1154-Préface du livre "Oui à François H." (Bruno Ribard) 7 posts

CHOSE PROMISE...(Bruno Ribard)


PREFACE DU LIVRE OUI A FRANCOIS H.

Ce récit est celui d’une séquence de politique française située entre le 14 juillet 2014 et le 1er mars 2015. Y est rapportée scrupuleusement au quotidien une lutte autant citoyenne que connectée, hébergée par un réseau social : Facebook.

 

Commençons par le commencement. En 2012, l’élection de François Hollande s’accomplit à la surprise générale, à la fois dans le camp de la droite mais aussi dans le camp de la gauche, notamment au PS. Certains pouvaient penser que l’option représentée par Ségolène Royal étant écartée, malgré son résultat très honorable aux présidentielles de 2007, comparable à celui de Jospin en 1995, un boulevard était ouvert pour eux, conduisant au Palais de l’Elysée.


Il est vrai que Nicolas Sarkozy avait fini par importuner beaucoup de Français, à tel point que non seulement il ne sut rassembler les siens, mais que tous ceux, assez nombreux il faut le dire, qu’il avait trahi à un moment ou un autre dans son propre camp ne firent pas grand chose, voire pire, pour l’aider à esquiver l’affront déjà vécu par un Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Ne pas se faire réélire ! Quelle baffe, les mêmes choses produisant comme de coutume les mêmes effets.

 

Le pire pour lui, Sarkozy, c’est que cette fois-ci ce n’est pas un leader historique et à grande écharpe rouge, un ancien combattant de la guerre contre le "coup d’état permanent " gaullien, qui obtient une nette majorité de plus de 51,5% des suffrages populaires exprimés. Ce n’est ni Jean Jaurès, ni Georges Marchais, ni des camarades de la « Gauche plurielle » de la fin du siècle passé, ni même un quelconque éléphant à forte trompe et défenses menaçantes. Non, c’est « Monsieur 3% ». Celui que personne n’attend, mis à part lui-même et quelques éclairés, quelques-unes aussi, qui connaissaient « un petit peu » à qui nous avions affaire.

 

HEC, ENA, remarqué par François Mitterrand autant que par son ancienne compagne Ségolène Royal, François Hollande est un génie politique. Mais ça, très peu de gens le savent encore. Son élection aux « primaires » de la gauche en vue des élections présidentielles aurait pu nous donner un premier indice. Après… Quoi ? La performance de François contre un président sortant encore tout imbu de lui-même aurait dû informer le PAF comme le PPF (paysage politique français) de l’arrivée d’une nouvelle donne dans le jeu des pouvoirs de la République.

 

Et bien figurez-vous que non ! Ne pas imaginer cela. Elu oui, mais l’est-il vraiment ? Comment est-ce possible ? Il ne faut pas imaginer que les choses se passeraient comme avant. Comme avant lors d’une élection présidentielle normale dans un pays somme toute normalement démocrate et majeur, affiché depuis toujours au tableau du top ten mondial. Le nouveau président avait bien précisé durant sa campagne ajustée au millimètre que, par contraste et mesure face à un sortant instable et vaniteux, lui, François H. serait un président « normal ». Game is over. Terminés les supers pouvoirs d’un superman en culotte courte… Hé bien non ! En réalité tout dérape et la droite, et la gauche, enfin une partie de la gauche, entrent alors dans une nouvelle ère. La France entière entre en politique fiction.

 

C’est à ce moment, d’abord imperceptible jusqu’à fin 2012 tandis que le sortant mangeait ses doigts, puis irrépressible en 2013 et jusqu’à juin 2014 que la réalité bascule, gravement. Le pays entre dans une sorte de cinquième dimension. Nous flottons encore à présent dans le Cloud éthéré d’un réel dé réifié.C’est bien évidemment et précisément cela qui caractérise une période de montée d’un néo fascisme qui utilise, comme au siècle passé, les innovations technologiques pour outiller son démentiel projet. Ce qui était propagande est devenu web propagande, hoaxs, trills et autres pranks, mais le sujet est le même : intoxication, chimères et terreur déclinée à tous les temps. Les journalistes s’y laissent souvent prendre, par égarement ou par intérêt.

 

La conscience de vivre un moment dangereux, dans lequel la normalité et surtout la légitimité du jeu démocratique et de l’action mandatée sont déniées.....Moment de convulsion historique...mais alors, de quoi s’agit-il ?

 

Il nous faudrait « convoquer » comme on dit les grands textes, les pensées qui ont déchiffré, décodé depuis des décennies le monde que nous vivons. Monde que nous n’avons plus le temps, ou plus exactement l’équipement philosophique d’objectiver et encore moins de subjectiver avec sérieux et application tellement il est complexe, rapide, fuyant même, et pourvu de tous les instruments sophistiqués jour après jour pour créer et entretenir les illusions. Paris Match et sa peoplisation n’était rien en regard de ce qui mélange aujourd’hui travail et succès effectif avec paillettes d’un instant, orgasme médiatique type « infini pour les caniches ».

