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L’édito de Bruno Jeudy. Face à l’amer

Retrouvez l'éditorial de Bruno Jeudy, directeur délégué de « La Tribune Dimanche ».
 

Bruno Jeudy

Chaque semaine, Bruno Jeudy fait le point sur l'actualité.

Chaque semaine, Bruno Jeudy fait le point sur l'actualité.

LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI

 

Résignés plutôt qu'en colère ? Difficile de jauger l'humeur des Français après un été morose aux antipodes de la folie des JO de Paris 2024. Point de parenthèse enchantée cette année mais une cascade de mauvaises nouvelles : plan de rigueur du gouvernement ; barrières douanières de Trump ; explosion de l'antisémitisme et famine à Gaza ; sans compter la guerre en Ukraine.

 

La semaine qui s'ouvre va coïncider avec celle de la rentrée économique et sociale. Une rentrée placée sous le signe de l'inquiétude dans une France confrontée à une spirale négative : investissements au ralenti, remontée du chômage, hausse des taxes douanières. Les paroles de la chanson de Gilbert Bécaud « C'est en septembre Que mon pays va respirer. C'est en septembre Que l'on pourra vivre pour de vrai » doivent résonner ironiquement aux oreilles de François Bayrou dont les annonces budgétaires (année blanche, suppression de deux jours fériés, gel des pensions) ont soulevé une vague d'indignation... sur laquelle surfent partis d'opposition, syndicats et, surtout, ce mystérieux mouvement Bloquons tout le 10 septembre lancé sur les réseaux sociaux.

 

Faut-il craindre la paralysie du pays sept ans après le mouvement des gilets jaunes ? Sur le papier, beaucoup de conditions semblent réunies pour un embrasement de l'hexagone avec l'impopularité record du Premier ministre et du chef de l'Etat, ainsi que les sacrifices importants demandés aux classes moyennes et aux plus modestes. Les Insoumis sous la houlette d'un Jean-Luc Mélenchon qui retrouve des accents guevaristes et le syndicat Sud sont prêts à souffler sur les braises du mécontentement. Prudentes, la CGT et FO temporisent avant d'appeler au blocage. Bref, la grève générale devrait rester à l'état d'éternel mirage gauchiste.

 
 

La crainte du déclassement

Les Français semblent, eux, davantage gagnés par la peur et l'indécision que par une humeur belliqueuse. En témoigne le taux d'épargne qui n'a jamais été aussi élevé depuis 45 ans. Cette frilosité peut se comprendre tant la crainte du déclassement individuel et collectif habite l'esprit de beaucoup de nos compatriotes qui ont adopté le conseil de Benjamin Franklin : « N'apprenez pas seulement comment on gagne, apprenez aussi comment on épargne. »

 

Et puis, l'expérience des violences qui ont accompagné les gilets jaunes leur fait penser que les effets de la colère peuvent être beaucoup plus graves que les causes de celle-ci. Cependant, s'ils ont conscience de la nécessité de mesures d'économie et des risques engendrés par un endettement incontrôlé, ils n'en restent pas moins attachés à leurs avantages sociaux. La suppression de deux jours fériés, le tour de vis sur l'assurance chômage passent mal dans une nation shootée à la dépense publique et à la générosité de l'État providence. C'est ce qui explique le refus de cette potion amère.

Dos au mur, François Bayrou va jouer un premier va-tout ce lundi. Il veut convaincre les Français de l'ampleur (44 milliards) des efforts à réaliser. Prêt à faire des concessions sur les modalités, il compte mettre devant leurs responsabilités dirigeants syndicaux, patrons et chefs de partis. Pour un baroud d'honneur ou un ultime sursaut national avant la présidentielle de 2027.



24/08/2025
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