1329- Le bistro de la Mairie 96 posts

 

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Plus 2200 visites et plus de 250 commentaires il est temps de quitter pour quelques jours " Le bistro des halles" pour " le bistro de la mairie" et accueillir les visiteurs et leurs commentaires renouvelés.

Des grèves et de l'actualité sociale aux réalités politiques  d'aujourd'hui, vus de Cahors, les sujets de discussion ne manquent pas. A commencer par ce Congrès socialiste d'Aubervilliers. J'ai retenu un bel édito de Bruno Dive qui me ramène au congrès fondateur d'Epinay où nous représentions, Martin Malvy et moi, la très frèle et renouvelée fédération du Lot du PS dont je devins illico le premier fédéral puis membre du comité directeur. J'y étais avec Louis Mexandeau venu comme moi de la Convention des Institutions Républicaines sur la liste de la CIR, un homme que je côtoierai longtemps et pour qui j'ai de l'affection et de l'amitié. Nous ne sommes plus en 1971 et au temps des conquêtes. Hélas! Et rien ne sert de pleurer sur le lait renversé. Il faut comme toujours partir des réalités du terrain, regarder vers l'avenir et travailler au progrès de l'humanité.  Marc Baldy

 

 

PS: UN CONGRES, COMME SI DE RIEN N'ETAIT...

Et soudain, un vieil homme de 86 ans réveilla le congrès du PS… Il était un peu plus de 17 heures, les orateurs se succédaient, la salle ronronnait, quand Louis Mexandeau, ancien ministre de Mitterrand, « présent à tous les congrès depuis 47 ans », est monté à la tribune, a brandi ses cartes d’adhérent successives, « où pas un timbre ne manque », et fustigé « les prophètes morbides qui décrètent la mort prochaine du PS ». Il fallait ce bon vivant devenu vieux sage, figure des années de conquête et de gloire, pour tenter de redonner un peu de moral aux congressistes. Alors, il leur a rappelé que le parti socialiste en avait vu d’autres au cours de sa longue histoire, qu’ « aucun parti n’a apporté à la France autant de réformes positives » et que le PS, « si imparfait qu’il soit, reste lourd de l’espérance des hommes ». Toute la salle s’est levée pour acclamer l’orateur à la voix chevrotante, Olivier Faure est monté à la tribune pour le saluer : « je te promets que tu reverras le PS au pouvoir », a-t-il osé.

 

Bref moment de grâce dans un congrès si morne, si rabougri, sans figures politiques de premier plan, mais dont la simple tenue relevait en elle-même d’un petit miracle. Qui aurait pu assurer après les dernières élections que le PS, battu, abandonné par les deux candidats du second tour de la primaire (Valls et Hamon), vidé de sa substance sur sa droite et sur sa gauche, qui aurait dit que ce parti serait encore capable de se réunir ? Bien sûr, la salle est au moins trois fois plus petite que celle des grands congrès socialistes. Rien à voir avec les halls d’exposition de Toulouse, Reims ou Le Mans, c’est dans les anciens docks d’Aubervilliers que le PS a élu domicile pour le week-end, là où Mélenchon avait envoyé son hologramme pendant la campagne, là où Fillon avait tenu une réunion lugubre à la veille de son meeting au Trocadéro – comme quoi les socialistes ne sont pas superstitieux.

 

Mais ce qui frappe surtout, c’est l’absence des grandes figures qui restent malgré tout membres du PS. Ni Martine Aubry, ni les anciens Premiers ministres de François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, n’avaient fait le déplacement. Pas plus que Najat Vallaud-Belkacem, Anne Hidalgo, ou Jean-Christophe Cambadélis. On a bien vu le commissaire européen Pierre Moscovici, qui a – peu discrètement – fait acte de candidature pour les européennes de l’an prochain. Les seules « vedettes » du jour étaient les concurrents malheureux d’Olivier Faure, notamment Stéphane Le Foll, qui a rappelé que « le PS doit rester un parti d’alternance, capable de conduire les réformes au gouvernement », et Emmanuel Maurel, leader de l’aile gauche, pour qui au contraire « le rôle des socialistes est d’être dans la rue, au côté des salariés en lutte » et de « jeter toutes leurs forces dans la bataille qui vient ».

Culture de gouvernement contre tentation protestataire : le dilemme reste donc inchangé pour le PS, même réduit à la portion congrue. Il ne faisait pas bon glisser dans les discours un peu de bien d’Emmanuel Macron, les rares orateurs qui s’y sont essayé ont essuyé des sifflets. Même Le Foll (pourtant élu sans candidat En Marche face à lui) l’a dit : « la présidence Macron est devenue la présidence des riches ; nous sommes résolument dans l’opposition ». Et Maurel fut acclamé lorsqu’il lança un appel à « la mobilisation contre la réforme de la SNCF ». « Nous ne pouvons pas laisser faire ! ». Voilà qui rappelait l’ovation reçue par Bernard Thibault en 2003 au congrès de Dijon qui se tenait en plein conflit social sur une réforme des retraites…

 

Restaient les références et citations obligées dans les discours des orateurs : la colère des salariés, qui doit trouver un débouché, l’Europe technocratique qu’il faut combattre, les énarques dont il faut se méfier, et les grandes figures tutélaires convoquées : Jaurès et Mitterrand, Jospin et Delors. Mais pas François Hollande, le grand absent, à peine cité, jamais acclamé. Comme si ce congrès devait d’abord tourné la page d’un quinquennat maudit.

Bruno DIVE

 

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08/04/2018
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