L'UNIVERSITE DE CAHORS,400 ans d'effervescence,de bistrots pleins et de librairies prospères..

L'histoire de l'Université de Cahors est mal connue.Il ne reste guère qu'une rue de l'Université pour en rappeler le souvenir! Et pourtant! elle en fit couler de la salive et de l'encre!

Chacun sait cependant qu'il s'agit d'une création  pontificale et qu'elle est due au pape cadurcien Jacques Duèze,Jean XXII ,dont la ville a donné le nom à "la petite Barre".La bulle pontificale de création a été promulgée en Avignon,vers la fin de sa vie,en 1331.Il en rédige les statuts fin 1332.

                               chapelle,tour  et collège des jésuites(au début du XXème siècle)

Elle comporte 4 facultés dispersées dans la ville,dans les couvents notamment:la faculté de théologie,la faculté de droit,la faculté de médecine la plus modeste,et la faculté  de philosophie.A peine née,la guerre de cent ans fit ses ravages et l'université vit difficilement éclatée en divers lieux

En 1360 Cahors et le Quercy deviennent Anglais au traité de Brétigny(1360) mais 7 ans après,Cahors se soulève contre les Anglais qu'elle chasse.Les désordres et les réorganisations se succèdent. La seconde moitié du XVème siècle constitue l'âge d'or de l'université de Cahors qui voit de nombreux étudiants affluer.Rapidement cependant le manque de crédits de fonctionnement,la mauvaise gestion, les abus,le laxisme,et la décadence la gangrennent .Trois collèges (St Nicolas ou Pellegry,de Rodez,St Michel)fonctionnaient quand un quatrième(du Quercy) est crée en 1570.

Les guerres de religion achèvent de ruiner cette université provinciale.Le 29 mai 1580,Henri de Navarre prend cette ville catholique qui est pillée, mise à sac.En 1604 le collège du Quercy est confié aux Jésuites.

Au XVIème siècle d'illustres professeurs ou étudiants  venus de fort loin,d'Anjou,d'Aquitaine,d'Auvergne d'Aragon parfois,font la gloire de cette pauvre université:François Roaldès(professeur),Olivier de Magny,Guillaume du Buys,Hugues Salel(poètes).Au XVIIème siècle mentionnons Antoine  et François Dadine d'Hautesserre,juristes,Marc Antoine Dominici,François de Salignac de La Mothe Fénelon.Beaucoup ont laissé leur nom à une rue,un cours ou une place de Cahors.

Il semble toutefois  qu'à la fin du XVIIème etqu'au XVIIIème siècle on "bradait" un peu les diplômes....et on se livrait au trafic des grades.Certains ne venaient que quelques jours pour obtenir leur graduation.L'effectif total des quatre facultés ne dépasse plus 350 à 400 étudiants.Ceux  ci animent la ville et se montrent plus dans les tripots et cabarets et dans les armureries que chez les libraires.La vie du chef lieu en est souvent perturbée la nuit.

De nouveaux bâtiments  furent nécessaires au XVIIème.Les maçons Joseph Baldy,Jean Bach,et Michel Roudié les construisirent en pierre de Cieurac entre le boulevard,la rue Clémenceau,la rue de l'université et la rue Bergougnioux.Les travaux  poseront de difficiles problèmes et ne seront terminés qu'en 1680.Ils ont duré 19 ans et le résultat n'est pas terrible...à peine terminés, les bâtiments sont en ruine!...

 Las,après maintes querelles,et procédures(il semble bien qu'à Cahors on sache faire),par édit royal du 24 mai 1751,à compter du 18 octobre,l'université pontificale de Cahors est transférée à Toulouse  où existe une université royale.Les jésuites sont accusés d'avoir comploté à cet effet avec les toulousains.Les étudiants,peu nombreux à cette époque viennent en grande partie du Quercy et du Rouergue,le prestige a disparu.Ce ne sont pas des jeunes gens des catégories sociales supérieures mais des couches sociales moyennes supérieures,or,l'esprit royal du temps est plutôt tourné vers l'élite...

L'aventure aura duré 4 siècles.

                             



16/02/2006
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