643-L'égalité républicaine 5 posts/ La dérive droitière O.Todd


Martin Malvy a fort bien synthétisé la préoccupation des territoires et des petites villes face à la concentration de la population dans les métropoles au développement mal maîtrisé et, parallèlement le désengagement de l'Etat et des services publics, dans les territoires ruraux.Il a interpelé fermement Hubert Falco et Alain Marleix secrétaire d'Etat à l'intérieur.

Hubert Falco,secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire déclarait récemmentà La Dépêche du Midi:"La desserte des gares secondaires ne doit pas être sacrifiée sans autre forme de procès. Sur cette base, la SNCF étudie donc à notre demande la mise en œuvre d'une des principales propositions du rapport : la création à la charge de la SNCF, d'un TER circulant tous les jours entre Figeac et Toulouse, pendant l'été. Cela permettrait un départ de Figeac en début de matinée en remplacement du train de nuit Paris-Carmaux. En revanche, je ne suis pas satisfait par la proposition de création en semaine d'un TER de fin d'après-midi en substitution des arrêts TEOZ. Je pense que la meilleure solution est de rétablir un arrêt à Gourdon et à Souillac dans ce créneau horaire. J'ai donc demandé à la SNCF de prendre en compte cette option et je crois pouvoir dire que nous allons aboutir à ce qui sera une position équilibrée pour tous."

Hier à Figeac,devant l'Association des petites villes,présidée par Martin Malvy(un millier d'adhérents),il est allé plus loin pour les gares de Souillac et Gourdon :rétablissement de quatre arrêts dans le sens Paris-Toulouse en semaine.
C'est un premier résultat qui réjouit Marie-Odile Delcamp
nouveau Maire de Gourdon et les manifestants de l'association de défense des gares de Gourdon et Souillac qui luttent depuis des mois aux côtés des élus et de la population.Il faut savoir que 15 arrêts ont été supprimés.Pourquoi n'y a t'il pas d'arrêts dans le sens Toulouse-Paris?("Six mois de luttes pour obtenir un arrêt le dimanche soir,vers Toulouse,3 de plus pour obtenir 4 arrêts.Nous continuons." aurait dit le président de l'association).Les parlementaires ont une réunion prochainement avec Jean-François Carenco,ancien préfet de région devenu Dir-Cab du ministre Borloo.

Ce n'est qu'un exemple du sentiment d'abandon qui envahit les territoires les plus éloignés des centres urbains.J'ai pu le vérifier dans un autre dossier,celui du tourisme lors d'une visite récente dans le canton de Souceyrac et au Lac du Tolerme..

Le gouvernement annonce un effort en faveur des campus universitaires dont celui de Toulouse qui a su jouer collectivement.On ne peut que regretter qu'il faille vendre EDF un bijou de famille pour faire face à cet investissement porteur d'avenir.C'est bien nécessaire pour maintenir cette université parmi les plus grandes du monde.Là aussi la voix du président du conseil économique et social s'élève pour faire entendre les besoins de Rodez-Albi-Figeac et Tarbes.En matière d'aménagement du territoire et de service public,l'égalité républicaine doit être respectée.

                                                                             Marc Baldy

Des arrêts de trains rétablis à Gourdon et Souillac
Hubert Falco entouré par Nicole Päulo,Maire de Figeac et André Mellinger Vice-président du Conseil Général.
La concertation entre élus et État au cœur des débats
Martin Malvy sévère avec Alain Marleix,photos DDM


Le Plan campus pour les grandes villes-LIBERATION


Hier, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, annonçait les premiers lauréats du «Plan Campus» : Lyon, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Strasbourg et Montpellier. Comme le gouvernement avait annoncé qu'il voulait concentrer les «5 milliards d'euros» dégagés par la vente de 3 % du capital d'EDF sur une dizaine de sites, quatre autres seront sélectionnés par le jury d'ici à la mi-juillet.

Concentration. L'habillage de l'annonce par la ministre fut très politique. C'est une décision «du président de la République» , a-t-elle martelé. Une «nouvelle étape dans la modernisation de l'Université», qui a été négligée par le passé. Et de vanter la procédure choisie - «un appel d'offres avec des critères publics et un jury international» , loin des «procédures unilatérales et opaques du passé» (et bing sur les plans Université 2000 et U3M lancés par Jospin et Allègre en 1990 et 1998). ....(La) liste indique clairement que le gouvernement a voulu privilégier les grosses universités et, parmi elles, celles qui ont répondu le plus vite à la logique de concentration-
constitution de Pres (pôle de recherche et d'enseignement supérieur) ou de fusion des universités, comme à Strasbourg. Une volonté qui a joué contre les demandes lilloises ou parisiennes (Paris Centre et Saclay), accusés de n'avoir su se concerter. Jacques Erschler, le président du Pres de Toulouse, se réjouit de pouvoir «rénover les bâtiments vétustes du site de Rangueil et du centre-ville, construire 100 logements d'accueil pour des chercheurs, un centre de recherches en nanotechnologies, mais aussi un lieu de débat et de culture scientifiques et un complexe sportif».

