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans ôter leur
couvre-chef. Pire : les trois hommes, par défi, ont refusé de s’agenouiller
lors du passage de cette même procession
Après dénonciation, une perquisition, menée au domicile de La Barre, amène
à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire
philosophique de Voltaire, ainsi que des livres érotiques), ce qui achève de l’
accabler en dépit d’un solide alibi.
L’évêque d’Amiens et les notables locaux, encouragés par d’influents
dévots attachés à la tradition, souhaitent faire de ce cas un véritable
exemple. Convaincu du délit de blasphème constitué, le chevalier de La Barre est
donc condamné à subir la torture ordinaire et extraordinaire pour obtenir la
dénonciation de ses complices, mais aussi à avoir le poing et la langue
coupés, puis à être décapité et brûlé avec l’exemplaire du Dictionnaire
philosophique.
La sentence est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq
bourreaux spécialement envoyés de Paris (dont le bourreau Sanson qui lui tranchera
la tête)
Exécuté pour avoir refusé de mettre un genou à terre au passage d’une
procession
et pour avoir refusé d’ôter son chapeau.
On comprend que les anti-laïques, les opposants à la liberté absolue de
conscience, tous ceux qui dédaignent les philosophes des Lumières et l’œuvre
de Voltaire, n’apprécient que modérément l’histoire de ce jeune
aristocrate, chevalier par trop élégant…
Le souvenir du Chevalier de la Barre a été commémoré ce
dimanche 5 juillet 2009 après midi
de 14h à 18h, square Nadar à Montmartre,
où est érigée une statue commémorative (grâce à une souscription
publique).
De nombreux artistes et groupes étaient prévus.
À Montmartre… Haut lieu révolutionnaire puisque c’est de là que partit la
Commune de Paris en 1871… En « expiation »l a été construite cette église
du « Sacré-Cœur », qui continue de défigurer le paysage de Montmartre.
Pied de nez de l’Histoire : l’évêché a son adresse rue du Chevalier de la
Barre…
Le CAEDEL, Mouvement Europe et Laïcité, participera à cette fête du 5
juillet, come il participe aux activités de l’Association des Amis du Chevalier
de la Barre, éditrice d’un bulletin électronique et organisatrice des «
Cafés de la Laïcité ». On trouve sur le site de cette association un lien
vers le site « Europe et Laïcité ». Yves PRAS, Président du CAEDEL, prendra la
parole.
A l’heure où le délit de blasphème risque d’être réintroduit dans la
législation française sous prétexte d’harmonisation européenne, il est donc
important de promouvoir les valeurs de la Laïcité, et de ne plus jamais mettre
un genou à terre
Un article de ce blog(N° 42-Laïcité et valeurs ) traite de ce sujet.Il est très visité
Funnylilou le 26/06/2009 à 19:35:48
halte à la burqa
Il faut interdire le port de la burqa, du hidjab; la france est un pays laique. En plus en burqa, elles font peur au enfants...Je suis croyante mais contre le prosélytisme. Burqa= ingérence à la liberté de la femme! Et on n'est pas en Afghanistan ici.
Riposte laïque le 25/06/2009 à 19:40:39
Nous sommes fiers d'être dans un pays où le président de la République ne jure pas sur la Bible (même si depuis qu'il y a Sarkozy, il fait parfois le signe de croix). Nous aimons la France qui permet la liberté de culte (article 1), mais nous tenons à la République qui n'en reconnaît, n'en subventionne et n'en salarie aucun (article 2 de la loi de 1905).
Henri Pena Ruiz écrit, dans un de ses livres, que les Français vivent la laïcité comme ils respirent de l'oxygène. Nous pourrions ajouter que les Françaises vivent l'égalité entre les hommes et les femmes de la même façon.
joachim le 25/06/2009 à 09:53:52
Dans le parti socialiste d'aujourd'hui,de nombreux électeurs dont je suis,doutent de la fermeté des dirigeants et des élus en matière de laïcité.Point de laïcité "ouverte" "moderne",médiatique opu inspirée,de la laïcité tout court.