1012- Revue de presse à mon goût 72 posts


via Chimulus Dessinateur  


UKRAINE:Questions de Rue 89 à l'ancien ministre des Affaires étrangères: Hubert Védrine

Comment sortir de la crise, selon vous ?

Cela consisterait à dire :

-on ne touche pas à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, mais elle devient un Etat très fédéral dans lequel la Crimée jouit d'une autonomie presque complète, et les territoires de l'Est d'une autonomie importante ;
-dans cette fédération, des garanties sont données aux minorités  ethniques, culturelles, linguistiques etc. , qu'il s'agisse des Russophones ou des Tatars de Crimée. Les prochains dirigeants de Kiev en seront garants, et les candidats à la présidentielle [du 25 mai ] devraient s?y engager ;
-les Russes déclarent qu'il n'est pas question de rattacher un nouveau territoire à la Russie, mais qu'en revanche ils veulent avoir des relations faciles avec cette région. Cela suppose que l'Accord d'association européen qui avait été proposé soit conçu, peut-être modifié, afin d'être compatible avec des échanges de l'Ukraine ou d'une partie de l'Ukraine avec un autre ensemble économique et douanier. On prend peu de risques, car ça a peu de chances de pouvoir concurrencer la force d'attraction du système européen ;
-à Kiev, on reviendrait à l'accord parrainé par les trois ministres européens des Affaires étrangères (qui prévoyait notamment un gouvernement d'union nationale, ndlr) ;

-cette Ukraine fédéralisée, neutralisée, est en quelque sorte « finlandisée » (voir ci-dessous) dans le meilleur sens du terme. Les Occidentaux, comme les Russes, s'engagent à ne rien faire dans les cinq ou dix ans (ça se négocie) qui viennent pour obliger l'Ukraine à basculer dans un camp. Ce qu'à mon avis on aurait dû faire depuis longtemps.

C'est la sortie possible à mon avis. Je note qu'aux Etats-Unis, Henry Kissinger et Zbigniev Bzrezinski [deux anciens Conseillers à la sécurité américains,] ont employé la même formule de « finlandisation ». J'ajoute à leur réflexion l'idée de garantie pour les minorités.

Comment y arrive-t-on, à partir de la situation actuelle, je n'en sais rien ! Cette perspective s'éloigne si des mesures de part et d'autre alimentent l'escalade.

On peut alors se retrouver dans une situation inextricable de blocage dans laquelle on aurait une paralysie plus ou moins longue de toute la relation Europe-Russie, Etats-Unis-Russie.

Plus question alors d'attendre un coup de main de Poutine sur la Syrie ou l'Iran...(Extrait)


Finlandisation

La « Finlandisation » fait référence à la situation de la Finlande à l'époque de la guerre froide, qui respectait une neutralité bienveillante vis-à-vis de son voisin soviétique tout en conservant sa liberté d'organisation en interne. C'était utilisé de manière péjorative par ceux qui l'assimilaient à une soumission, et est devenu un terme générique dans les situations similaires. Cette neutralité a toutefois permis à la Finlande de survivre dans un environnement complexe et de rejoindre l'Union européenne une fois la guerre froide terminée. P.H.


Photo de Alain Billot.
(FB)

Jean-Pierre Chevènement


La Russie est devenue un très grand pays à la fin du XVIIIe siècle, avec la Grande Catherine et Alexandre Ier , Napoléon l'apprit à ses dépens. Mais la Russie a longtemps fait peur. Chez les Allemands et les Anglo-Saxons, il y a eu une russophobie politique, rivalité géopolitique de la Grande-Bretagne avec l'Empire russe, comme l'ont manifesté au XIXe siècle la guerre de Crimée et le « Grand Jeu » en Asie centrale. Entre les États-Unis et l'URSS, ce fut la guerre froide de 1917 à 1990.

Les Allemands en 1918 et 1941 ont eu la tentation de s'étendre à l'Est en refoulant les Slaves, selon la vieille thèse pangermaniste. Cette tentation a heureusement disparu et la politique allemande vis-à-vis de la Russie est devenue infiniment plus sage.

En France, il y a une russophobie idéologique. Elle a été formulée en 1839 par le marquis de Custine dans sa célèbre formule : « La Sibérie commence à la Vistule. » Cette russophobie idéologique est profondément contraire à l'intérêt de notre pays, et j'ajoute à celui d'une Europe pacifique. Dans Le Monde par exemple, l'historienne Françoise Thom parle de « choix de civilisation » s'agissant de l'Ukraine : allons-nous revenir à la guerre des civilisations dont parlait Samuel Huntington en 1994 ? Si Bernard-Henri Lévy et quelques autres pouvaient ressusciter Staline, ça leur donnerait enfin des raisons de vivre ! (Extrait d'une Tribune dans Le Figaro)


Communiqué BVA sur le bilan des municipales

 

 

Un nouveau gouvernement vient d'être annoncé au lendemain de la lourde défaite de la gauche aux élections municipales. Il se dit souvent qu'il aurait été largement dicté par les impératifs de l'opinion publique … bref, dicté par les sondages.

