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L’écologie en souffrance : l’aigle et le colibri
Quoi qu’en puisse penser Albert Camus, les Sisyphes de l’écologie doivent être bien malheureux en ce moment. Car ce fameux rocher qu’ils poussent pour tenter de "sauver le monde", retombe de plus en plus bas, surtout en ce moment. Un véritable saccage planétaire, d’autant plus révoltant que toutes les conséquences de cette régression sont connues, et commencent à se manifester. Mais les Etats renoncent, abandonnent, reculent, quand ils ne sont pas dans le déni absolu.
Et pas simplement au sujet du changement climatique, mais sur bien d’autres thématiques : on piétine les forêts qui n’ont pas encore brûlé, on inonde de pesticides des régions entières, on mécanise des animaux dans des fermes géantes, on détruit les faunes et les flores primaires, on dévalise les fonds marins, et l’on pompe jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure que recèle la planète, en sachant que l’on extrait du sol notre propre poison.
L’exemple vient de haut. Des États-Unis, particulièrement, managés par Donald Trump. C’est avec une sorte de rage revancharde qu’il annule tout ce qui avait été acquis pour préserver la planète, chez lui et ailleurs. Les USA sont et restent le plus gros émetteur de CO 2 par habitant. "American way of life", non négociable… Les pays qui seront un jour submergés demanderont-ils des comptes à l’Aigle américain ?
Ce qui est désespérant, c’est que l’on semble écouter de ce côté-ci de l’Atlantique, une petite musique du genre : "Ah, ils le font ? Alors pourquoi pas nous ?". Et c’est ainsi qu’en France même, on assiste à un détricotage très discret de mesures qui avaient été acquises de haute lutte, comme l’interdiction des nicotinoïdes. À qui demandera-t-on des comptes quand il n’y aura plus une seule abeille dans l’Hexagone ?
Le hic avec l’écologie, c’est qu’elle demande des efforts, à tous et tout le temps. Que ce soit aux agriculteurs, qui doivent peiner pour produire de manière "raisonnée". Aux industriels souvent accros aux énergies fossiles. Et à nous autres consommateurs, à qui on exige de chauffer moins, de rouler à 80 km/h, de se convertir à l’électrique, de trier ses déchets, d’économiser l’eau… Pas marrant, tout ça. Alors, si par la force des lobbies, la pression des uns et les réticences des autres, on revient en arrière, qui va protester ? Il y a déjà tellement de soucis avec le pouvoir d’achat, la guerre, l’insécurité, alors, les abeilles…
Et justement, c’est là qu’il ne faut pas lâcher. Sans être des "écologistes" encartés et militants, nous avons tous plus ou moins conscience que ce monde est maltraité, qu’il faut que cela cesse, et que chacun peut un peu. C’est une simple question de bon sens. Tentons alors d’être les colibris de la fable de Pierre Rabhi, minuscules volatiles, mais qui font leur part pour éviter le désastre total.