860- La vie comme elle va... 21 posts



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Dessin du jour : Conflits ...
dessin de Delize yahoo cartoons


La vie comme elle va....Je publie ces commentaires d'un ami parisien intitulés "Vive le pneu et le petit bleu".Ils me paraissent intéressants pour les internautes qui fréquentent le blog.Marc


Chers amis

Que d'événements depuis notre conversation de table à "la pince à sucre" ! Le feu dans le monde arabe et le feu nucléaire au Japon. La France qui fait feu dans trois pays à la fois Afghanistan, Libye, Côte d'Ivoire . Bientôt les Verts au pouvoir en Allemagne et en France le président qui cherche le fond de la piscine pour rebondir mais restera-t-il de l'eau dans la piscine ! Ce qui est fascinant c'est le désarroi de tout ces super diplômés japonais, s'excusant, se courbant, dissimulant et s'ils avaient lu Spinoza il reconnaîtrait que Dieu est à Fukushima, "l'asile de nos ignorances..."


Je lis dans Le Monde  (page 4) de ce soir une interview de Jacques Répussard ( directeur de l'IRSN) une réponse à la question suivante « si la nature est imprévisible, est-on condamné à l'accident ? Réponse « Dans le secteur nucléaire, on utilise les études probabilistes pour dimensionner les installations : on prévoit des redondances, des systèmes de secours, avec l'objectif qu'il n'y ait pas plus d'un accident par réacteur tous les 100 000 ans.


Or sur le parc national, 14 000 années-réacteurs sont déjà dépassées, et les statistiques montrent que l'on est à 0,0002 accident grave par an, soir 20 fois plus qu'attendu selon les études probabilistes, qui ne savent pas bien prendre en compte l'aléa naturel et le facteur humain.


Le nucléaire fait jeu égal avec l'industrie chimique. C'est insuffisant. On peut donc se poser la question : l'homme est-il en mesure de maîtriser cette technologie pour diviser au moins par deux ce risque d'accident ? Y a-t-il une barrière ? Ce serait une conclusion inquiétante, car cela signifierait qu'avec 1000 réacteurs installés, un accident grave se produirait en moyenne tous les 10 ans, ce qui n'est pas supportable.


Il faut donc consolider la défense en profondeur vis-à-vis de l'aléa naturel, humain -terrorisme compris- et continuer à travailler sur la réduction des conséquences des accidents. Les crédits de recherche de l'IRSN sont en ce sens des investissements de la nation. Or dans le « grand emprunt », il n'y a rien pour la sûreté nucléaire, alors que le C.E.A  a reçu des moyen pour développer un nouveau réacteur rapide. C'est typique d'une époque où l'on pensait les problèmes de sûreté résolue. » L'usage de l'imparfait est juste... " l'homme est la mesure de toute chose" c'est d'avant Platon. Ce qui me frappe dans l'énergie nucléaire, et nous en avions parlé avec Pierre c'est que la radioactivité n'est pas à la mesure de l'homme et nous le savons mathématiquement ( à la différence de l'effet de serre plus flou et dont la mise au jour est récente) . Nos sens ne nous avertissent pas du danger nucléaire à la différence des autres phénomènes et nous acceptons sereinement que nos  "démesures orgueilleuses" seront malignes pendant des milliers d'années.


Mais je voulais surtout vous signaler une émission que vous pouvez écouter sur le  lien suivant :

http://www.franceculture.com/emission-la-fabrique-de-l-histoire-communiquer-toujours-plus-vite-24-2011-04-05.html


C'est un reportage, avec des documents sonores de l'époque, sur le réseau de pneumatiques de Paris ouvert en 1867 et fermé en 1984. On y entend Léon Zitrone, l'ingénieur des télécommunications  Gaillard qui  dirigea le réseau pendant plus de 40 ans, François Aron,  l'on évoque des formules de Jacques Dondoux, les bisbilles entre La Poste et les Télécom, des extraits de romans... Superbes. Au plan formel c'est aussi une véritable création car l'on entend intentionnellement ce qui ne devait pas être entendu et notamment le coaching de Gaillard par Léon Zitrone... Un bijou radiophonique.

Amitiés à tous.

