1169-oui j'aime la corrida (Jean-Marcel Bouguereau) 26 posts


NîMES

José Tomas porté en triomphe.
 
José Tomas porté en triomphe.
 
 Le maestro Jose Tomas a affronté seul six toros de différents élevages dimanche pour la troisième corrida de la feria des vendanges à Nîmes, coupant onze oreilles et une queue, le quatrième toro de ce rendez-vous ayant été gracié. 

Pour sa troisième et dernière corrida de l'année, le torero espanol a souhaité réaliser la performance d'un solo. Face aux toros des élevages de Victoriano del Rio, Jandilla, El Pilar, Parladé et Garcigrande, Jose Tomas a signé une matinée historique dans des arènes combles.

Utilisant avec la cape ou la muleta un répertoire d'une grande variété, donnant avec l'étoffe, dans des séries profondes, douces, magistrales ou millimétrées, des démonstrations enthousiasmantes et parachevant ses oeuvres par des estocades d'école, Jose Tomas a mis l'arène en délire, sortant en triomphe au milieu des cris et des clameurs.

Jose Tomas: deux oreilles, deux oreilles, deux oreilles, deux oreilles et la queue symbolique, deux oreilles et une oreille

Bétail: toros de Victoriano del Rio, Jandilla, El Pilar, Parladé et Garcigrande, le quatrième toro appartenant à l'élevage de Parladé a été gracié

Bayonne

C'était la der pour Julien Lescarret
lescaret

Nîmes


Oui, j'aime la corrida et j'ose le dire, ce qui, en ces temps où la société érode tout ce qui dépasse, n'est guère politiquement correct. Mais je comprends aussi qu'on puisse ne pas aimer pas la corrida.

 

De là à la faire interdire, c'est excessif, d'autant que les anti-taurins en font, pour les besoins de leur cause, une caricature qui ne peut que repousser dans leurs bras tout être normalement constitué. Car qui est pour la souffrance ? pour le sang ? pour la torture ?

 

Les "aficionados" n'aiment pas voir le sang couler

 

Contrairement à l'image qui est véhiculée, les "aficionados" n'aiment pas voir le sang couler. Ni celui du taureau, ni celui du torero.

 

Mais cette campagne, souvent violente contre la corrida (attentat contre la maison de Simon Casas, le directeur des arènes de Nîmes, il y a quelques années, publication d'une affiche montrant une petite fille se réjouissant de voir brûler la maison de ses voisins "aficionados" avec en légende : "Mes voisins étaient taurins mais ils ne le sont plus") dit beaucoup de choses sur notre société, sur son rapport à la mort et aux animaux.

 

Des millions d'animaux souffrent quotidiennement à cause de l'élevage industriel, de l'expérimentation médicale, des mauvais traitements infligés par leurs maîtres, jusqu'aux conditions qui, dans les abattoirs, président à leur mort.

 

Mais si certains se focalisent sur la corrida, c'est que la mort est devenue insupportable. Dans notre société aseptisée, elle fait partie du non-dit, du non-montré, alors que, dans les siècles précédents, elle était omniprésente par la guerre, la famille et les épidémies.

 

L'arène est devenue l'un des seuls lieux où la mort n'est pas cachée. Et où, pour le torero, "la vie prend son sens, car on sait qu'on peut y mourir", comme l'expliquait récemment un jeune novillo de l'Aude, Dorian Dejean. 

 

Une méconnaissance de la nature animale

 

Certains anti-taurins, qui projettent peut-être leurs propres valeurs sur tous les hommes, n'imaginent que des "aficionados" cruels, pervers, qui aiment voir souffrir des animaux, alors que nous détestons la souffrance et que, là où ils voient cruauté, nous ne voyons que beauté et grâce.

 

Comment s'entendre avec ceux qui, au nom d'une écologie mal comprise, mélangent un certain végétarisme, défenseur de l'animalisme, dans une forme moderne de l'anthropomorphisme très significative de notre société moderne ? Comment donner raison à ceux qui, parce qu'ils aiment leur chien ou leur chat, confondent taureau de combat et vache ?

 

Cet "amour" aveugle des bêtes dissimule souvent une méconnaissance de la nature animale et trahit toujours une ignorance des conditions de vie des taureaux.Nous, nous n'aimons pas les bêtes en général, car cela ça n'a pas de sens.Comment aimer le mouton et le loup par exemple ?

 

Vous aimez votre chien et votre chat ? Très bien, mais aimeriez-vous également une panthère ? Si l'on se met à défendre toutes les espèces, comment défendre le léopard ET la gazelle ? Une attitude qui n'évite pas le piège de l'anthropomorphisme illustré par la fameuse chanson de Cabrel où il prête ses propres sentiments au taureau qu'il met en scène.

 

La corrida est porteuse des valeurs de l'écologie

 

Ce que les anti-corridas n'aiment pas, c'est moins la souffrance du taureau que le fait que sa mort soit montrée, soit donnée en spectacle, même s'il n'y a sans doute pas plus belle vie que celle d'un taureau de combat.

