716-Protectionnisme intelligent, c'est un gros mot? 2 posts


dessin de chimulus,dessinateur de presse

Protectionnisme intelligent, c'est un gros mot ?

par l'Anti Fadas,notre invité du bistro. (Je ne saurais mieux dire)

Qu'y a-t-il de plus nul qu'un économiste ? Deux économistes bien sûr ! Il suffit pour accepter cette évidence d'entendre ou de lire les conneries proférées avec une suffisance méprisante par un connard comme le dénommé Saint-Etienne ce matin sur France-Inter, ou le ci-devant Marseille qui se répand dans toutes les lucarnes à décerveler, les machines à bruits et les torchons de service.

Ce préambule pour en venir au ramdam mené autour de l'accusation majeure proférée contre la France par la Tchéquie je crois (au fait c'est quoi ? C'est où la Tchéquie ?) : PROTECTIONNISME !

Voilà. Le gros mot suprême en Ultralibéralistanie est prononcé !

- Oh ! Victor, t'as pas la gueule écorchée d'oser proférer un tel mot ?
- Ben, non !

A la sortie de la dernière grande boucherie intra européenne, des esprits lumineux, animés par une bonne volonté farouche et une foi à toute épreuve ont jeté les bases de ce qui deviendra l'Union Européenne. L'idée de base était le réconciliation entre la France et l'Allemagne. Mais un des termes essentiels du Traité de Rome était la PREFERENCE COMMUNAUTAIRE. La vision à terme des Pères Fondateurs était, après l'approche économique du Marché commun, d'arriver à une union politique, donc aussi militaire et diplomatique.

Puis les princes qui nous gouvernent ont fait LA connerie rédhibitoire : faire entrer l'Angleterre… Et depuis l'Europe part en couille car les Rosbifs – ils sont comme ça ! – lorsqu'ils entrent dans une structure, ils n'ont de cesse de vouloir soit la dominer, soit la détruire. N'ayant pu dominer l'Europe, ils l'ont vidée de sa substance. Ce peuple de boutiquiers belliqueux a réussi, en quelques décennie à tuer le rêve et à faire de l'Europe un énorme mollusque gras du bide, sans cervelle, sans vision, sans limites. Une méduse flasque. Une zone de marchands de tapis (que la grande vérole les ronge !) où le portefeuille a remplacé le rêve et où les banquiers et autres parasites avides et cupides du même acabit ont imposé leurs vues. Cette Europe-là est dirigée par une aberration démocratique : cette « Commission » de technocrates bornés, élus par personne, à la solde de tous les lobbies mafieux.

- Bon. Victor. On sait que t'aimes pas trop l'Europe ultra libérale, mais tout de même, ça a apporté pas mal de choses non ?

- Bien sûr. L'aurait manqué plus que ça ! Mais l'énorme tare de cette Europe-là, c'est d'avoir refusé – sous la pression des Britichs - l'essentiel de ce qui peut créer un esprit d'identité européenne : la justice et l'égalité entre les divers peuples qui la composent à travers une harmonisation fiscale et sociale ! A la place de ça, les ultra libéraux ( que le tron les cure !) ont institués une concurrence entre pays européens, ont institutionnalisé le dumping social. C'est l'égoïsme national exacerbé, c'est à qui piquera les productions des autres, c'est à qui baisera le plus les travailleurs au nom de la « productivité » pour engraisser une oligarchie de patrons et de financiers véreux, c'est à qui saccagera les plus les acquis sociaux, les services publics, la protection sociale, le bien-être et donc la volonté de vivre ensemble.

- Bon. Et le protectionnisme dans cette histoire, qu'est-ce qu'il devient ?

- Eh bien au lieu de gueuler contre un pseudo protectionnisme intra communautaire comme font les Tchèques, on devrait revenir à ce qui était inscrit dans le premier traité : la préférence communautaire qui implique un protectionnisme intelligent vis à vis de l'extérieur, ciblé à l'échelle non pas d'un pays (grosse connerie !) mais à l'échelle de l'Europe. Vous croyez qu'ils se gênent les Zétazuniens, les Zindiens ou les Chinetoques pour protéger leurs marchés intérieurs ? Ça passe par des normes environnementales, par des secteurs stratégiques interdits, des montagnes de difficultés administratives, mais ça existe.

Et nous, pauvres cons d'Européens, on se laisse dépouiller sans défense, sans stratégie, sans volonté. Cette Europe-là, avec la rage d'un amoureux déçu, je n'en veux pas. Et ils sont très, très nombreux ceux qui n'en veulent plus. Faudra le dire au prochain scrutin et surtout ne pas s'abstenir ! On veut l'Europe. Passionnément, mais pas celle-là !

Tè ! Je vais boire un canon, de tant gueuler, ça me donne une large soif !




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12/02/2009
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