1273-Du Mou dans le Revenu Universel (Jean-Michel Helvig) 26 posts

éditorial La République des Pyrénées

Hamon : du mou  dans le revenu universel

                                                                                                                             

Hamon : du mou  dans le revenu universel
Jean-Michel Helvig                                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Benoît Hamon aura mis plus de temps que François Fillon sur la Sécurité sociale pour tempérer les illusions sur le revenu universel.

Fillon et Hamon vont dans un même bateau : celui qui connaît des fuites d’eau une fois passées les primaires de leur camp. Le candidat « de la droite et du centre » avait produit un projet de réforme de la Sécurité sociale restreignant ses remboursements aux gros risques, les petits étant pris en charge par le privé ou les mutuelles. Cela ne l’a pas empêché de triompher de la concurrence car, en dépit de ce qu’il est de bon ton de proclamer, les électeurs ne se prononcent que rarement sur les seuls programmes, faute d’avoir eu le temps (ou l’envie) de les lire. Le candidat du PS avait fait de son « revenu universel » une de ces utopies sociales dont l’imaginaire de la gauche a besoin pour se redonner du moral dans un monde désenchanté. A part Jean-Luc Bennahmias, tous ses rivaux trouvaient cette idée au mieux infaisable du fait de son coût financier, au pire inquiétante en ce qu’elle trahissait un mol consentement au chômage de masse, à rebours des combats séculaires de la gauche sur le front du travail.

Benoît Hamon aura mis plus de temps que François Fillon sur la Sécurité sociale pour tempérer les illusions sur le revenu universel qu’il avait semé non sans habileté, puisque cela n’avait pas été pour rien dans son succès final. Il ressort des explications données mardi par l’intéressé et ses conseillers (la rédaction définitive du projet présidentiel du candidat est prévue pour la fin de semaine) que l’on tendrait vers une formule plus proche, quoi qu’ils en disent, du « revenu décent » (défendu par Manuel Valls sur la base d’un rapport de François Chérèque) que d’une distribution indistincte qui aboutirait à ce que le petit-fils de Mme Bettencourt à Neuilly-sur-Seine touche autant que le décrocheur scolaire à Aulnay-sous-Bois.

Encore un effort, et Benoît Hamon va peut-être finir par prendre en compte les questions touchant aux limites de la seule relance par la consommation, à la compétitivité des entreprises, à la maîtrise des dépenses budgétaires, au remboursement de la dette publique, à l’adaptation des réglementations sociales au bénéfice de l’emploi, à la pérennisation du système de retraite, l’organisation de la santé ou encore la redistribution des chances d’accès à l’éducation et la culture, etc. Bref, autant de sujets qui font frémir la gauche cadastrale, celle qui fait un enjeu totémique de la délimitation sourcilleuse entre qui est de gauche ou pas, ce qui est de gauche ou non.

Benoît Hamon met sur le compte de l’envahissement médiatique des affaires de M. Fillon le peu d’écho de sa campagne. D’autres que lui, dans le même temps, s’en tirent pourtant mieux. Les Français sont peut-être plus intéressés par la succession de François Hollande que par celle de Jean-Christophe Cambadélis



08/03/2017
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