Jean-Pierre

Le syndrome japonais

Dessin du jour : Le syndrome japonais ...

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Iturria

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POUVOIR D'ACHAT


Rue89 : Les Français ont l'impression que leur pouvoir d'achat baisse, les statisticiens et les économistes disent que non. Qui croire ?

Jean Viard : Prenons quelques chiffres sur dix ans. En 1998, les 10% les moins riches avaient un niveau de vie de 7100 euros par an et par personne. En 2008, hors inflation, ce chiffre avait augmenté de 13,7%, soit 970 euros de plus. Pour les 10% les plus riches, ce même indicateur a progressé de 27,3%  : ça fait 11 530 euros en plus. Et les 0,01% les plus riches, eux, ont gagné 360 000 euros de plus  ! Ça donne deux informations : la première, c'est que les écarts se creusent, et la seconde, que la moyenne n'a pas grand sens…

Le problème, c'est que nos modes de consommation nous coûtent de plus en plus cher. Il y a dix ans, on n'avait pas de téléphone portable, pas d'Internet, quasi pas d'abonnements à des bouquets de chaînes de télévision… L'évolution des modes de vie fait qu'on arrive moins bien à vivre au même standard – au sens où ces nouveaux produits sont maintenant entrés dans le standard. Le sentiment des gens n'est donc pas faux.

Jusqu'aux années 1990, l'évolution des revenus était suffisante pour absorber les innovations technologiques. Prenez le lave-linge, le lave-vaisselle, la télé couleur… Quand ça apparaissait, les riches l'achetaient tout de suite, les couches moyennes l'année d'après et les prolos deux ans plus tard. On savait que, quelle que soit sa position dans la société, son revenu permettrait d'avoir l'objet soit tout de suite, soit les années d'après.

Comme l'évolution des revenus est devenue moins rapide que celle des modes de vie, les choix qu'on est amené à faire ont augmenté. Les téléphones portables sont devenus les premiers concurrents du départ en vacances dans le poste de dépenses mobilité-loisirs : on ne peut pas remplacer une soupe par un téléphone portable, mais on peut gratter sur ses vacances. Cela montre que la croissance des salaires est insuffisante pour absorber le progrès technique.

La hausse des grosses dépenses comme le logement réduit le revenu disponible…

Les dépenses contraintes ont effectivement augmenté : le logement et l'énergie sous toutes ses formes, chauffage, essence… Mais il y a une autre raison : en dix ans, la structure des prix a changé. Il y a de plus en plus de produits manufacturés qui viennent de loin et qui coûtent de moins en moins cher. Par contre, tout ce qui est quotidien – se nourrir, se loger, se soigner… – est fait avec des gens payés au même salaire que nous.

Prenez vos courses au supermarché : 70% des objets que vous achetez en dehors de l'alimentaire viennent d'Asie, et leur prix s'est effondré. Les productions européennes coûtent beaucoup plus cher, donc on a l'impression qu'il n'y a plus de logique dans les prix : bientôt, vous allez acheter un ordinateur pour le prix d'un kilo de pommes de terre !

Les réglementations ont aussi un effet pervers. On parle de « marché du logement » : si c'était un vrai marché, comme il y a une énorme demande, on construirait n'importe où. Heureusement, on régule ce marché, au nom de l »environnement, de la protection des paysages… On dit que c'est un marché, mais il n'arrête pas de produire de la norme, et la seule chose qui est libre c'est le prix, le loyer. Tout le reste est réglementé, et du coup, le prix n'a plus aucun sens : il n'est plus lié au coût de production du logement, ni à son coût d'entretien et de renouvellement. C'est un faux marché. Soit c'est libre, et alors on construit n'importe où, et les prix vont s'effondrer, soit c'est réglementé, et les loyers devraient l'être aussi.

Le logement est-il assez pris en compte dans l'indice des prix ?

L'indice des prix prend la masse des loyers disponibles et la divise par la masse des Français : que vous soyez propriétaire ou locataire, ça n'a plus du tout le même sens. Si vous avez un gros pouvoir d'achat, vous achetez beaucoup de produits technologiques qui viennent de loin et qui ne coûtent pas cher. En revanche, si vous êtes au RMI et si vous cherchez un pied-à-terre, vous êtes concerné directement par la hausse des prix.