 

Mais, eux, ne parlent jamais de ça. La vie du taureau ne les intéresse pas. Pour aggraver notre cas, nous pensons que la corrida est porteuse des valeurs de l'écologie : c'est un des derniers grands élevages extensifs; les conditions d'élevage et le respect des conditions de vie des animaux sont les meilleurs par rapport à la mécanisation industrielle de l'élevage intensif ; c'est un rapport homme - animal qui respecte ce dernier dans sa vie et sa mort, puisqu'il meurt en combattant ; enfin, c'est la défense de la biodiversité.

 

D'autant que la suppression de la corrida, loin de sauver les taureaux de combat, les conduiraient à l'abattoir, puisqu'ils ne sont élevés que dans de grands espaces, uniquement pour les corridas.

 

Nous ne confondons pas le chat et le taureau. Nous pouvons aimer nos animaux familiers avec l'affection que nous leur devons, mais nous aimons les taureaux bravos avec l'admiration et le respect qui leur sont dus.

 

Non, nous n'allons pas aux arènes pour voir un animal souffrir, nous allons voir un animal bravo combattre jusqu'à la mort. La corrida est une parabole de l'humanité où l'on nous montre une histoire, celle qui, un jour, fit que les hommes dominèrent le monde animal. C'est cette tragédie que la corrida met en scène.

 

Créer de la beauté en apprivoisant la charge d'une bête

 

La corrida est une création relativement récente. Même si elle rappelle le culte romain de Mithra, le taureau mort qui redonnait vie aux humains, elle ne le rappelle que de bien loin.

 

Si la corrida date du XVIIIe siècle, elle n'existe sous sa forme actuelle que depuis moins d'un siècle, lorsque Juan Belmonte révolutionna la tauromachie en faisant de la lenteur gestuelle du torero le cœur de la corrida.

 

Car l'essentiel est de créer de la beauté en apprivoisant en quelque sorte la charge brutale d'une bête qui pèse entre 500 et 600 kg. D'utiliser le leurre de la cape et de la muleta pour ralentir et conduire cette charge, dans un face à face où l'homme joue sa vie au centimètre près.

 

On peut, bien sûr, ne voir dans la corrida qu'une survivance sauvage de temps révolus où, pour exister, l'homme devait se mesurer avec la bête sauvage. À estimer qu'à l'heure du saut à l'élastique et du parapente il a bien d'autres moyens de se faire des frissons. Et penser, non sans raison, qu'il y a quelque chose de gratuitement sauvage à risquer ainsi sa vie, à l'heure de la ceinture de sécurité obligatoire.

 

Comme à tuer publiquement un animal à l'heure où la mort des animaux dont nous faisons notre ordinaire est devenue une cérémonie secrète; où l'on ne saigne plus le cochon dans les campagnes et où les enfants croient que les poissons sont carrés.

 

On peut, bien sûr, décrire la corrida comme un "massacre étudié", comme la "mort en spectacle", comme une fête sauvage donnée à des spectateurs sanguinaires. Mais c'est un peu comme si l'on décrivait le football comme le défouloir de douteux attouchements homosexuels et la musique comme un simple tapage nocturne.

 

La bravoure de l'animal est saluée

 

Cœur du débat : le taureau souffre-t-il,  comme l'affirment les anti-taurins ?

 

Ainsi que le souligne Francis Wolff, professeur de philosophie à l'École normale supérieure et auteur d'excellents volumes sur la corrida, les travaux du directeur du département de physiologie animale de la faculté vétérinaire de Madrid ont démontré expérimentalement que le taureau de combat souffre plus du stress pendant le transport ou au moment de sa sortie dans l'arène qu'au moment du combat.

 

Ce professeur a même montré que cet animal, particulièrement adapté au combat, avait une réaction hormonale unique dans le monde animal face à la "douleur". Elle lui permet de l'anesthésier presque immédiatement, notamment par la libération d'une grande quantité de bêta endorphines (opiacé endogène qui est l'hormone chargée de bloquer les récepteurs de douleurs), ce qui explique que le taureau de combat est le seul animal qui, blessé par les piques, revienne au combat plutôt que de le fuir, ce qui serait la réaction logique à la douleur.


Car, quoi qu'on en pense, la corrida n'est pas la "lente exécution savamment orchestrée" que croient y voir ses détracteurs. Le taureau y est tué dans l'arène, sans hypocrisie, contrairement aux corridas portugaises, où il est tué, après, en coulisses. Cette mort n'est que l'issue, rapide, de la corrida, au point qu'un torero est rappelé à l'ordre, sinon sévèrement sifflé, s'il ne tue pas rapidement.

 

Et si le toro est brave, c'est lui le plus applaudi, parfois, plus rarement, gracié. Et quelques mois après avoir été soigné, on peut le voir dans le "campo" où sa bravoure lui vaut d'être un reproducteur.