Partenaire privé. Mais la présentation ministérielle n'évitera pas les polémiques. Sur l'ampleur réelle de l'effort, d'abord, où une comparaison s'impose. En 1990, le gouvernement avait débloqué plus de 6 milliards d'euros (plan université 2000). Puis, en 1998, le plan U3M dégageait une somme similaire, provenant pour la moitié des régions. Là, 5 milliards sont promis, mais sont pour l'instant limités aux 3,74 milliards recueillis lors de la vente des actions EDF. Surtout, il ne s'agit pas de crédits qui seront distribués tels quels. Placés, ils généreront «environ 200 à 250 millions par an», précise Jean-Philippe Saint-Martin, directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse. Les opérations devront donc être financées par un partenaire privé (banques, Caisse des dépôts…) qui prendra en charge l'investissement initial et les frais de maintenance durant vingt-cinq ans. Puis les bâtiments seront remis aux universités. Ces partenaires seront payés avec les 200 millions annuels... pendant la même période. ...

La concentration des moyens sur une dizaine de sites, alors que plus de quarante demandes ont été faites, a déjà été contestée par la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), qui regrette que «le fossé se creuse toujours plus entre les universités». Et par l'Unef, qui s'inquiète «du devenir des universités des villes moyennes» , redoutant que «l'opération Campus ne soit un moyen autoritaire de restructurer la carte de formation».
Voir l'article complet dans liberation.fr

E.TODD:La dérive droitière du PS accouchée par Laurent Joffrin de Libération



Bertrand Delanoë se prononce en faveur du libéralisme, Pascal Lamy dénonce le protectionnisme. Un virage à droite du PS ?
Emmanuel Todd
: Il faut dépasser le cas Delanoë, qui apparaît décidément comme un homme banal. Quand il s'affiche en tant que socialiste libéral, il se pense comme original il croit qu'il a plein d'audace, comme le titre son livre. Quand Pascal Lamy défend le libre-échange et le capitalisme en général, il croit sans doute être rigoureux et moderne. Mais au-delà de ces perceptions, il existe une véritable dérive à droite des dirigeants socialistes, dérive d'autant plus étonnante qu'elle se produit au moment même où la société leur demande d'effectuer un virage à gauche.
Ce phénomène est mondial : nous venons d'assister au au naufrage de la gauche italienne, avec un leader, Veltroni, qui a trouvé judicieux de jeter le doute, en pleine campagne électorale, sur son appartenance à la gauche. En Allemagne, le SPD a préféré pactiser avec la droite, ce qui a fini par entraîner la création et la percée rapide du Linkpartei. Le phénomène dépasse aussi la classe politique : il est significatif que Delanoë et Lamy qui portent cette dérive droitière ont été accouchés par le directeur de Libération Laurent Joffrin. Quand le Maire de Paris publie un livre, c'est Laurent Joffrin qui l'interviewe et fait la promotion de l'opus. Lorsque Pascal Lamy associe de façon scandaleuse protectionnisme et xénophobie, c'est le même Laurent Joffrin qui choisit, ou en tout cas valide, un titre qui reprend cette association d'idées absurde. Je n'en veux pas plus à Laurent Joffrin qu'à Bertrand Delanoë ou Pascal Lamy, qui sont sincères et consciencieux. Il ne sont que les symptômes d'un phénomène social, politique, pathologique, même. Car il y a quelque chose de frénétique à se droitiser quand toute une société subit une baisse de niveau de vie et une insécurité sociale qui devrait le conduire à gauche.

La gauche est donc en train de suicider ?
Quand on prend un peu de distance, ce spectacle fait surgir une abondance d'images inattendues, comme celle de rats se bousculant pour s'engouffrer sur le navire coulant du capitalisme. Mais la meilleure métaphore est celle du roman de Pierre Boule dont un excellent film a été tiré, le Pont de la rivière Kwaï, dans lequel le rôle de l'officier anglais est joué par David Niven. Un homme si honnête et scrupuleux qu'il s'acharne avec une sorte de rigueur morbide à servir du mieux qu'il le peut les Japonais dont il est prisonnier. Des socialistes, devenus esclaves du capitalisme le plus dur, nous construisent un Pont de la rivière Kwaï. Un pont qu'il faudra bien faire exploser un jour . Car si la gauche continue d'opposer sa dérive droitière à la demande d'une vraie politique de gauche, ses électeurs se tourneront vers la droite extrême, en attendant l'extrême droite. Les élections de Sarkozy et de Berlusconi ne sont peut-être que le premier moment de ce phénomène. Reste que les réactions des responsables socialistes, leur insensibilité à la société a quelque chose de mystérieux et d'effrayant. C'est même un problème anthropologique, presque religieux : je ne suis pas croyant mais on ne peut que se reposer à cette occasion la question du péché originel.

Est à dire que la réaction de Ségolène Royal est la bonne ?
Il y a deux acceptions du terme libéral, libéralisme économique et libéralisme politique. Mais dans la mesure ou la revendication managériale était au cœur du livre De l'audace de Bertrand Delanoë, le concept de libéralisme est bien associé, d'une manière subliminale chère aux publicitaires, à l'idée d'économie libérale. Bien sûr que Ségolène Royal a raison de critiquer Delanoë. Mais cela ne lui donne ni un programme ni une stratégie. Les socialistes ne s'en tireront pas en dénonçant les erreurs que les uns et les autres commettent. La dénonciation du vide ne produit pas du plein.



30/05/2008
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