443Jacques Attali:Le pavé dans la mare

yahoo,cartoons,dessin de Delize


Le Pavé dans la mare

de Jacques Attali

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C'ETAIT une bonne idée de confier à Jacques Attali la présidence d'une commission pour la libération de la croissance. Ce moderne Pic de la Mirandole, illustre bien cette phrase attribuée à Gramsci selon lequel « « Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté. ». Ses premières propositions visent pour l'essentiel à relancer le logement et baisser les prix, en abrogeant les lois contre-productives (Royer, Galland et Raffarin), en mettant place une autorité unique de concurrence et en introduisant dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs. Cette abrogation pourrait conduire à une diminution de 2% à 4% des prix à la consommation et à une augmentation de pratiquement un million d'emplois dans le secteur du commerce de détail et de la restauration. Objectif : déverrouiller notre système économique, en ouvrant par exemple les "professions réglementées" comme les notaires, les pharmaciens ou les taxis et leurs rentes de situation. Sa commission propose de tirer un trait sur les calamiteux échecs des villes nouvelles en construisant « des villes d'un genre nouveau, véritables laboratoires de la modernité urbaine", encourageant la mixité sociale. En matière de logement, la commission propose de construire 500 000 logements nouveaux par an, dont 120 000 logements sociaux. D'où la nécessité de récupérer le foncier nécessaire et d'autoriser l'Etat à exproprier le foncier disponible notamment dans les communes, ne respectant pas les objectifs de la loi SRU en matière de logements sociaux (Même à Neuilly ?). Mais le point sensible c'est sa proposition de supprimer le principe de précaution de la Constitution qui vient tout juste d'être introduit par Jacques Chirac. Qualifiant la proposition de « réactionnaire », la secrétaire d'état à l'environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé qu'il y a « un conservatisme particulier à toujours vouloir voir dans l'environnement une limite à la croissance ». Le débat n'en reste pas moins entier. Le principe de précaution oblige à surseoir à une recherche si ses conséquences en sont douteuses. Or dans l'innovation, il y a nécessairement une part de risque. Le progrès implique l'expérimentation, donc le risque de se tromper. A vouloir éliminer toute prise de risques, on ne peut qu'entraver le progrès. Sinon, aurait-on eu la voiture, Internet, les antibiotiques, sans parler des nanotechnologies ? J.-M.B.

 


 

 


Bouguereau Edito Bonne 90

par Jean-Marcel Bouguereau, rédacteur en chef au Nouvel Observateur et éditorialiste à la République des Pyrénées, pour laquelle a été rédigé cet article

 


14/10/2007
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