 

Cette pratique mérite bien plus de considération

 

Certes le combat est inégal, puisque c'est généralement le taureau qui meurt. Mais il ne faut pas oublier que la corrida est aussi l'ultime spectacle au monde où des hommes jouent leur vie devant des cornes coupantes comme des rasoirs. Elle mérite pour cette raison une considération un peu plus attentive que ne la lui accordent ceux qui, trop habitués à la tricherie du spectacle moderne et de la téléréalité, feignent de croire que les cornes des taureaux sont en carton.

 

C'est tout le contraire : depuis les années 1930, jamais les blessures de toreros n'ont été aussi nombreuses que ces dernières années. Et même les morts, alors que, pourtant, les progrès de la chirurgie et des médicaments auraient dû les réduire.

Je sais bien que ce débat est sans fin. Le débat entre défenseurs et adversaires de la corrida est un dialogue de sourds, les anti-taurins étant peu nombreux mais très organisés en un groupe de pression efficace. Cette mobilisation a contraint les "aficionados" à s'organiser à leur tour en un Observatoire des cultures taurines, devenu le seul interlocuteur légitime auprès des pouvoirs publics.

 

Je n'entends pas jouer au prosélyte mais faire en sorte que le débat, s'il a lieu, le soit, non à partir de préjugés caricaturaux, mais de faits avérés.

 

Et peut-être de conseiller aux anti-taurins des causes qui leur permettraient de sauver des vraies vies, des vies humaines. De s'engager auprès de l'UNICEF, de la Croix-Rouge ou, pourquoi pas, de s'attaquer à Carrefour, à Leclerc, à Auchan qui produisent plus de viandes en une semaine qu'aucune arène en un an. Voire de s'attaquer aux conditions d'abatage ou d'élevage en batterie où l'on vit, si l'on peut appeler ça vivre, sans voir la lumière du jour !

 

déjà publié sur ce blog au 944


Bayonne Feria de l'Atlantique, un superbe toro de joselito

l'enciero des pitchouns

 

Mont de Marsan 23 juillet 2015 Thomas DUFAU

matador de toros a porta gayola; toro n°159 de Juan Pedro Domecq

Photo de JY Blouin.

 

  "zamarrito" de Montalvo, 547 kg né le 10 octobre 2010 numéro 6 le cinqième sorti (un refusé) le toro qui a sauté dans le callejon hier soir à Bayonne, avant de revenir dans l'arène après avoir blessé un journaliste et un président de club taurin...Baratchar il y a beaucoup trop de monde dans ce callejon on se croirait aux fêtes de Bayonne!

Photo de Nicolas Couffignal.

 

Édito

 

Alberto Lopez Simon
Alberto Lopez Simon©D.R

 

 

Alberto Lopez Simon est pour tout le milieu taurin le torero qui a impacté le plus en cette temporada 2015, autrement dit l'incontestable révélation de ce début de saison !

4 oreilles et 2 "Puerta Grande" consécutivement à Madrid. Du jamais vu depuis le grand César Rincon ! Le milieu taurin surveillait ce torero depuis quelque temps. Tous savaient que l'explosion pouvait se produire à tout moment...

Quand on a eu comme parrain d'Alternative à Séville, Morante de la Puebla, et pour témoin José María Manzanares, on se dit que cette jeune promesse n'allait pas le rester très longtemps.

Et Bayonne a attendu, Bayonne a croisé les doigts, car après son 1er triomphe à l'occasion de la Corrida Goyesca le 2 mai à Madrid, un nouveau triomphe pouvait accélérer la carrière de ce brillant torero. Et ce fut fait dimanche 24 mai. Sous le coup de 21 heures 30, la Grande porte de Madrid s'ouvrait pour la 2° fois consécutive pour Albert Lopez Simon. Et Bayonne confirma et signa son contrat dans la nuit.

Mais Madrid ne fut qu'un début : car 2 grandes tardes ont encore marqué ces dernières semaines le très grand moment de ce jeune torero.
Fin juin, tout d'abord à Istres, où il coupa 4 oreilles et une queue et gracia son toro de l’élevage de Garcigrande.
Puis Pampelune, la capitale navarraise, d'où il sortit en triomphe par le Grande Porte avec 3 oreilles en mains, devenant le triomphateur incontesté de la Feria.

Le week end dernier, encore à Azpeitia, devant les caméras de Canal Plus, Alberto Lopez Simon a illuminé l'après midi.

Un toreo authentique, pur, rappelant les plus grands Maestros, voilà comment présenter en très peu de mots ce nouveau phénomène. Et pour certains professionnels du monde taurin, Alberto Lopez Simon est ni plus ni moins que le nouveau José Tomas.

Il sera donc à Bayonne le 15 août pour une Corrida goyesque qui s'annonce prometteuse. Avec un cartel de luxe : 7 toros de Banuelos pour Juan Baustista, Daniel Luque (14 oreilles à Bayonne en 5 corridas) et Alberto Lopez Simon. Le 7° toro sera combattu à l'ancienne, comme du temps de Goya, avec saut de la garrocha.

Alberto Lopez SimonAlberto Lopez Simon©D.R
Alberto Lopez Simon

 

 



27/07/2015
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