1288- Au bistro de Léon 106 posts

 

 

Couleur                                           

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En ce temps-là, le Sud-Ouest était rose. Dans cet espace que nous connaissons bien et qui va de l'Atlantique à la Méditerranée en s'appuyant sur les Pyrénées, la gauche républicaine, socialiste ou radicale, assurait depuis plus d'un siècle une continuité politique. C'était en quelque sorte un réflexe familier qui nous rassurait. Dans les villes ou dans les campagnes, on votait ainsi par conviction ou par habitude comme d'autres l'avaient fait avant nous, bref nous suivions presque d'instinct les traces qu'avait laissées l'Histoire de notre Midi. Chez les bourgeois humanistes ou les classes populaires, le socialisme d'ici n'était pas forcément féru de marxisme, c'était davantage un socialisme de réseaux et d'héritage, laïque et jauressien, nous pourrions dire un socialisme entre gens de bonne République.

 

Il est probable que, dans quelques jours, nous revoyions toute cette leçon d'Histoire. Car cette gauche, qui fournissait des générations de parlementaires à l'Occitanie ou l'Aquitaine, devrait connaître une débâcle sans précédent – pire encore que la mémorable défaite de 1993. L'étiquette PS n'est plus une garantie de victoire – ce serait même exactement le contraire. Les plus raisonnables d'entre les socialistes le reconnaissent déjà à voix basse. Notre Sud-Ouest va complètement virer de couleur.

Ce n'est pas que les hommes d'ici ont changé. La gauche n'est pas morte dans les cœurs, elle se meurt dans les urnes. Ceux qui s'estiment de gauche le sont toujours, ils croient encore en l'égalité, en la justice ou même en la fraternité. Mais beaucoup n'ont plus foi en ce PS tel que Solférino, Cambadélis et Benoît Hamon nous l'ont changé. Ce ne sont pas des défaitistes ni des renégats, ils se sont mis – momentanément ? – en marge et même En Marche !, séduits comme tant d'autres par la « dynamique Macron ».

Ainsi, nous devrions connaître ici la même secousse électorale, le même chamboulement qu'on nous promet pour l'ensemble du pays. À cette différence près – forcément navrante – que le Front national espère faire un festin de miettes dans les territoires en souffrance, là où le désarroi populaire nourrit son populisme.

En tout cas, après la déferlante promise du second tour, il sera temps, pour la gauche d'ici,  de se poser plus que de s'opposer, de pratiquer un inventaire sans concession ni logique d'appareil. D'oublier la déconfiture pour imaginer la suite et retrouver le goût des gens…

Mais le Sud-Ouest mettra du temps s'il veut un jour reprendre ces couleurs qui étaient encore les siennes hier – il y a si longtemps…

 

 
 


09/06/2017
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