1011- Disparition d'un grand monsieur 67 posts

 

 
François Hollande a participé lundi 10 mars 2014 à Cahors aux obsèques de Maurice Faure. (BFMTV)

François Hollande participe lundi matin à Cahors aux obsèques de Maurice Faure, mort à l'âge de 92 ans jeudi dernier. Dans un discours d'hommage, à l'ancien ministre, teinté de nostalgie, le président l'a qualifié d'homme politique "le plus doué de sa génération avec François Mitterrand".

"Maurice Faure paraissait d'une autre époque (..), un homme politique d'avant la télévision. (..) Dans une société de l'immédiat, du virtuel et de l'artifice, il ne paraissait plus avoir sa place (…) Il était pourtant étonnamment en avance sur son temps", selon François Hollande qui a loué la méthode de Maurice Faure "étonnamment moderne: le consensus". Un principe que François Hollande essaie d'appliquer lui-même.

"Un homme de cœur et de raison"

"La seule passion qui l'animait et qui l'a toujours conduit à être un homme de coeur et de raison, c'était l'Europe. Il la défendait âprement chaque fois que son cours paraissait se détourner de la volonté de ses premiers bâtisseurs, en l'occurrence lui-même", a dit François Hollande lors d'une cérémonie d'hommage à la préfecture du Lot, avant la cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Etienne de Cahors.

Le président était entouré notamment de Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de Gauche, dont Maurice Faure était une figure historique. La ministre Sylvia Pinel, le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, le président du Conseil général de la Haute-Garonne, Pierre Izard ou encore Elisabeth Guigou étaient également présents.  BFMTV

 


  Photo de Kat Ia Chipolina.
Photo de Kat Ia Chipolina.photos Katia
 
 
       
 
 
 
 
 
 
 exposition retro Meric 068.jpg
 
 la navigation sur le Lot aux côtés de Maurice Faure et du Préfet Leblond (photos Méric)
 
 
 
 
exposition retro Meric 012.jpgJ'étais aux côtés de Maurice Faure comme adjoint au Maire et vice-président du conseil général dans les années 80 ici pour recevoir le secrétaire d'Etat à la sécurité publique MB
 
monnerville.jpg  avec Gaston Monnerville dans Le Capitole
 
 
     
Photo de Pierre Lasvenes.
 
 
Maurice Faure est décédé, dans la nuit de jeudi , dans son sommeil à son domicile de Cahors

Il entre très tôt dans la carrière politique
Professeur agrégé d’histoire et de géographie, docteur en droit, il commence par enseigner à l'Institut d'études politiques de Toulouse.
En 1947, il intègre le cabinet du ministre de l'Éducation nationale Yvon Delbos, puis ceux de Maurice Bourgès-Maunoury.

Élu député radical-socialiste du Lot de 1951 à 1958, il est membre des groupes centristes Entente démocratique et Rassemblement démocratique, puis député Fédération de la gauche démocrate et socialiste et « socialiste et radical de gauche » de 1958 à 1983.

En qualité de secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Guy Mollet, il cosigne le 25 mars 1957 avec son ministre de tutelle, Christian Pineau, le traité instituant la Communauté européenne dit Traité de Rome, dont il est le dernier témoin vivant.

À deux reprises, il est président du parti radical-socialiste de 1961 à 1965 et de 1969 à 1971. Il soutient Jean Lecanuet candidat à l'élection présidentielle de 1965.

Après avoir été maire de Prayssac pendant douze ans, il est élu maire de Cahors en 1965, mandat qu'il conservera vingt-cinq ans.

Membre de l’Assemblée parlementaire des Communautés européennes puis du Parlement européen de 1979 à 1981, il est sénateur Gauche démocratique de 1983 à 1988.

En 1981, à la suite de l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, il devient Garde des Sceaux dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy. Il ne conserve cette fonction qu'un mois et un jour et, après les élections législatives, céde sa place à Robert Badinter.

Ministre d’État, ministre de l'Equipement et du Logement de Michel Rocard en 1988, il quitte le gouvernement un an après, nommé par François Mitterrand au Conseil constitutionnel.

