828-Lettre de Grèce 7 posts/ Chronique de Roland Hureaux

CHER MARC ICI JOINT UN COURRIER
QUE JE RECOIS D UN DES MIENS AMIS GREC
SIGNE D UNE PLUME CELEBRE
IL FAUT JE CROIS PORTER ATTENTION A CETTE APPROCHE
 
SALUT ET FRATERNITE
LECTEUR ASSIDU  DE TON BLOG
 
PACO
 
Je publie cette lettre avec plaisir.Les hebdos de la semaine comme la presse quotidienne s'étonnent et s'inquiètent des retards de l'Europe à voler au secours de la Grèce, membre de l'Union Européenne.Marianne tape fort et constate que les néolibéraux sont plus tendres avec l'Irlande qui ne va guère mieux que le Portugal et la Grèce mais constitue un paradis fiscal.L'éditorialiste se désole de la piètre image que donne l'Union Européenne dans cette affaire,de l'intransigeante Madame Merkel au  président hectoplasme Van Rompuy .Où va l'Europe,ce rêve brisé?
Pour le directeur de Marianne Athènes et Lisbonne sont des villes africaines....Nous ne sommes pas loin du jugement de Mikis Théodorakis!
                                       
                                                                            Marc Baldy
 
 
PRÉSAGE DE GRANDES CATASTROPHES

  Mes chers amis,

Avec le bon sens dont je dispose, je ne peux pas expliquer et encore moins justifier la rapidité à laquelle notre pays a chuté par rapport au niveau 2009 au point où nous perdons une partie de notre souveraineté nationale au profit du FMI et sommes placés sous tutelle.


Et il est étrange que personne, jusqu' à présent, n' ait fait la chose la plus simple, c' est-à-dire, remonter le cours de notre économie à partir de là jusqu'  à  aujourd 'hui , avec des faits et des chiffres, afin que nous, les non-initiés, puissions comprendre les véritables raisons de cette évolution vertigineuse et sans précédent des événements qui a entraîné la perte de notre indépendance nationale accompagnée d' une humiliation internationale.


J' ai entendu parler d'une dette de 360 milliards, mais en même temps je vois que beaucoup d' autres pays ont les mêmes dettes ou en ont de plus grandes encore. Celle-là ne peut donc pas être la raison principale de notre malheur. Ce qui me dérange également, c' est l' élément d' exagération dans les coups portés à notre pays au niveau international; avec une telle action hautement concertée contre un pays financièrement insignifiant, ceci devient suspect. Je suis donc venu à la conclusion que certaines personnes nous font honte et peur, afin de nous amener au FMI qui est un facteur fondamental de la politique expansionniste des Etats-Unis. Tout le discours sur la solidarité européenne n' a été que de la poudre aux yeux, afin de dissimuler le fait qu' il s' agit clairement d' une initiative américaine qui vise à nous plonger dans une crise financière largement artificielle, afin que notre peuple vive dans la peur, devienne encore plus pauvre, perde des réalisations et conquêtes précieuses et enfin se mette à genoux, consentant à être dominé par des étrangers. Mais à quoi tout cela sert-il? Quels sont les projets à réaliser, quels sont les objectifs à atteindre?


Bien que j' ai toujours été et que je sois encore un partisan de l' amitié gréco - turque, je dois dire néanmoins que je suis effrayé par le renforcement soudain des relation entre nos deux gouvernements, les réunions des ministres et autres fonctionnaires, les déplacements à Chypre et la visite de M  Erdogan . Je soupçonne que, derrière tout cela se cache la politique américaine et ses plans suspects au sujet de notre position géographique, l' existence de gisements sous-marins, le régime de Chypre et la mer Egée , nos voisins du Nord et l' attitude arrogante de la Turquie; des plans jusqu' à présent déjoués seulement par la méfiance et l' opposition du peuple grec.


Tous autour de nous ont déjà plus ou moins pris le train US en marche. Nous avons joué la seule note discordante, nous qui, de la mise en place de la junte et la perte de 40% de Chypre à nos relations étroites avec l' ARYM (Skopje) et les ultras nationalistes albanais, avons reçu des coups en continu, mais ne sommes toujours pas devenus "raisonnables".


Par conséquent, nous devons être supprimés en tant que peuple, et c' est exactement ce qui arrive aujourd'hui. J' invite les économistes, les politiciens et les analystes à me prouver le contraire. Je crois qu' il n' y a d' explication plausible autre que celle qu',il y a un complot international, avec la participation des Européens pro-américains, comme Merkel, la Banque Centrale européenne et la presse réactionnaire internationale qui ont concocté leur "grand coup", afin de réduire une nation libre en esclavage. Tout au moins, personnellement, je ne peux trouver aucune autre explication. Je reconnais cependant que je n' ai pas de connaissances spécifiques et que mes mots ne reposent que sur le bon sens. Mais peut-être y a-t-il beaucoup d' autres gens qui sont venus à la même conclusion , et nous le verrons dans les jours à venir.


En tout cas, je tiens à préparer l' opinion publique et à souligner que si mon analyse est juste, alors la crise financière (laquelle, comme je l' ai dit, nous a été imposée) n' est pas plus que la première boisson amère dans la fête somptueuse qui va suivre et que cette fois-ci on touchera aux questions nationales si vitales que je ne souhaite même pas imaginer où cela nous conduira.


