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 quoi donc servent les primaires ?("inventées" par Montebourg)

A quoi donc servent les primaires ?A quoi donc servent les primaires ?

 

      Les partis de gauche qui ont appelé les électeurs à voter pour François Hollande le 6 mai 2012 le savent bien : compte tenu du climat politique, de la situation économique et sociale et du faible niveau de popularité des candidats potentiels, notamment du Président de la République, la division des candidatures de gauche au premier tour de la présidentielle de 2017 conduirait certainement à un affrontement droite/extrême droite au second tour.

 

 

      Devant cette perspective peu encourageante et encore plus dangereuse que lors de l’élection de 2002, où le Front national n’était pas aussi puissant qu’aujourd’hui, les partis et leaders de gauche s’efforcent de convaincre que la multiplication des primaires (socialiste, écologiste,…) et des candidatures contribuera à renforcer les chances de la gauche d’accéder au second tour.

 

     Etrange raisonnement, qui tient presque du déni ! Il est facile de comprendre en effet que la concurrence des candidats à ces primaires, dans une atmosphère mêlant les considérations de nature narcissique et la langue de bois, va se traduire par des surenchères qui rendront ridicules et peu crédibles les inévitables ralliements qui interviendront après ces combats de gladiateurs.

 

      Chacun voit bien que la multiplication des candidatures aux primaires  -à gauche comme à droite-, ne provient pas seulement du besoin évident de satisfaction égotique des postulants (qui ne croient pas un instant à leur chance). Elle a aussi son origine dans le calcul des candidats, qui aspirent à se trouver en bonne place pour négocier avec le vainqueur une position de pouvoir ou pour participer à la redistribution des responsabilités politiques après les élections de 2017, puisque, quel que soit le cas de figure, la question du devenir des forces politiques actuelles se posera.

 

      Ces préoccupations, malgré le langage fleuri qui habille les discours, sont peu susceptibles de redonner le goût de la politique à des électeurs inquiets et déçus. Pour ma part, je trouve dans cette ambiance délétère la confirmation de mon analyse du principe des primaires, que j’ai formulée à de nombreuses reprises depuis longtemps et des conséquences néfastes que cette compétition entretient.

 

      Pendant ce temps, une question majeure de la vie publique française est totalement occultée : celle du disfonctionnement des institutions qui fondent notre démocratie. En l’absence d’actes, les promesses incantatoires de réformes, qui n’ont pas manqué depuis des années, ne convainquent plus personne. Et pourtant, il est essentiel de  revenir sur la réforme de 2001 et de procéder à l'élection des députés avant l'élection présidentielle, afin de centrer le débat non plus sur les rivalités de personnes, mais sur une vision politique de l'avenir de la France.

 

      C’est pourquoi, j’ai demandé il y a 3 mois au Premier secrétaire du Parti socialiste ce qu’il comptait faire pour que cette question soit sérieusement et de façon urgente prise en compte, à commencer par le plus haut niveau, celui du Président de la République, qui, dans le fonctionnement actuel de nos institutions, est le seul à pouvoir œuvrer en ce sens avant la fin du quinquennat.

 

       Las, la réponse se fait attendre. Est-il toujours urgent d'attendre quand la démocratie se dévitalise dangereusement?

 

Paul Quilès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



24/08/2016
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