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EN FINIR AVEC LES MILICES D'EXTREME-GAUCHE  (Bruno DIVE)

Emmanuel Macron pouvait partir tranquille à l’autre bout du monde ; ce 1er mai aura offert le spectacle d’un syndicalisme aussi divisé qu’atone et d’une gauche en miettes. Jamais celle-ci n’a été aussi divisée que depuis la période du gaullisme triomphant, dans les années 60. C’était à qui aurait son défilé (ou pas), sa journée de protestation, les uns le 1er les autres le 5, d’autres encore le 30 au soir. Quant aux syndicats, ils ét...aient soit dans la rue, soit au cinéma, soit en conférence de presse, s’ignorant les uns les autres, peut-être pour mieux dissimuler leurs cortèges maigrelets. Au beau milieu d’une grève à la SNCF qui n’en finit pas de s’essouffler, et alors que le cinquantenaire de mai 68 faisait espérer à certains une « convergence des luttes » de plus en plus hypothétique,   ce paysage éclaté ne pourra que confirmer Emmanuel Macron dans sa volonté de poursuivre son entreprise de réforme pour laquelle il a été élu.

Gare cependant à ne pas céder au triomphalisme, ni à la tentation d’une trop grande confiance en soi. Si l’éclatement des oppositions politiques, non seulement entre gauche et droite, mais aussi au sein de chacun de ces camps, a tout lieu de réjouir le pouvoir « en marche », aucun gouvernement ne saurait se satisfaire durablement de l’affaiblissement des syndicats. Quoi qu’ait l’air de penser Emmanuel Macron, le pays a besoin de corps intermédiaires et les syndicats en font partie au premier chef. Et l’impression de l’impuissance syndicale n’aura pu qu’être renforcée au spectacle scandaleux des débordements et des violences qui ont gâché le défilé parisien du 1er mai.

On veut croire que le pouvoir n’a pas laissé agir ces casseurs avec l’idée de discréditer le mouvement syndical, mais que la police a seulement tardé à intervenir pour éviter qu’il y ait des victimes. Quoi qu’il en soit, ces scènes de guérilla urbaine, hier à Paris, il y a quelques jours à Nantes, et qui deviennent systématiques, sont insupportables. Il est inadmissible qu’un millier de casseurs professionnels se promènent d’un bout à l’autre de la France, ici pour mettre de l’huile sur le feu à Notre-Dame des Landes, là pour saccager des universités, ailleurs encore pour polluer des défilés syndicaux. Ce sont l’autorité de l’Etat et le respect de la démocratie qui sont désormais en cause. Il est temps d’y mettre bon ordre et d’en finir avec ces milices d’extrême-gauche.

  

 

CUBA SANS CASTRO Commentaire dans @ladepechedumidi

CE SERAIT TROP BEAU...

...

Cuba sans Castro ! Toute une histoire ! Sans Fidel, c’était déjà difficilement imaginable. Quand son frère Raul lui succéda, on s’en est contenté: après tout, c’était encore un Castro aux commandes, comme toujours depuis le 1er janvier 1959. L’île était ainsi figée dans son socialisme ensoleillé et tatillon, romantique et stalinien, avec ce seul nom d’une fratrie qui la résumait tout entière. La très grande majorité des Cubains, nés après la Revolución, n’a pas connu d’autre líder máximo. Castro, c’était Cuba.Et vive-versa. Désormais, il faudra donc s’y faire, Raul Castro quitte à son tour la présidence, mais sans avoir entrebaillé la porte de la démocratie comme on aurait pu l’espérer. Certes, les Cubains sont libres aujourd’hui de voyager hors de l’île. Une timide ouverture économique autorise l’entreprise privée. Cependant la nature du pouvoir politique n’a pas varié, le Parti communiste en détient tous les leviers. L’opposition, toujours réprimée, reste l’otage des Etats-Unis qui la financent, et n’est jamais parvenue à formaliser un projet politique cohérent. Avec ou sans Castro, l’île demeure castriste.

Miguel Diaz-Canel, le nouveau Président, ne bouleversera pas grand-chose, tout simplement parce qu’il a scrupuleusement suivi le cursus de tout bon communiste cubain. Pas de vague. Dans la ligne. Et pourtant, pour la première fois, voilà un dirigeant qui n’a pas de passé «guérillero» – né en 1960, il n’a donc pas « fait » la Revolución. Plutôt versé dans l’Education, il n’appartient pas à l’armée. Pourrait-il devenir l’homme du changement ? Ce serait trop beau. Raul Castro restera en effet Premier secrétaire du Parti communiste – et, à ce poste, il conservera son pouvoir sur les rouages de l’Etat et sur l’armée. On a compris. Changer pour que rien ne change.

Jean-Claude Souléry



19/04/2018
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