Madame la Présidente par Nicolas CADENE 5 posts

Madame la Présidente de la République Française


Alors que nous assistons depuis désormais quatre mois à un traitement médiatique plutôt défavorable à Mme Royal, je m'essaye ici à une toute autre analyse de la première femme à avoir une chance assez sérieuse d'accéder à la présidence de la République française. 

Cette publication est d'autant plus utile que nous avons parfois l'impression d'assister à la fin des enquêtes et reportages[1], à la fin des débats contradictoires, à la substitution de l'expertise des journalistes spécialisés et des études approfondies émanant de spécialistes divers par les sondages souvent manipulés[2]......

Ségolène Royal est avant tout une femme à l'écoute de la population.... C'est elle qui  a compris l'importance du fossé qui existait entre le politique et les citoyens, c'est-à-dire la crise de la démocratie représentative. C'est pourquoi elle a voulu développer la méthode participative dont son co-directeur de campagne Jean-Louis Bianco est d'ailleurs un fin connaisseur pour en être un des précurseurs en France[3].

Mme Royal a compris qu'un nouveau « contrat social » devait s'établir entre le politique et la société, contrat qui passe par l'institutionnalisation des pratiques de concertation, de la démocratie participative car le politique apparaît pour bon nombre d'entre nous comme un monde à part, perverti par les logiques de pouvoirs et intérêts personnels, qui se détourne des préoccupations et angoisses quotidiennes de tout un chacun.

....(Beaucoup de Français ont envie) de voir accéder à la magistrature suprême une femme... Ségolène Royal permettrait l'entrée de la France dans la modernité au moins sociétale.Comment oublier à quel point la France est en retard quant à l'égalité homme - femme ? ... Le milieu politique était quant à lui quasi-exclusivement masculin avant la loi sur la parité proposée par le gouvernement de Lionel Jospin en 2000[9]. Aujourd'hui encore, les femmes politiques d'envergure sont rares et l'UMP a préféré payer en 2002, 4,26 millions d'euros d'amendes plutôt que de respecter la parité dans le choix de ses candidats aux élections législatives (114 femmes pour 466 hommes, soit seulement 19%). D'ailleurs, proportionnellement, l'UDF de M. Bayrou ne faisait pas mieux,....

Le Parti Socialiste n'étant pas tout à fait exempt de critique en la matière, Ségolène Royal dût en 1988  faire preuve de détermination pour s'imposer dans une circonscription historiquement ancrée à droite. Commentant son succès, Mme Royal aurait déclaré : « Pour un parachutage, l'atterrissage est réussi ». Elle y sera réélue à chaque échéance, en 1993, 1997 et 2002.

C'est avec la même ténacité qu'elle a pu prendre la région du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en 2004. D'ailleurs, ce dernier a lui-même avoué récemment les « qualités » et le « caractère » de sa successeur[12].

Si le seul fait d'être une femme ne peut suffire ni même ne doit suffire à accéder au Palais de l'Elysée, il est important de considérer l'évolution que cela représente dans les mentalités françaises, mais aussi de constater le fossé entre l'évolution mondiale des mœurs et le conservatisme rétrograde du parti aux responsabilités depuis cinq années, l'UMP.

Mme Royal est bien plus qu'une femme. Il serait d'ailleurs absurde de la réduire à cette qualité... C'est une femme politique, ... combative que l'est un homme politique.

C'est aussi une personnalité ayant un sens aigu de l'Etat. Elle le sert, jamais ne s'en sert. ...

Ses actions lorsqu'elle était ministre de l'Environnement,ministre déléguée à l'Enseignement scolaire , ministre déléguée à la famille et à l'enfance puis à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées .. ont été considérées comme des succès et régulièrement saluées alors même que ses marges de manœuvre étaient particulièrement étroites .

C'est elle qui est ainsi à l'origine de la loi sur le traitement et le recyclage des déchets, de la loi-cadre contre le bruit, de la loi sur la reconquête sur le paysage, de la relance des zones d'éducations prioritaires (ZEP), de la création des fonds sociaux pour les élèves, de la création des heures de soutien scolaire, du renforcement de la défense des droits de l'enfant et de la lutte contre la violence à l'école, de la revalorisation du rôle des infirmières scolaires, de la distribution gratuite de la « pilule du lendemain » dans les lycées, du congé de paternité, de la réforme de la loi sur l'autorité parentale[19], du plan Handiscol pour permettre à tous les enfants et adolescents handicapés de suivre une scolarité normale ou adaptée, de l'instauration de la garde alternée de l'enfant dans le cadre d'une médiation familiale efficace....

M. Bayrou, lui qui se veut « au-dessus des clivages », oublie t de rappeler ses fonctions gouvernementales passées. « L'insurgé » du parti démocrate-chrétien qui s'attaque aux médias est-il crédible ? En 1995, ce n'est pas si vieux, M. Bayrou ne fustigeait ni TF1, ni « le mur de l'argent » mais menait campagne de concert avec le groupe Bouygues en faveur de M. Balladur et aussi d'un certain Nicolas Sarkozy appelé à devenir Premier ministre en cas de victoire. L'adversaire de l'époque s'appelait Jacques Chirac et son programme contre « la fracture sociale ». Ministre de l'Education, M. Bayrou avait tenté de réformer la loi Falloux au profit de l'école privée et défendait le « SMIC jeune ».

Refusant une France dirigée par une seule élite financière, industrielle et politique, Ségolène Royal propose une réforme profonde de l'Etat. Notamment de ses Institutions avec une réforme du Sénat qui le rendrait plus représentatif de la population française, dans le but de favoriser l'adoption de lois plus légitimes. Les pouvoirs du Parlement seraient renforcés face au pouvoir exécutif, la procédure guère démocratique découlant de l'article 49-3 de la Constitution serait supprimée. L'Assemblée nationale comme la « Haute Assemblée » ne seraient plus de simples « Chambres d'enregistrements ».

Pour prouver sa volonté d'ouverture et de ne pas enfermer le pouvoir dans les mains d'une seule idéologie, elle souhaite donner la présidence de la Commission des Finances à un membre de l'opposition[24]. Cela constitue plus qu'un signe fort, c'est une concession volontaire remarquable qui n'a pas été reprise par ses adversaires.....

Il était étonnant de constater à quel point les médias furent exigeants quant au fond de Mme Royal et silencieux quant à celui de M. Sarkozy ou de M. Bayrou. Ce dernier a commencé seulement à la fin du mois de février à parler de son programme bien morne, pourtant, on moquait un soi-disant « retard » du projet de Mme Royal. Celui du ministre de l'Intérieur n'existe pas vraiment, change chaque jour selon les personnes à qui ils s'adressent et n'est toujours pas disponible. Mais aucune remarque ou presque sur ce manque de rigueur, sur cette absence critique de propositions, si ce n'est la baisse des impôts qu'on ne pourrait d'ailleurs pas financer.....

...Mme Ségolène Royal étonne, c'est vrai. Son projet surprend parce qu'il privilégie l'action dans la durée et les réformes en profondeur. Elle refuse le « tape-à-l'œil » de la droite, l'inefficacité de ses politiques à court terme et si souvent démagogiques et dénuées de cohérence.

Alors oui, Mme Royal doit gagner en 2007. Comme le souligne encore Nicole Avril, « têtue comme elle est, elle tiendra ses promesses », et nous pourrons enfin apprécier la photo d'un visage féminin dans nos lieux officiels, celui de Madame la Présidente de la République.


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05/03/2007
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