En 2007, il est nommé président du comité d'honneur du 50e anniversaire du traité de Rome.

Maurice Faure est décédé le jeudi 6 mars 2014 à Cahors. 

 

Travailler avec et pour François Mitterrand et Maurice Faure aura été l'honneur de ma vie.Tous ceux qui ont connu Maurice Faure qui vient de disparaître sont aujourd'hui un peu orphelins

Marc Baldy

faure.jpg

André Boyer sénateur, Maurice Faure et Jean Milhau son successeur à la présidence du conseil général du Lot et sénateur successeur d'André Boyer dont il était suppléant.

 

Décès de Maurice Faure ici avec Robert Badinter son successeur à la justice et François Mitterrand
 

 

Maurice FAURE est né le lundi 2 janvier 1922 à Azérat en Dordogne.
Agrégé d'histoire et de géographie, docteur en droit, il enseigne au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse.

1948 : Professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse.
1947 : Attaché au Cabinet d'Yvon Delbos, ministre d'Etat.
1947-1948 : Chargé de mission au cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury (secrétaire d'Etat au Budget).
1950-1951 : Chef de cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury (secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil).
1951 : Élu député radical-socialiste du Lot à 29 ans, et réélu en 1956 (député du Lot jusqu'en 1983).
1953-1955 : Secrétaire général du Parti Radical-Socialiste.
1956-1957 : Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères dans le cabinet de Guy Mollet. 1957-1958 : Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères dans les cabinets Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard.
Mai 1958 : Ministre de l'Intérieur puis Ministre des Institutions européennes dans le cabinet Pierre Pflimlin.
1958 - 1983 : Député du Lot.
1960-1962 : Président du Groupe de l'Entente démocratique de l'Assemblée nationale.
1961-1965 et 1969-1971 : Président du Parti Radical-Socialiste.
1962-1967 : Président du groupe du Rassemblement Démocratique de l'Assemblée nationale.
1964-1970 : Président de la Commission de Développement Economique Régionale (CODER) Midi-Pyrénées.

1965-1990 : Maire de Prayssac (de 1953 à 1965), maire de Cahors (de 1965 à 1990).

1971 :
Président du Conseil Général du Lot (jusqu'en 1995)

Depuis 1974 : Vice-président du Conseil de la région Midi-Pyrénées.

1979 : Député européen de 1979 à 1981.

Mai 1981-Juin 1981 : Garde des Sceaux, Ministre de la Justice dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand.

1983-1988 : Sénateur du Lot, inscrit au groupe de la Gauche Démocratique

1988-1989 : Ministre d'Etat, ministre de l'Equipement et du Logement.

1989 : Membre du Conseil Constitutionnel.

1994 : Président d'honneur du Conseil général du Lot.

Il fût aussi Conseiller général du canton de Montcuq (Lot) pendant plus de trente ans. 




Photo aimablement prêtée  par
Charles FARRENY, 46800 Montcuq

(site internet : Montcuq en Quercy

 

 

 






 

Maurice Faure : Européen radical
Ministre de François Mitterrand à deux reprises, membre du Conseil constitutionnel pendant dix ans, Maurice Faure reste l’une des figures historiques de la vie politique française. Dernier représentant d’envergure du radicalisme, il a été l’un des artisans de la construction européenne. Un livre d’entretiens, “D’une République à l’autre”, retrace l’itinéraire de ce pur lotois.

