1160- La presse de mai 30 posts

 

Photo de Urtikan.net.

 

Les conservatismes contre la réforme des collèges (Jean-Michel Helvig La République des Pyrénées)                                                                Ce n'est pas une révolution mais une conjuration que provoque la réforme du collège proposée par la ministre de l'Education nationale. La conjuration de tous les conservatismes cultivant la nostalgie d'une grandeur idéalisée, l'illusion d'un système scolaire envié ailleurs et l'orgueilleuse défense de statuts érigés en piliers de la civilisation.Najat Vallaut-Belkacem n'est pas la première à subir un tel assaut. Si l'on veut survivre à son poste, que l'on soit de droite ou de gauche, mieux vaut s'attirer les bonnes grâces des corporations maison et des élites issues des grands concours qui tiennent le haut du pavé en France. Bref, ne toucher à rien ou pas grand chose.

Et pendant ce temps le système éducatif français - du moins au niveau des collèges - est devenu de moins en performant au regard des comparaisons internationales établies par l'OCDE. L'Education nationale est une passion française en ce qu'elle constitue le déversoir de toutes les imprécations sur la "décadence" de la société et le refuge des déplorations d'une "identité" nationale qui se diluerait dans la mondialisation.

Mais ce que l'on entend ces jours-ci frôle le pathologique. Voilà donc un projet d'évolution des programmes scolaires qui, faut-il le rappeler, n'est même pas encore soumis à la concertation des enseignants, mais qui a déjà entraîné un préavis de grève de la part de certains syndicats de l'Education nationale, par principe contre tout ce qui bouge. Les tirs les plus nourris sont venus cependant de ces grandes voix "intellectuelles" qui en France n'en finissent pas, de tribunes enflammées en pétitions solennelles, de courir après de grandes causes où leurs noms resteraient pour la postérité.

Tout ce qui est excessif est dérisoire, dit-on. Mais ces outrances conduisent à obscurcir le nécessaire débat autour d'un collège unique qui, né en 1975 après la scolarité obligatoire à 16 ans, a tourné au désastre du fait de sa conception initiale. Pour des raisons de rapport de force syndical et corporatif (déjà), on lui a appliqué la pédagogie qui avait cours dans les lycées lorsque 2% d'une classe d'âge (parmi les plus favorisés) atteignaient le bac.

Inégalités territoriales, décrochages scolaires, crise de recrutement des enseignants : le chantier est immense et la réforme défendue par la ministre, certes amendable, a le mérite de commencer à s'attaquer à quelques-uns des maux les plus criants du collège, notamment par l'extension de l'enseignement des langues, l'apprentissage des méthodes collectives de travail ou encore un enseignement de l'histoire étalé sur le 1er cycle qui ne soit pas la célébration d'un improbable "roman national" mais l'intelligence des complexités contemporaines.

                                                                                                                    

 



11/05/2015
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