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Corruption en France : le ver est dans le fruit
La corruption ne date pas d’hier. L’Histoire nous apprend qu’elle remonte à loin. Elle est inscrite dans la condition humaine. Quel que soit son rang dans la société, quelle que soit sa classe sociale ou sa fortune, quelle que soit la fonction qu’il occupe, quel que soit le pouvoir qui est le sien, le corrompu fait partie de notre monde, il nous côtoie comme si de rien n’était, parfois il ne trouve rien à redire de la situation, la morale et le sens civique ne l’effleurent pas – souvent il profite simplement d’un hasard de la vie qui un jour l’a mis en contact avec un corrupteur.
C’est ainsi que le mal se répand, s’aggrave et gangrène une société où l’appât du gain prévaut sur toute autre considération. Il est des pays parmi les plus pauvres, où la corruption est une façon de vivre : elle permet d’échapper à la misère pour quelques "pesos" de plus ; elle permet surtout aux corrupteurs, souvent des gangs ou des organisations criminelles, d’étendre leurs activités, le plus souvent grâce au silence ou à la complicité des autorités. La puissance des cartels de la drogue s’explique par la transgression des règles et une corruption généralisées qui échappent au contrôle des États. On appelle ça la "mexicanisation".
En France, nous sommes a priori respectueux des règles et des lois, et pourtant, chaque jour, la corruption gagne du terrain. Là encore, le narcotrafic, grâce aux sommes d’argent considérables qu’il manipule, étend son influence sur tout le territoire et se permet de corrompre jusqu’à certains fonctionnaires parmi les plus exposés. "Le ver est dans le fruit", expliquait récemment le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui s’inquiétait notamment d’une "infiltration de l’administration d’État".
L’administration peut-être, mais davantage encore la politique ou l’économie : corrupteurs et corrompus se retrouvent forcément dans toutes les activités humaines, là où, pour faciliter des initiatives, on se laisse aller à tous les arrangements. Que ce soit l’avancement d’un projet immobilier, l’implantation d’une entreprise ou un chantier quelconque, il arrive qu’un "bakchich" en argent ou en nature fasse avancer les affaires plus vite que ne le veut la règle. Que ce soient des petits contournements ou des détournements de fonds publics plus retentissants, des conflits d’intérêts ou des enrichissements personnels, la "triche" est une réalité qui, on le sait, occupe parfois bruyamment notre actualité.
Lutter contre toute forme de corruption devrait être la tâche incessante et prioritaire des États démocratiques, pour peu qu’ils veuillent faire respecter les normes et les règles qui garantissent l’égalité entre les citoyens et structurent une société "civilisée". Mais la nature humaine est ainsi faite que, s’il y a des "incorruptibles", il y a aussi tant de tentations…