941-Au bistro de l'océan 62 posts

             

 

Le bistro, hier, était triste, malgré  le soleil, l'océan bleu vert et le petit vent marin qui a fait sortir beaucoup de coques.Le thon rouge est revenu à l'étal des pêcheurs du port très achalandés, à celui notamment qui vient de Bayonne.Le café est exquis, les petits blancs et les rosés de Gascogne défilent au comptoir...Mais nous sommes tristes Charlie est mort.

 

Charlie, le voisin natif d'Aire sur l'Adour chaque matin de vacances amenait Peyo son petit fils dans sa tournée qui le conduisait au magasin de la presse et chez le meilleur boulanger du coin.

 

Tout au long de la promenade il lui révélait quelques secrets.Charlie aimait le rugby, celui des villages.Il aimait les palombes qui reviennent chaque année.Pendant un mois ou deux il préparait ce retour avec tous ses copains en reconstruisant ou en améliorant les tunnels conduisant à la palombière....Il fallait des jours et des jours, une vraie science et un bon coup de fourchette.Hier après midi devant la lourde église romane d'Aire sur l'Adour écrasée de soleil, un de ses copains portait sa chemise:"palombes passion".

 

Charlie aimait la corrida.Non pas celles d'aujourd'hui qui font crier quelques parisiennes en vacances, celles d'hier: de Vic à Pentecôte ou de La Madeleine  à Mont de Marsan, Céret ou Pampelune, les corridas "toristes" avec d'énormes toros sauvages qui vont 3 ou 4 fois à la pique et qui poussent sur le cheval.Il aimait les toros au point de les peindre avec talent.Il m'a appris, comme à Peyo, qu'un Cebada Cago, celui qu'il m'a offert et qui orne mon séjour, ce n'est pas la même chose qu'un Miura ou un Fuentes Ymbros...

 

Charlie aimait la chasse et la pêche au bord de l'Adour.Non pas pour tuer des quantités d'oiseaux ou de poissons mais pour admirer les animaux et ne pas perdre le geste du chasseur que furent nos ancêtres.Charlie l'aturin aimait la Tradition.

 

Il est parti non sans avoir vu la victoire de François Hollande mais en regrettant un peu le temps jadis où il votait pour François Mitterrand et Henri Emmanuelli son député.D'ailleurs Henri Emmanuelli qui fut premier secrétaire du PS et président de l'Assemblée nationale est allé, en juillet, défendre la chasse aux ortolans chez la ministre de l'écologie.Elle n'a rien voulu entendre, because la directive européenne  "oiseaux", due à tous ces teutons et anglo-saxons armés jusqu'aux dents pour des massacres annuels.Ils ne croient qu'en une seule chose:  "chacun pour soi et Dieu pour tous!!!"

 

Comme Henri Emmanuelli,  le sénateur Carrère, a su rappeler à la ministre Batho avant de claquer la porte que si elle est là c'est parce qu'il y a eu des militants socialistes comme lui, pendant un demi siècle, qu' il faut laisser vivre et mourir les copains de Charlie qui aiment la chasse et les corridas, qu'il sera temps plus tard et ensuite de dénoncer la Tradition et la Solidarité, l'intérêt général et le programme du conseil national de la Résistance.

 

                                                                                                                              Marc Baldy

Abrazo Charlie

Abrazo Charlie sur http://www.camposyruedos.com/

 

Jean-Luc Laboudigue et aux Gascons fiers de l'être,



Entendre les tibles et fiscorns de la cobla cérétane sur le Paseo du génial Comelade, c'est défier toutes les premières lignes du monde à Gilbert Brutus ou Aimé Giral, le poing serré sur le cœur et dire : « Nous, les Catalans… »
Entendre les gaïtas de Bilbao enroulant la pose des banderilles sur des aurochs magnifiques dans des ruedos gris austère, c'est traquer à la rame la baleine à travers houle et tempête jusqu'au Saint-Laurent et la harponner enfin de sa main en disant : « Nous, les Basques… »
Quand j'ai entendu la flûte qui rythmait le pas du banderillero face à ces bestiaux lusitaniens dignes des plus spectaculaires bas-reliefs crétois, mon cœur et mes tripes ont enfin senti l'intense brûlure amoureuse que ma terre porte à la bravoure, à la force, à la beauté du combat et l'amour du défi. De la pinède infinie aux Pyrénées en passant par les collines de Chalosse, tout ici chantait le courage des combattants de l'arène et la rude tendresse des gens de chez nous. Immense témoignage et superbe initiative que seuls les couillons ignares et autres peuilloutres gênés d'être nés quelque part ont sifflé comme un outrage à l'accent qui roule, au cancanement des oies, à Rachou de Mouscardes, à la morsure sucrée du Floc, au quillet du Guit de Montfort, au souvenir de notre ami Charlie Couralet, au toupin de garbure fumant, à la souche de chêne dans la cheminée, au pin tenant tête au vent de l'Atlantique, à la cloison nasale tordue de tous ceux qui ont trébuché devant « Fédérale » et aux arcades gonflées de ceux qui serraient les dents pour mieux encaisser les tampons barbares du regretté Lansaman.