Y a-t-il des catégories qui ont vu leur pouvoir d'achat réellement diminuer ?

La hiérarchie entre les différents groupes sociaux se modifie. C'est très visible pour le corps enseignant. Il y a vingt ans, les jeunes enseignants étaient à peu près à deux fois le smic. Aujourd'hui, c'est 1,4 fois. Ils ont perdu en pouvoir d'achat et en « respect », car c'est un peu la même chose : quand après six ans d'étude vous arrivez à un smic et demi, c'est un peu qu'on vous manque de respect.

Cela dit, on ne peut pas parler de baisse des revenus en France. On démarre plus bas que ses parents, du coup, on a un sentiment de déclassement. Il faut parler aussi de ceux qui ont des revenus discontinus, tous ces gens qui entrent dans la vie active, les jeunes avec de petits boulots, au RMI et qui ont du mal à trouver un logement, et aussi les femmes ouvrières, une partie des immigrés.

Le sentiment est différent selon que la discontinuité est choisie ou subie. Chez des jeunes qui ont choisi d'être intermittents du spectacle, faire un mois complet peut être perçu comme le jackpot. Ce n'est pas le même sentiment que s'ils étaient au smic. L'essentiel des temps partiels, ce sont des femmes qui ne choisissent pas leur emploi du temps, comme les caissières de supermarché. Vos trente heures par semaine, si vous en faites des bouts à droite, des bouts à gauche, votre vie est foutue en l'air, vous n'avez plus de temps à vous.

A l'inverse, vous avez des groupes hypersécurisés. En vingt ans, la durée moyenne du contrat de travail est passée de huit ans et neuf mois à onze ans et deux mois : une partie de la société se sédentarise dans l'emploi, parce qu'elle a peur du chômage.

En schématisant, on a des hommes blancs entre 28 et 58 ans qui sont d'une stabilité béton, et des jeunes, des femmes ouvrières et des gens de couleur qui sont dans l'insécurité. Les deux groupes sont négatifs. L'un a peur du changement, il a l'impression de ne pas progresser et il ne veut pas prendre de risque, par exemple en changeant d'entreprise : il est malheureux-fixe. L'autre a des revenus discontinus, et il est malheureux-instable. Ce sont deux souffrances sociales, en partie contradictoires, mais il faut les prendre toutes les deux en compte.

Cette souffrance est-elle « entendue » ?

Quand Nicolas Sarkozy a été élu, on a entendu qu'on allait gagner plus. La revendication de gagner plus était légitime, ça répondait à une demande réelle : « On me donne des désirs, mais pas les moyens de les satisfaire, donc j'ai un sentiment de frustration.  » Quand on vous dit : « Vous allez gagner plus », vous pensez : « Voilà quelqu'un qui a compris mon problème. » On ne va pas discuter pour savoir si ça s'est fait ou pas, d'autant qu'il y a eu un retournement de conjoncture…

Ce qui m'avait scandalisé à l'époque, c'est le discours sur les heures supplémentaires : c'est un modèle profondément macho. Qui peut faire des heures sup dans un ménage ? En fait, c'est le mec : une femme avec des enfants est souvent à temps partiel. Les dames sont beaucoup plus en souffrance dans cette société que les messieurs. Il y a 1,5 million de femmes qui vivent seules avec des enfants : on pourrait les décrire comme des chômeuses du mariage, mais aussi comme demi-chômeuses économiques, parce qu'elles sont souvent à mi-temps.

On est dans une société de discontinuité, et ce n'est pas toujours mal : on change de partenaire amoureux tous les huit ans, 10% des Français déménagent chaque année, ce ne sont pas forcément des choix négatifs. C'est comme un énorme système de tri, dont le moteur est plutôt dynamique, comme dans le secteur amoureux. Et il y a tous ceux qui sont sur le côté : les chômeurs, les femmes seules avec enfants. On ne peut pas faire des moyennes avec tout ça.

Cet entretien est extrait du numéro 9 de Rue89 Le Mensuel, paru en avril 2011.
Voir la suite sur Rue89  http://www.rue89.com/entretien/2011/04/17/pouvoir-dachat



06/04/2011
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