J' espère que je me trompe.

Athènes, 27/4/2010

Mikis Theodorakis

Dessin du jour : Cas d'école ...

dessin de Delize yahoo cartoons


Les Grecs sont accusés d’avoir menti pour entrer dans l’euro. Peut-être. Encore qu’ils ne doivent pas avoir été les seuls. Ce qui est sûr, c’est que, de langue de bois en optimisme de commande, d’ignorance des problèmes économiques en volontarisme politique, presque tout le monde, dans le suivi de la crise grecque, ment ou en tous les cas  parle  à tort et à travers.  

Premier mensonge : se focaliser sur les déficits publics  grecs. Ils sont assurément un problème, un peu plus grave en Grèce que dans d’autres pays - un peu plus seulement-  mais ce n’est pas le problème principal. Le problème principal de la Grèce, c’est  le différentiel  d’inflation entre elle  et les autres pays de la zone euro, singulièrement l’Allemagne, qui s’est creusé depuis dix ans, à hauteur de  30 à 40 %, et qui fait qu’ aucun produit grec, même les olives, n’est plus compétitif. Si ce problème n’est pas résolu, les prêts du FMI ou de l’Europe n’alimenteront  que le tonneau des Danaïdes. Ce n’est pas de 5 ou 10 % que les Grecs devraient  se serrer la ceinture pour  retrouver  leur compétitivité, c’est de 30 à 40 %. Aucun  pays ne l’a jamais fait, ils ne le feront pas.

Deuxième mensonge – ou erreur : affirmer, comme l’ont fait à peu près tous les gourous, consultants internationaux et autres augures depuis deux ans que la Grèce ne saurait sortir de l’euro parce que c’est juridiquement impossible ou techniquement très difficile. Aussi absurde que d’aller dans un hôpital et de dire : tel malade ne saurait mourir parce que sa mort serait  illégale ou parce que cela poserait trop de problèmes à sa famille !

On dit aussi : en tout état de cause, la sortie de l’euro et la dévaluation qui s’en suivra seraient encore plus pénibles pour les Grecs que le régime de rigueur que l’Europe tente de leur imposer. En un sens, c’est vrai. La dévaluation suppose que les prix des produits importés vont augmenter de 30 ou 40 % et que donc les Grecs devront  se serrer la ceinture. C’est  un fait : toute dévaluation est douloureuse. Avoir une monnaie surévaluée, c’est  vivre au dessus de ses moyens ; dévaluer c’est remettre les pieds sur terre. Il est vrai  aussi qu’une dévaluation, pour réussir,  doit s’accompagner de mesures de rigueur. Mais  il y a une différence. Le plan de rigueur actuel ne mène à rien. D’abord parce qu’il est insuffisant, ensuite parce qu’il en traite pas le problème au fond : la Grèce ne devenant pas plus compétitive, n’aura toujours rien à vendre pour rembourser le prêts qu’on lui consent et ne fera donc que s’enfoncer. En revanche, une dévaluation,  pour douloureuse qu’elle soit, remettra  le pays sur la bonne voie pour se redresser. Ce redressement  n’est  certes pas automatique mais au moins, il  est possible, alors que dans le premier cas, il ne l’est pas.
C’est  sans doute parce que les Grecs ressentent l’inutilité de leurs efforts qu’ils ne sont pas décidés à les faire. Les manifestations de mécontentement dans les rues d’Athènes ne cessent pas. La communauté internationale fait semblant de croire que les plans de rigueur promis par M.Papandréou ont une once de crédibilité. Pour qui nous prend-t-on ? On invoque le cas de la Lituanie. Mais celle-ci n’était pas dans l‘euro, elle pouvait donc se sacrifier avec quelque espoir que ça serve à quelque chose. Cela a-t-il d’ailleurs servi ?

Enfin, tout aussi mensongère est la rhétorique de l’ « aide à la Grèce ». Tout juste si on ne lance pas un appel au public pur qu’il verse à la Croix Rouge ! Les Français sont généreux ; 60 % d’entre eux  approuvent l’aide à la Grèce. Les Allemands, eux ne le sont pas : 80 % refusent cette aide, même s’ils doivent être les premiers perdants d’un éclatement de l’euro (et nous les premiers gagnants !). Mais tout cela est parfaitement fallacieux : l’aide financière à la Grèce, qui est d’ailleurs un prêt à taux conséquent, pas un don, n’a rien à voir avec l’aide que l’on peut apporter à un pays victime d’une catastrophe. Si nous n’aidons pas les Grecs, ils ne s’en porteront pas plus mal ; au contraire, ils feront  plus vite défaillance et on sait que les seules dettes qui coûtent sont celles que l’on rembourse, pas celles que l’on ne rembourse pas. Comme on ne saisira pas leurs îles, ni le Parthénon, quoi qu’en dise la presse allemande, ce sera tout bénéfice pour eux. Et si nous les aidons, ce sera pour enrichir un peu plus les spéculateurs qui ont joué les usuriers auprès d’un pays en difficulté.
 
Il est temps que,  dans ce concours de mensonges et de sottises, les commentateurs reviennent aux réalités. Les faits ne tarderont pas à les y contraindre.

Roland Hureaux chroniqueur associé de marianne2.fr
















01/05/2010
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