Voir ces tíos lusitaniens galoper dans ce ruedo coincé entre le Gave et les Pyrénées, couilles en avant et tronche sauvage au vent, nuages accrochés aux pitones, prêts à péter comme des brutes dans tout ce qui leur cache la vue sur l'horizon ; les regarder ainsi s'éclater de bonne grâce le groin sur les petos dans des tercios hommages à l'art de piquer au son de la douce ritournelle de notre valeureuse Gascogne, c'était comprendre que cette terre avait enfin trouvé le moyen d'éclater aux yeux de notre monde et d'affirmer crânement, menton haut, œil vif et moustache du fier mousquetaire : « ¡Que soy! »

« Approche, Bertrandou le fifre, ancien berger ; / Du double étui de cuir, tire l'un de tes fifres, / Souffle et joue à ce tas de goinfres et de piffres / Ces vieux airs du pays, au doux rythme obsesseur, / Dont chaque note est comme une petite sœur, / Dans lesquels restent pris des sons de voix aimées, / Ces airs dont la lenteur est celle des fumées / Que le hameau natal exhale de ses toits, / Ces airs dont la musique a l'air d'être un patois ! […] Écoutez, les Gascons… Ce n'est plus, sous ses doigts, / Le fifre aigu des camps, c'est la flûte des bois ! […] C'est le lent galoubet de nos meneurs de chèvres !… / Écoutez… C'est le val, la lande, la forêt, / Le petit pâtre brun sous son rouge béret […] Écoutez, les Gascons : c'est la Gascogne ! »

Ces mots de Cyrano à ses cadets aux portes d'Arras, fils de Fébus ou d'Arnaudin, joueur de flûte, aficionados de Gascogne, je vous les dédie.
 
 
Charlie (23 juillet 1936 - 23 juillet 2012),

Je te tenais la main au milieu de cette foule calme qui attend les toros. Nous déambulions lentement dans les allées toutes vertes qui courent à la plaza de toros de Dax. J'étais minot, bien habillé par maman ; tu lui avais dit qu'il fallait toujours être bien habillé pour une corrida. Nous devions penser aux mêmes choses, j'en suis certain, et elles se résumaient en quatre lettres : t, o, r, o.
Devant les arènes, il y avait des étalages de bouquins, de revues, d'affiches. Tu t'arrêtais bien devant et tu cherchais, tu fouillais. Tu savais ce que tu voulais. Je savais ce que tu voulais. Nous voulions la même chose. Des toros ! Des toros en couverture, des toros en photos à l'intérieur, des toros au campo. Des toros ! Notre revue préférée, c'était Aplausos, avec cette cabeza en haut à droite et ses clichés pris dans le violet du printemps andalou et… Miura. Les premiers que j'ai vus, c'était là, dans Aplausos avec ma main dans ta main. Tu me montrais comment ils étaient faits, tu m'expliquais que leur morrillo il était foutu comme ça, pas comme chez les autres, et que la papada, ben il n'y en avait pas. J'étais à la messe, j'en avais plein les yeux des miuras.
Après, on devient grand. 
Après, on ne tient plus la main de personne quand on va aux toros. 

Après, je vous ai regardés me rejoindre à Vic, à Bayonne, à Bilbao, à Pamplona. Tous les deux, toujours, ensemble. Quelqu'un m'a dit il y a peu que votre présence était rassurante, ou comme une évidence. Je n'aurais pas dit mieux et c'était plus pour moi : deux mains qui ont fait de moi un homme, à votre image, à lui et à toi — je le souhaite de tout mon cœur peiné.

Aujourd'hui, San Fermín console sainte Madeleine et, chez Miura, à « Zahariche », j'entends que les toros hurlent au vent, aux pierres et aux lézards qu'ils sont un peu plus orphelins.

Adichat's Charlie…
 


 
 
 
 
 

publié par Laurent Larrieu

 

 

 

 

 

 

 

 

Lescarret a fait ses adieux à Bayonne

C'était la der pour Julien Lescarret

C'était la der pour Julien Lescarret (Lapegue Bertrand)

Ce samedi soir, le matador Julien Lescarret, dans sa dixième et dernière année d'exercice, a fait ses adieux à la place basque, son port d'attache. Il n'a pu triompher face aux toros de Cebada Gago: salut au tiers à chacun de ses adversaires.La moitié des 9000 aficionados était en rose et béret (petit béret coquin pour les femmes très nombreuses) afin de montrer aux vingt militants anti corrida qu'ici nous avons des traditions.  
 
   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



26/07/2012
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