LEON GAMBETTA ou le rêve brisé(voir suite dans commentaires)

par Marc Baldy

Léon Gambetta,député,ministre de l'intérieur,président du conseil des ministres,né le 2 avril 1838 à Cahors au second étage de la rue du lycée ,déclaré le 3 avril (un Bêlier  encore!),est,sans conteste, la figure marquante de la ville.

Lors de sa jeunesse tumultueuse,il perdit un oeil accidentellement dans la boutique du coutelier Galtié,près de celle de son père.Il naquit dans l'actuelle rue Wilson("Gambetta ou le rêve brisé",Daniel Amson-Ed.Tallandier).Sa famille originaire de Celle-Ligure près de Savone,tenait une épicerie italienne,le bazard Génois dont on peut encore apercevoir l'enseigne restaurée,place Chapou,au-dessus du Crédit agricole.Sa mère  Marie-Madeleine-Orazie Massabie est originaire de Molières,Tarn et Garonne .


Bien qu'il exerça peu sa profession,il fut avocat au bareau de Paris où il connut la gloire,tout jeune,en 1868,au procès Baudin.Il devint rapidement la coqueluche des cafés du quartier latin(Le Procope),des milieux politiques parisiens qu'il fréquentait avec beaucoup d'amis jeunes ambitieux opposants à l'empire et animait de plaidoiries et de déclarations enflammées.Ce fut un grand orateur, un véritable tribun à la voix chaude et sonore.

En 1969 il passe pour être l'auteur du programme radical dit de Belleville(voir l'article joint), candidat dans ce quartier qui sera bientôt  le fief des communards,puis élu contre Hippolite Carnot un républicain modéré (une des"vieilles barbes" de 1848), le 24 mai 1869.Il n'a fait que demander "un cahier de doléances" à des délégués de ce quartier,cahier qui lui fut soumis et qu'il accepta pour des raisons électoralistes dans un premier temps.Nous y reviendrons pour montrer comment Gambetta ,comme une éponge ,sait capter les idées du moment,puis les abandonner...Il sera élu à Marseille,devançant Thiers au premier tour,au scrutin de ballotage,le 6 juin 1869.Il choisit de sièger comme député de Marseille au Corps Législatif parmi la minorité Républicaine dont il est le porte parole.(voir ,en commentaires,la synthèse d'une étude récente sur "les gambettistes").

Membre du gouvernement de la Défense Nationale pendant la guerre de 1870, après l'écrasante défaite de Sedan(4 septembre) où NapoléonIII est fait prisonnier,il participe,le 4 septembre 1870, à la déchéance de Napoléon III et à la proclamation de la IIIème République.Avec Jules Favre il est partisan du maintien de l'ordre.

Ministre de l'intérieur il quitte Paris en  ballon le 7 octobre 1870 afin de ne pas rester prisonnier dans la capitale assiégée et de préparer la Résistance à Tours.Pour lever des armées,il prend alors en plus de l'intérieur, le ministère de la guerre.

Il refuse de capituler mais signe un armistice pour pouvoir préparer la guerre à outrance.Le monument des mobiles du Lot,,sur la place du même nom,au bas de la rue de la Barre rend hommage aux combattants de cette guerre.

Gambetta s'oppose à Thiers à Jules Simon et à beaucoup d'autres qui  le vomissent,se méfient de cet orateur fougeux.Le voilà maintenu provisoirement à l'écart du pouvoir.Elu à la fin de la guerre député dans 10 départements,il opte pour le Bas-Rhin rattaché à la Prusse.Thiers installe son gouvernement à Versailles.C'est la commune de Paris.

Il est enfin nommé Président du Conseil,chef du gouvernement en novembre 1881.Dès janvier 1882,il échouera.

Peu de temps après ,le 31 décembre, dans sa propriété "Les jardies" à Ville d'Avray,il meurt d'une occlusion intestinale ,consécutive à une blessure à la main droite et à l'avant bras par un coup de feu qu'il s'est probablement tiré lui même accidentellement dans sa chambre où il était en compagnie de sa maîtresse Léonie Léon.

La statue élevée à Cahors au bas des allées Fènelon,place François Mitterrand,autrefois place Briand, a été inaugurée en avril 1884,elle est du sculpteur Falguière.D'autres personnages de bronze ont été fondus sur ordre de Vichy pendant la seconde guerre mondiale.

Grand orateur,fougeux indomptable, querelleur,un brin vantard et négligé,souffrant des intestins ,coureur de femmes et désireux d'être aimé ,avide de pouvoir,il incarnerait ,aux yeux de certains qui ne nous aiment guère ,les qualités et les défauts  des  politiciens cadurciens à travers les âges !.....

Sa mort prématurée,à 44 ans,et "son rêve brisé"(André Malraux),transformera "sa vie en destin".



14/02/2006
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