Rencontre avec Maurice Faure lors de sa venue à la librairie Castéla à Toulouse.
Opinion Indépendante : Vous rappelez dans votre livre que le radicalisme après-guerre a tenté d’incarner ce fameux “centre” (ce qu’il avait été d’une certaine manière durant l’entre-deux-guerres). Ne pensez-vous pas que c’est finalement le gaullisme qui a réussi à transcender le clivage gauche / droite ?
Maurice Faure : C’est quand même le parti radical qui a compté le plus de Présidents du Conseil sous la IVème République. Il a été de presque tous les gouvernements et c’était autour de lui que se faisaient les coalitions. C’était un pivot. Le gaullisme c’est avant tout l’élection du Président de la République au suffrage universel auquel les Français tiennent beaucoup. Mais cela coupe la France en deux : droite et gauche. Le parti radical lui-même s’est coupé en radicaux de gauche et de droite sous la Vème République.
à propos du Parti Radical de gauche aujourd’hui, vous dites “Il est condamné (…) il n’a plus grand chose de nouveau à proposer” et sa disparition est “inéluctable”. Ce n’est pas très gentil pour vos successeurs…
On m’a reproché les mêmes travers qu’eux. J’ai cherché des idées nouvelles pour les apporter au radicalisme et je n’en ai pas trouvé. Je constate que mes successeurs non plus n’en ont pas trouvé. Tous ces discours que nous faisons sont creux - comme la plupart des autres discours. Dans une certaine mesure, peut-être que le Parti Socialiste représente aujourd’hui ce qu’était le Parti Radical sous la IIIème République.
Vous êtes entré aux Jeunesses Radicales en 1938 puis dans la Résistance en juin 44 après le débarquement. Cela veut-il dire que vous avez été - comme beaucoup de Français - plus sensible aux accords de Munich signés par le radical Daladier qu’à l’appel du 18 juin 40 ?
Daladier parlait à propos des accords de Munich de “connerie” qu’on ne pouvait pas éviter de faire. Il a dit quand il a vu la foule qui venait l’acclamer à l’aéroport : “Ils ne savent pas ce qu’ils applaudissent”. Daladier le savait. Tout le monde applaudissait les accords de Munich. Moi aussi, j’étais pour. Mais cela n’a pas été un élément déterminant. Ils étaient inévitables. On a eu des mots très excessifs pour condamner Munich mais c’était pratiquement inévitable.
à propos de l’Europe, vous dites que la France doit lui transférer sa diplomatie, sa politique de défense, sa politique monétaire et sa politique économique. Comprenez-vous que de tels transferts puissent inquiéter de nombreux républicains et pas seulement “les gaullistes, les communistes et les lepénistes” que vous désignez comme les adversaires de l’Europe ?
Les gaullistes sont très divisés sur l’Europe. Ils ont beaucoup changé et par la voix de Chirac ils ont rallié l’idée européenne. Ils sont pour le vote à la majorité et l’élargissement de la communauté. Ceux qui sont avec Pasqua restent hostiles à l’Europe. Peut-être que l’Europe que je défends est en avance sur la conception de Chirac ou de Jospin ? Le principe de subsidiarité veut que chacun s’occupe de ce pour quoi il est le mieux qualifié. La diplomatie, la défense, la justice, l’économie, tout cela découle maintenant de la mondialisation. Si nous ne faisons pas en Europe un bloc qui adhère dans son ensemble à la mondialisation, que deviendra chacun des pays européens ? Unie, l’Europe existe. Divisée, elle n’est pas grand chose.
Selon vous, l’avenir de l’Europe c’est l’Euro et vous déclarez qu’une politique économique commune entraîne une politique commune. Ne pensez-vous pas qu’inféoder la politique - et le politique - à l’économie, à la monnaie et à la finance ne marque pas un renoncement des hommes politiques ?
C’est une vaste question. Le Mark est devenu en 1848 la monnaie commune des pays qui allaient former la Prusse. Cette monnaie commune les a conduits à avoir une politique commune. Je fais ce même pari pour l’Euro. J’espère qu’il est bon. Je n’en suis pas sûr mais je crois qu’il est bon. Est-ce un désavoeu pour les politiques ? Je ne le crois pas. L’Euro pose les mêmes problèmes qu’une monnaie nationale mais à l’échelle de l’Europe.
Toujours sur l’Europe, vous dites : “L’unité européenne est inscrite dans le destin, elle se fera inéluctablement”. Ce qui est frappant chez les partisans de l’Europe c’est ce messianisme - on invoque le “destin” ou un déterminisme historique - mais on a aussi connu cette croyance dans un “sens de l’Histoire” pour le communisme ce qui n’a pas empêché le communisme de s’effondrer…
L’Europe a 50 ans. Elle a commencé avec Robert Schumann qui a lancé un appel à une politique nouvelle qui sous-entendait la réconciliation avec l’Allemagne. Puis, il y a eu le début de la construction européenne avec le charbon, l’acier, le Traité de Rome… Cinquante ans après, on peut dire que le Traité de Rome a engendré l’Euro. Aujourd’hui, tout le monde parle d’une défense européenne commune. L’Euro va se réaliser et la politique étrangère commune finira par se réaliser. C’est quelque chose de solide car c’est voulu par les gouvernements, les parlements et les opinions. Cela plaide en faveur de ce que j’ai appelé le côté “inéluctable” de l’Europe.
Vous dites : “J’estime que nous devrions avoir une politique plus franchement pro-américaine”. Est-il possible pour la France d’être encore plus pro-américaine qu’aujourd’hui ?
Tous nos partenaires sont favorables à une politique pro-américaine. La France est le seul des pays de la Communauté qui réclame son indépendance. Je suis pour cette indépendance mais il faudrait que les autres pays soient d’accord. Les Allemands, les Italiens et les autres n’ont qu’une idée : suivre les Américains. La France seule ne pourra pas réaliser son rêve d’indépendance.
Il y a quelques mois, le Commissaire au Plan Henri Guaino a été limogé pour avoir établi un rapport affirmant qu’il y avait sept millions de Français en situation d’exclusion sociale ou de grande précarité. Pour votre part, vous estimez le nombre “d’exclus” à trois millions. Sur ces trois millions, vous jugez qu’un quart de ces gens, “qui se plaisent sans domicile fixe”, est “irrécupérable” tandis qu’un autre quart “vit grâce aux prestations sociales et surtout, grâce au travail au noir”. Cette vision des choses n’est-elle pas un peu anachronique ?
Un quart de ces trois millions sera toujours chômeur. Pas pour en profiter mais ce sont des personnes qui sont inaptes au travail. Ensuite, il y a 800.000 à un million de personnes pour lesquelles c’est un métier d’être chômeur. Le système est le suivant : ils travaillent six mois puis se font licencier. Ils ont des allocations élevées pendant deux ans et ils font du travail au noir. Les véritables chômeurs ce sont les jeunes et surtout les gens entre 45 et 50 ans. Quand on est licencié à cet âge-là, on a du mal à retrouver un emploi. Ce sont de véritables chômeurs à plaindre.