Il est vrai que le Premier ministre comme la plupart des ministres les plus importants sont justement ceux que « les sondages » plaçaient parmi les préférés des Français (et inversement pour les malheureux « sortants »).

Evidemment, c'est prêter beaucoup de responsabilité aux sondages d'opinion… sans doute même trop, leur vocation n'étant pas d'orienter les choix politiques de nos gouvernants, mais d'indiquer a posteriori si leurs choix conviennent aux citoyens.

 

Mais sont-ils au moins « fiables » ces sondages d'opinion ?

 

Comme après chaque élection la question s'est encore posée (surtout dans l'entre-deux tours).

Au moins peut-on aisément s'en assurer : notre métier constitue l'un des rares domaines où l'on peut vérifier les dires d'un émetteur. Il suffit pour cela de comparer les derniers sondages effectués au plus près d'une élection et de vérifier si le résultat du scrutin a bien été parfaitement conforme – au point près – à la photographie (à condition, bien sûr, que le sondage en question ait été fait moins d'une semaine avant le scrutin : nous ne sommes pas des cartomanciennes !)

 

Au lendemain des élections municipales, comme après chaque élection depuis 2009, nous vous proposons donc notre désormais fameux bilan complet des résultats de l'élection par rapport à nos enquêtes.

En l'occurrence,  nous comparerons les résultats des deux tours des municipales …

-          … à nos deux sondages du jour du vote avec leurs projections de second tour (en nombre de villes)

-          et à l'ensemble des sondages préélectoraux réalisés par BVA dans près d'une vingtaine de villes, en distinguant bien les sondages effectués au plus près du premier tour (moins d'une semaine avant) qui sont en réalité de véritables pronostics, des sondages plus anciens, effectués en cours de campagne (1 semaine à 1 mois avant le scrutin. Ceux-ci doivent éclairer sur les grandes tendances traversant la campagne)

 

Cette note étant très complète (11 pages), en voici LES 3 PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS :

 

Ø  Les deux sondages de jour du vote effectués par BVA au 1er et au 2nd tour ont été remarquablement proches du résultat final annoncé le lendemain par le Ministère de l'Intérieur. Diffusés à 20h nos deux sondages ont constitué les premières mesures disponibles sur le rapport de force national et ont été les seules effectuées par un Institut de sondages avant la communication des résultats officiels. Ils ont été utilisé toute la soirée par tous les médias lors de deux tours et ont même « fait » la Une des quotidiens du lendemain matin. Notre formule pour résumer l'ampleur de la déroute de la gauche au second tour «  la vague bleue s'est transformée en Tsunami » a d'ailleurs été reprise par plusieurs quotidiens.

 

Ø   Les résultats de nos 6 sondages effectués durant la semaine précédant le premier tour ont TOUS été confirmés par les urnes, notamment à Paris où nous annoncions la nette victoire future d'Hidalgo sur l'ensemble de la ville à 53% et dans chacun des deux arrondissements clés (le 12ème et le 14ème) ... à un moment où certains confrères annonçaient plutôt un resserrement voire un possible croisement de courbes.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Ø  Les 12 autres sondages effectués par BVA durant la campagne ou en amont de celle-ci à travers toute la France ont tous fourni les tendances lourdes que les urnes ont confirmé : explosion de l'abstention, poussée de la droite et surtout du FN, baisse de la gauche, et en son sein montée des écologistes face au PS. En revanche, ne s'agissant pas de pronostics, il n'est guère surprenant que les vainqueurs du 30 mars dans 3 de ces 12 villes (Toulouse, Quimper et Grenoble) n'aient pas été ceux que nos sondages (comme ceux de nos confrères) indiquaient 3 semaines ou 3 mois auparavant, ni que le score final d'un FN en hausse et d'un PS en baisse ne soit pas celui mesuré à cette période (à Marseille et, dans une moindre mesure Metz il fut nettement plus élevé le 30 mars que dans nos sondages de début mars).

 

Bonne lecture et à juin prochain … pour un bilan comparable sur les prochaines élections européennes !

 

PS : Un mot (cela n'en mérite pas plus) à propos de certaines polémiques un peu vaines fleurissant actuellement sur les réseaux sociaux. Contrairement à l'un de nos confrères, nous n'avons pas souhaité nous lancer dans une (douteuse) publicité comparative entre Instituts, en comparant des sondages effectués à des périodes très différentes. Les lecteurs attentifs de la note qui circule actuellement sur ce mode auront remarqué par exemple qu'un sondage effectué à Toulouse par notre confrère quelques jours avant le scrutin est complaisamment comparé au nôtre réalisé… début janvier.

Cela dit, la comparaison ne nous fait pas peur (au contraire !) Aussi, si le sujet vous intéresse, et si vous souhaitez faire un benchmark (honnête) des Instituts qui auraient été les plus proches dans leurs sondages effectués à proximité du scrutin, il vous est aisé de le faire :  tous les sondages effectués par tous les Instituts dans les jours précédant le 23 mars sont disponibles sur Internet.












09/03/2014
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