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LE FAIT DU JOUR POLITIQUE

Bayrou, dans le piège de l'opinion

L'étape 1, celle de la pédagogie auprès des Français, n'a pas fonctionné. Le Premier ministre veut désormais forcer les partis à assumer leurs responsabilités.

Cécile Cornudet (Dessin de Kim Roselier pour « Les Echos »)

Par Cécile Cornudet les ECHOS

 

Publié le 24 août 2025 à 17:03

Subir la chronique d'une chute annoncée ne lui ressemble pas. Ce lundi, François Bayrou prend l'initiative, lance la rentrée avant qu'elle ne le rattrape et organise une conférence de presse. Pour alerter l'opinion sans doute. Il l'a fait en avril, l'a refait en juillet puis a publié des vidéos en août. Les Français doivent être conscients de la gravité de la situation financière du pays, préalable indispensable à des décisions budgétaires difficiles, a-t-il estimé.

Sans obtenir les résultats escomptés. La gravité de la situation a été perçue, la nécessité de faire des efforts beaucoup moins. Au contraire, dans l'opinion, l'inquiétude s'est muée en rejet du budget annoncé, voire en colère. En témoignent les sondages et les échos que provoque l'appel à tout « bloquer » le 10 septembre. Bayrou le pédagogue voulait que l'été permette aux Français, et partant aux partis, d'ouvrir les yeux et d'accéder à une forme de responsabilité. L'été a surtout chauffé les esprits.

L'opération menace désormais de revenir en boomerang. Si l'opinion a joué, c'est dans le sens inverse à celui espéré. Elle n'a pas poussé les partis à la sagesse, ou du moins au dialogue avec le Premier ministre. Elle a lancé une course à la radicalité.

Sonder les forces politiques

 

Avant même de savoir si le 10 septembre mobiliserait, Jean-Luc Mélenchon a embrayé, et derrière lui le PS, que François Bayrou voit pourtant toujours en interlocuteur privilégié. Impossible de compter sur le RN, seul le PS peut éviter la censure, pense-t-il. Mais les élections municipales arrivant, le PS ne veut pas passer à côté d'un mouvement citoyen : Olivier Faure propose de « l'accompagner », tandis que des personnalités d'habitude plus modérées, comme Philippe Brun, Karim Bouamrane ou Stéphane Le Foll haussent le ton. LFI annonce déjà la censure, le PS construit le discours qui conduit au même résultat.

 

L'opinion n'ayant pas été le levier escompté, François Bayrou passe donc à une nouvelle étape. Il veut créer un électrochoc, renvoyer aux partis la responsabilité de leurs actes. « Je veux remettre les choses en place sans ambiguïté et envoyer un message de mobilisation et de responsabilité », dit-il dans « La Tribune dimanche ». Un plan d'économies à 44 milliards d'euros ? A eux de trouver les moyens de le mettre en oeuvre.

Avant l'été, le Premier ministre voulait une consultation des Français sur le diagnostic posé, désormais, il envisage de sonder les forces politiques. A elles de montrer qu'elles feraient mieux. « Le narratif de Donald Trump aurait pu, par contraste, amener les Français à une forme de gravité : c'est l'inverse, il a embarqué citoyens et partis dans un relativisme généralisé, plus rien n'a d'importance », se désole un conseiller. Bayrou a-t-il les armes pour stopper le « grand n'importe quoi » ?

Cécile Cornudet

 

 

 



25/08/2025
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