1178- Air France 12 posts

 

AIR FRANCE bat de l'aile

Jean-Michel Helvig édito  La Nouvelle République des Pyrénées

 

La grève des pilotes d’Air France à l’automne 2014 avait coûté 400 millions d’euros à la compagnie, plombant un timide retour de bénéfice. Combien va coûter la diffusion planétaire des images de membres de la direction les vêtements déchiquetés suite à l’agression de manifestants surexcités ? C’est l’image d’Air France qui en est affectée et le coût ne peut se chiffrer bien sûr dans l’immédiat, mais nul doute que cela ne contribuera pas à rehausser son attrait pour la clientèle étrangère et… les investisseurs. Ces scènes de violence s’apparentant à un lynchage ont été condamnées par tous les syndicats (ou presque) mais le discours de certains a consisté à les minimiser par la mise en cause d’une direction d’Air France qui aurait joué avec le feu en annonçant devant le comité d’entreprise un plan de suppression de 3 000 emplois, et qui ne se serait pas entourée de toutes les conditions de sécurité requises pour la tenue de cette réunion.

 

Air France est une compagnie où les patrons n’en sont pas les actionnaires au sens capitalistique du terme, et si leur "logique" fonctionnelle n’est pas celle des syndicalistes - à chacun son rôle et c’est normal ! - on ne peut les disqualifier a priori lorsqu’ils s’attaquent au problème de la compétitivité déclinante d’une entreprise confrontée à un marché international ultra-concurrentiel. Avec un chiffre d’affaires le plus important en Europe, sa rentabilité est loin derrière British Airways ou la Lufthansa.

 

Il serait exagéré de faire porter sur les pilotes seuls - même s’ils sont en grande partie responsables du blocage social actuel - la responsabilité des problèmes d’une entreprise qui compte au total 20 % de salariés de plus que la compagnie allemande Lufthansa, laquelle dispose pourtant d’une flotte d’avions supérieure de… 60 %. Mais ce qui est surtout inquiétant, c’est qu’Air France est à la traîne sur le marché du low cost (en pleine croissance) et a perdu du terrain sur le haut de gamme au profit des compagnies du Golfe, dont les déficits sont financés, il est vrai, de façon déloyale par les pétromonarchies.

 

Quelle est la stratégie industrielle de la direction d’Air France dans cette situation où l’on peut craindre à terme que ce ne soit pas 3 000 postes qui seraient supprimés mais les 63 000 de toute la compagnie en cas de faillite ? On la discerne mal. Sans doute faut-il ne pas trop noircir le tableau car Air France garde un haut niveau de sécurité et de services, mais les avantages comparatifs sont fragiles dans un transport aérien mondialisé où le véritable "patron" pour tout le monde reste le passager devenu un consommateur impitoyable.

 

Sur ce plan, que cela plaise ou non, les salariés d’Air France et leur direction sont embarqués sur le même vol.



08/10/2015
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