Propos recueillis par Christian Authier

“D’une République à l’autre : Entretiens sur l'histoire et sur la politique”,
entretiens avec Christian Delacampagne, éditions Plon, 182 p. 

 

 

 Maurice Faure récemment chez lui à Cahors

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tête à tête entre deux retraités de la politique lotoise et cadurcienne .Il va sans dire que je ne me compare pas à Maurice Faure.J'ai travaillé avec lui , j'ai fait de la politique  pendant un demi siècle mais nous ne boxions pas dans la même catégorie.Je dis cela pour Pierre Mar....qui m'a gentiment charrié ce matin.Marc BaldyP1000275Faure21janv12.jpg

 

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avec le ministre Leotard, Charles, Chastagnol Juski Maurice Faure, Baudis à Parnac

 

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au Foyer Valentré M.Faure et René Noyer de dos.C'est le départ de rené Noyer de la concession Renault.

M.Lévy PDG et Patrick Faure sont dans la salle.De G à droite Le Préfet MLeblond Martin Malvy,

Bernard Charles, Marc Baldy;, Gérard Miquel

 

 Des dizaines de Cadurciens se sont regroupés sur le parvis de la cathédrale.

Des dizaines de Cadurciens se sont regroupés sur le parvis de la cathédrale.

François Hollande a retracé le parcours de Maurice Faure non sans humour.
François Hollande a retracé le parcours de Maurice Faure non sans humour.

 Photos La Vie Quercynoise

 

 Photo 1 / 3: description indisponible

 

 



06/03/2014
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