 

Nos pauvres esprits harcelés ont perdu le nord, déréférencés par un coma et une exténuation qui a pulvérisé tant de balises. Le populo, toujours très subtil et de bon sens, a soigneusement sauvegardé certains fondamentaux. Le taux de natalité en témoigne, ainsi que le taux d’épargne et, généralement, un vote citoyen ajusté avec précision lors des rendez-vous déterminants, type 2012. Il reste que l’effacement progressif des contraintes familiales, religieuses, militaires, des traditions, fifres et tambourins, nous projette dans le monde impitoyable du « libre choix ». C’est l’essence même de la société libérée. Et, « Dieu sait » si nous l’avons voulue cette liberté. Mais patatras, l’immense libération des mœurs, de la pensée, des structures d’organisation sociale nous a plongé dans la contrainte la plus extrême : celle de l’homme libre face à son destin. Cela nous contraint à un point inimaginable il y a seulement 30 ans : les clés, les choix, les charpentes de nos vies sont désormais à construire par nous même dans l’immense supermarket des idées, des objets de consommation « qui vous donnent votre identité », baroudeurs ou aventuriers en 4x4, explorateurs web en robe de chambre, fans de sexe ou égoïstes de la méditation type bonne conscience à bon marché. Dans le même mouvement, les générosités, les engagements associatifs, les solidarités multiples prouvent qu’il y a une autre face, et bonne, à cette mauvaise farce. Ce qui résiste ? Ce qui fait tache ? Pas facile de trouver un emploi… On nous aurait menti ? Le monde n’est pas fait de plateaux TV et de succes story à répétition ?

 

Tout n’est pas sombre, mais tout est difficile, comme avant. Mais quand au malheur d’un « clic » de hasard un petit gars de chez nous, et je pense à tous si vous voyez ce que je veux dire, se met à avaler et croire mordicus à la version contemporaine du "Grand Soir", c’est à dire au triomphe sanglant et immédiat de tel ou tel vendeur de chimères politiques ou religieuses… Voilà bien les fantômes de la « société du spectacle » avec son cortège de faux-semblants, de rites, de fétiches et de représentations qui ne cessent de remplacer le monde réel, le monde vécu par un monde d’esbroufe, de propagande morbide. Et plus c’est bien horrible, bien sanglant, plus les manipulateurs se disent que leur image remplacera l’image du réel, en l’occurrence et par exemple l’image d’une Union européenne de 500 millions d’habitants, première puissance économique.

 

Et c’est dans ce contexte de spectres et de succubes qu’un esprit somme toute de qualité médiocre comme est celui de Nicolas Sarkozy a fait « comme si » il n’avait pas perdu l’élection présidentielle. Une défaite ? Que nenni ! C’est une illusion… Depuis l’été 2012 Monsieur Sarkozy nie le réel. Tout ça est une mascarade. Et par voie de conséquence : François Hollande ne serait-il pas un peu usurpateur ? Cette construction mentale qui étouffe le réel, qui déforme l’effectif et le vécu, est aussi partagée par qui ? Mais bien sûr, les déçus des primaires et autres rescapés du temps béni des promesses impossibles à tenir. Il y aurait « un loup » ?

 

Mais voilà, problème, le réel existe réellement. Nicolas Sarkozy a mené une politique d’évitement pour différer autant que possible en France les effets des crises de 2008 et 2009, pour décaler et pour reporter les efforts indispensables et douloureux « après » une réélection estimée comme certaine, jouée d’avance puisque finalement DSK avait été piégé. Cette politique a creusé les déficits, excavés des gouffres de dettes souveraines et enfin, jointe à l’effet « d’amortisseur social » que notre excellent modèle de protection permet en limitant les désastres sociaux de crise, a occulté la gravité de la situation du pays.

 

Le nouveau président, François, souhaité, élu et installé au pouvoir en bonne et due forme, dans une réalité réelle, rigoureux et soucieux de maintenir les grands équilibres, de développer notre modèle social à l’instar de son prédécesseur François à l’Elysée, a reçu la très lourde charge de rétablir les comptes et l’économie dégradés outrageusement par la droite au pouvoir. Des annonces, il y en avait eu, des Rafales vendus au Brésil, à foison, des résultats tangibles, heu…


Alors à François, un peu comme à Barack, le « sale boulot ».

Et c’est à cet instant que l’humaine inhumanité entre en jeu. On ne recensera pas dans cette préface la liste des adversaires déclarés ou embusqués, extérieurs au pays ou intérieurs, extérieurs à la gauche ou intérieurs. Exercice inutile. Lisons les échanges quotidiens de ce livre pour en avoir une idée. Triste feuilleton.

 

Mais de fait, depuis le 31 mars 2014, alors que Manuel Valls a reçu la confiance du Président et celle du Parlement, le grand bal des chimères se déploie comme jamais auparavant et nous sommes quelques-uns à nous inquiéter pour de bon. On a l’impression que tout va de travers. Dès qu’un événement quel qu’il soit se produit, il est utilisé, retourné et parfois falsifié pour atteindre, décrédibiliser et abattre l’exécutif. « Hollande démission », voilà ce qu’ils clament, voilà ce qu’ils veulent en contradiction absolue avec les règles démocratiques. La 6ème république, la belle affaire, jamais décrite, esquissée pour faire croire aux gogos que la solution est simple et sort du chapeau, y-a-qu’à, est dans la réalité réelle une tentative de retour à l’impuissance de l’exécutif, comme on l’a connu avec la 4ème, qui a conduit à la faillite de la France.

 

Et dire que même les évènements de début janvier, l’esprit du 11 janvier 2015, il y a maintes personnes aujourd’hui pour en effacer bien vite les contours, pour en retirer l’horrible réalité et l’exaltante unité de fait contre l’adversité.

 

C’est une grande valse vers l’anarchie qui est esquissée. A qui profite le crime ? A votre avis ? C’est pourquoi le citoyen lambda que je suis, inquiet et désolé par l’injustice en progression constante, s’est saisi de l’outil assez incroyable d’un réseau social. C’est certes une auberge espagnole, mais notre campagne d’ANTIFICTION pendant plus de 7 mois, pour soutenir François au quotidien, sans langue de bois car nous ne devons rien à personne, sauf à notre morale politique personnelle, aura peut-être un tout petit petit petit effet positif.

 

Oui à François H.

 

Bruno Ribard



09/03/2015
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