1142- Le nihilisme djihadiste 7 posts

Friedrich Nietzsche a brisé les idoles et montré que Dieu et les idéaux étaient morts.Après la religion qui promettait le bonheur dans l'eau delà, le communisme a pris sa place et prônait le bonheur ici bas.Avec la fin du communisme et la fin de l'humanisme, la fin de la foi dans le progrès il reste ce qu'il avait annoncé : la toute puissance de la technique et du fric, le règne de l'individualisme et des tribus.J'ai bien aimé cet édito de Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées:

 

"Un nouveau spectre nous hante. Celui des djihadistes français qui, hier, ont appelé les musulmans de France à rejoindre leurs rangs ou à commettre des attaques terroristes ici. De "bons p'tits gars", "bien de chez nous", sont devenus des égorgeurs. Comme si les précédents, Nemmouche et Merah, ne nous avaient rien enseigné. Il est vrai que ces nouveaux djihadistes ne correspondent en rien à leurs prédécesseurs et nous questionnent.

Contrairement à ce qu'affirmait récemment Marine Le Pen, pour qui "le fondamentalisme islamique ne pousse pas dans les prairies normandes", Maxime Hauchard, l'un des égorgeurs de 18 soldats syriens, a grandi dans un bourg de Haute-Normandie. Non, l'immigration massive n'a pas été le terreau du fondamentalisme islamiste ! Maxime était un gentil garçon sans histoire et, comme lui, Mickaël, un Portugais de la troisième génération, s'était converti à l'Islam.

La proportion de ces convertis ne cesse d'ailleurs d'augmenter parmi les candidats au djihad. Bien sûr, tous deux fréquentaient une mosquée, mais leur conversion s'est opérée dans la solitude de leur chambre, par le biais des réseaux sociaux, le vecteur principal de l'embrigadement pour Daech. Contrairement à Al Qaida, organisation pyramidale classique, Daech, c'est le terrorisme 2.0 qui s'adresse directement à la génération Iphone et twitter !

On trouve chez les jeunes djihadistes la même fascination pour la violence, évidemment hors limites, la même aspiration à faire table rase que dans certaines "aventures gauchistes". Beaucoup des tenants de la "lutte armée" dans les années 70 étaient eux-aussi des fous furieux, même si l'on a un peu oublié. D'où un parallèle certainement paradoxal entre l'engagement humanitaire et les djihadistes. Est-ce un hasard si beaucoup des djihadistes français expliquent qu'au départ ils sont allés en Syrie parce que le monde entier abandonnait la population syrienne, un peu comme ceux qui, choqués par la non-intervention dans la guerre d'Espagne, allaient s'engager dans les brigades internationales ou fantasmaient de s'y engager ? Partout il y a une jeunesse fascinée par ce nihilisme suicidaire. Et dans cette époque de vide, d'absence d'espoir, cet islam, parce qu'il est radical et donne une dimension globale, peut-être aussi mystique, donne un nom à une cause. Comme le dit ce connaisseur de l'Islam qu'est Olivier Roy "aujourd'hui, le jihad est la seule cause sur le marché" plutôt en déshérence des idéologies.

Comme le souligne Boris Cyrulnik, citant la Boétie et son bonheur dans la servitude volontaire : "dès qu'on s'engage dans un groupe, on n'a plus d'angoisse. Tous les criminels de guerre disent la même chose : "Je n'ai fait qu'obéir, donc je ne suis responsable de rien. Cette perte de jugement est un tranquillisant"



21/11/2014
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