1004-Revue de presse du Nouvel An 93 posts

Bon courage !


Les vœux. C'est l'exercice le plus agréable, le plus léger qui soit. Il suffit, pense-t-on, de les exprimer avec un sourire optimiste et de dire «bonne année». Tout le monde ou presque s'y adonne au dernier soir de l'an, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de bonheur.


Mais comment parler précisément de bonheur à un peuple pessimiste qui doute de son destin ? Comment se faire entendre dans le brouhaha que font les marmitons du déclin ? Même les huîtres ont un goût amer, le foie gras un goût de cendres, et les convives n'ont plus de goût à rien.


Bon courage, Monsieur le Président !


Dix-neuf mois au compteur de François Hollande. C'est bien trop court pour être raisonnablement jugé sur son action. Mais c'est assez long pour être accusé de toutes les misères du pays.


Lui qui rêvait d'une France apaisée affronte depuis l'automne ces jacqueries et ces corporatismes qui braillent, comme toujours dans l'Histoire, la vieille rengaine des impôts trop lourds.


À ceux-là, François Hollande ne peut même pas opposer les résultats de sa politique. Les déficits n'ont pas été comblés. Son pari - courageux à moins qu'il ne soit téméraire - d'inverser le cours du chômage paraît à tous bien compromis, même s'il garde un infime espoir d'y parvenir prochainement. Les contraintes économiques et financières sont plus têtues encore qu'il ne les avait évaluées.


Beaucoup, sans même attendre les vœux présidentiels de ce soir, ont déjà rédigé leurs commentaires. Ils diront que le message est un peu court. Mais les prestidigitateurs de la droite et les camelots de l'extrême doivent se mettre en tête que l'avenir de la France ne se joue pas au bonneteau ni aux tours de passe-passe.


Dans l'esprit du Président, les premières années de son mandat devaient être celles de la sueur - au moins ne s'est-il pas trompé. Plus tard viendra le temps de redistribuer aux Français le fruit de leurs efforts. En tout cas, 2014 ne sera pas l'année du miracle. La multiplication des pains exige, comme on le sait, qu'il y ait suffisamment de sacs de farine et de bois dans le four. On repassera. Il reste encore beaucoup de pain sur la planche.


Du coup, les vœux 2014 ressembleront étrangement aux vœux 2013: lutter toujours et encore contre le chômage, rechercher toujours et encore du levain pour gonfler la croissance.


Convaincre les Français qu'il leur faut (encore) attendre est une gageure. Pourtant, la volonté politique du Président est indéniable, il lui manque surtout un accent d'autorité. Ces vœux lui en donnent l'occasion.


Jean-Claude Souléry
Excellent Edito du jour de La Dépêche du Midi



31/12/2013
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