1172- 2017 approche...plus que 20 mois 25 posts

ETAT DES FORCES A 20 MOIS DE LA BATAILLE

En apparence, rien n’a changé dans le paysage politique depuis l’été dernier. François Hollande est toujours très impopulaire, Marine Le Pen s’est installée et la compétition reste très ouverte à droite, surtout entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Pourtant, beaucoup de choses ont changé, qui ne sont pas forcément perceptibles aujourd’hui, car ces mouvements se font en profondeur.

François Hollande est passé d’une impopularité abyssale à une impopularité « normale », selon le mot du politologue Pascal Perrineau[1]. A la rentrée 2014 et tout au long de l’automne, sa cote de satisfaction s’était effondrée jusqu’à 13%, selon l’IFOP. L’explosion du chômage, le livre ravageur de Valérie Trierweiler, la crise politique née avec le départ forcé d’Arnaud Montebourg étaient passés par là. Puis sont venus les attentats de janvier et la marche républicaine du 11 : ils ont remis en selle un Hollande qui a su incarner la fonction. Celui-ci est repassé au dessus de la barre des 20%, plus proche des planchers atteints par ses prédécesseurs. Avant de baisser à nouveau ; jusqu’à la crise grecque dont la gestion semble lui être créditée[2].

Néanmoins, il n’y a pas que les sondages, et le paysage politique s’est dégagé à gauche pour le président en place. Les écologistes sont divisés et une partie est prête à le rallier. Manuel Valls, plus populaire que lui, affiche désormais un légitimisme sans faille. Le congrès du PS s’est bien passé avec la nette victoire de la motion soutenue par le pouvoir. Les frondeurs sont en voie de marginalisation. Aucun concurrent n’émerge à gauche pour le président sortant, qui doit être le seul candidat de son camps s’il veut avoir une chance de se qualifier pour le second tour de la présidentielle.

Au Front national, il est encore trop tôt pour mesurer les effets de la crise familiale qui déchire le parti. Pour l’instant, l’image de Marine Le Pen ne semble pas affectée. Toujours d’après l’IFOP, la présidente du FN a même gagné ces trois derniers mois trois points d’opinions positives (à 29%) auprès de l’ensemble des Français, et quatre points chez les sympathisants de son parti (à 95%). Mais c’était avant le dernier rebondissement judiciaire favorable à Jean-Marie Le Pen. Nul ne peut dire quel serait l’effet d’un pourrissement du conflit, surtout s’il a des conséquences sur les élections régionales.

En attendant, si le FN est arrivé en tête des élections départementales, le succès a été moindre qu’escompté. Peu de cantons conquis, aucun conseil général : il n’y a pas eu d’ « effet Charlie » en faveur du Front national, qui s’était au contraire marginalisé lors de la marche du 11 janvier. En outre, le parti a reculé dans la plupart des élections partielles (une dizaine) qui ont eu lieu depuis le mois d’avril. Enfin, Marine Le Pen se trouve devancée pour la première fois par sa nièce Marion dans le dernier baromètre IFOP pour Paris-Match (34% contre 33%).

A l’UMP, devenue entre temps les « Républicains », la compétition est plus ouverte que jamais pour les primaires qui auront lieu en novembre 2016. Depuis qu’il s’est déclaré candidat il y a bientôt un an, Alain Juppé ne cesse de gagner du terrain. Avec 42% des souhaits de victoire chez les sympathisants de droite et du centre, le voici désormais en tête. Selon l’IFOP[3], il a gagné six points entre mai et juin, tandis que Nicolas Sarkozy en perdait cinq (33%). Mais l’ancien chef de l’Etat, qui est revenu au centre du paysage politique en se faisant élire président de l’UMP, continue de faire la course en tête au sein du « noyau dur », chez les seuls sympathisants UMP, comme parmi ceux qui se disent certains d’aller voter. Dans cette dernière catégorie cependant, Sarkozy recule aussi de 7 points (41%), tandis qu’Alain Juppé progresse d’autant (36%) : l’écart se resserre.

Mais un nouveau venu s’est installé, qui pourrait bouleverser la donne. Bruno Le Maire avait déjà créé la surprise en réalisant un bon score face à Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP. Le voici qui s’installe en « troisième homme » dans cette primaire, place qu’il a prise cette année à un François Fillon qui semble de plus en plus marginalisé. L’ancien ministre de l’Agriculture est bien placé pour incarner le besoin de renouvellement qui ne devrait pas tarder à s’exprimer.

Car s’il est une certitude pour cette élection présidentielle encore lointaine (20 mois) et donc très ouverte, c’est que les Français ne veulent pas voir se rejouer le match de 2012. Nicolas Sarkozy a beau rêver de revanche et François Hollande privilégier son meilleur adversaire, les deux hommes partagent en commun une forme de rejet, même si c’est pour des raisons différentes. A la fin du mois de mai, ils étaient 72% à ne pas vouloir d’une nouvelle candidature de l’ancien président et 77% à refuser celle de l’actuel hôte de l’Elysée[4].

Mais bien malin qui pourrait prédire l’affiche de mai 2017. Pour mémoire, le grand favori de l’été 2010, à 20 mois de la précédente présidentielle, s’appelait Dominique Strauss-Kahn.

 

Photo de Bruno Dive.

 

 



08/08/2015
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