A gauche, l’inconnue du 9 septembre
Démettre et après ? Pour la gauche, la chute annoncée du gouvernement Bayrou a tout du saut dans l’inconnu. Prise de court par les annonces du Premier ministre, celle-ci est pour l’instant divisée sur la marche à suivre. D’un côté, Jean-Luc Mélenchon, fidèle à sa stratégie dégagiste, réclame le départ d’Emmanuel Macron, après celui de François Bayrou, et vient de relancer sa procédure en destitution du président de la République. De l’autre, la gauche non-mélenchoniste (PS, PCF, Ecologistes) réunie sous la bannière « Front populaire 2027 » continue de revendiquer Matignon et se dit « prête à gouverner ». Mais avec quelle majorité ? Et sur quel programme ? Si le Parti socialiste entend accélérer la publication de son « contre-budget » dans les prochains jours, la gauche demeure largement minoritaire à l’Assemblée. Même en tablant sur le soutien des Insoumis, elle ne comptabiliserait que 192 députés – quand 289 sont nécessaires pour bénéficier de la majorité absolue. Dès lors, que faire ? Au PS, qui ne souhaite ni dissolution ni démission du chef de l’Etat face au risque de voir le RN l’emporter, la question est loin d’être tranchée. Membre de l’aile droite et opposant à Olivier Faure, le député Philippe Brun défend l’idée d’un accord de non-censure avec le centre, pour permettre à un Premier ministre PS de gouverner. L’eurodéputé François Kalfon a quant à lui mis les pieds dans le plat mardi soir sur LCI : « Si François Bayrou renonce aux deux jours fériés, à certaines niches fiscales, taxe les plus hauts revenus, le PS doit réfléchir ». Une sortie isolée et aussitôt dénoncée par ses camarades. Mais qui illustre les profondes incertitudes qui rongent le PS.
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