671-Pourquoi devient-on torero?

 

SECOUSSE SISMIQUE

- posté le 22/09/2008 sur le site des Arènes de Nîmes

Premier (extrait de presse après la feria des Vendanges. "...Et, s'il est encore trop tôt pour dresser les bilans, on notera que, comme l'an passé, c'est à Nîmes qu'aura été enregistrée la plus grande secousse sismique de l'année, du moins de ce côté des Pyrénées... Un seul homme s'est chargé de tout, pour signer la plus importante après-midi de 2008. C'était El Juli en solo, vendredi, et dans trente ans, on en parlera encore..."


Ecrire comme on se souvient.

Marc Lavie

Dans un livre d'une poignante intensité, d'une insupportable vérité, d'une admirable écriture (1), Alain Montcouquiol est sans doute l'un des premiers, en ayant la lucidité d'analyser son parcours personnel, à répondre clairement à cette question fondamentale mais toujours éludée : pourquoi devient-on torero ?

"Aujourd'hui, je le sais, c'est bien la mort de mon père qui m'a entraîné dans les arènes. Sur les gradins d'abord, puis sur la piste. C'est la mort de mon père qui m'a irrésistiblement attiré vers ce lieu où l'on parlait à haute voix de ce qui m'obsédait, me tourmentait et dont personne n'avait vraiment voulu s'entretenir avec moi : la mort."

C'est le principal sujet du livre, et le résumer à ce paragraphe demeure réducteur.


 Autodidactes ? Mais qu'est qu'un écrivain ? Quelqu'un qui a écrit un grand livre. Qu'est-ce qu'un grand livre ? Un truc dont on ne sort pas dans le même état physique et moral qu'on y était entré. On ne s'improvise pas écrivain, n'en déplaise aux stakhanovistes du crayon avançant leur carrière au nombre de publications. Il est même possible qu'on ne le fasse pas exprès. Des kilos de papier publiés en français depuis trente ans sur la tauromachie, ressortent deux grands auteurs : Alain Montcouquiol et Simon Casas. Deux autodidactes, marqués par l'existence, guérissant de l'enfance en couchant à la plume des phrases superbes, de celles qui touchent, qui clouent, qui restent. Parce qu'elles sont écrites avec la main du coeur et le poids du vécu. On écrit comme on a vécu. On écrit comme on se souvient. Lorsque nous vendrons notre bibliothèque et que nous aurons numérisé sur une clé USB les quelques données qui nous intéressent, ils seront de ces cinq ou six livres que nous emporterons sous notre bras (2).


 La lumière du livre d'Alain, c'est Christian. Ceux qui ont vécu cette époque et ont suivi la marche retrouveront à travers ce superbe texte tant d'images, tant de souvenirs partagés ou plus personnels, qu'on voit défiler les pages de notre vie sous la dernière phalange du pouce. Christian sous les chapeaux à Mexico. Christian arrivant sous la pluie à une tienta chez Buendía en plein hiver. Christian modèle d'obstination, de persévérance, de surpassement de soi. Christian, l'ami absent. Il y a vingt ans, Christian rentrait de toréer du Venezuela. À l'époque, il n'y avait pas Internet et c'était un poil ambitieux de vouloir maintenir les lecteurs le plus fidèlement informés pendant l'hiver de la temporada américaine, car les médias espagnols ne parlaient que des corridas où toréait un de leurs ressortissants. Alors, j'appelais régulièrement Alain, et les deux frères me ramenaient toutes les coupures de presse qu'ils pouvaient trouver durant leurs périples. Un soir, Alain me passa Christian qui voulait me dire un mot : "Alors qu'as tu vu de beau au Venezuela ? ". "J'ai vu un truc que je ne pensais jamais voir : un type encore plus fou que toi !". Je connus ainsi Nelson Arreaza. C'est vrai qu'à recompter dix fois les corridas d'Espartaco pour corriger l'escalafón d'Aplausos ou à répertorier les noms des toros de vuelta de Juan Campolargo, nous n'étions que quelques obsédés sur la planète. Il n'y avait pas internet. C'était tellement moins facile et tellement plus excitant.


 Les aficionados des jeunes générations, ceux qui n'ont jamais vu toréer Nimeño, trouveront dans le livre d'Alain un réconfort paradoxal. Il leur fera comprendre, mieux que n'importe quelle plaidoirie, sans badge, sans hymne, que leur passion n'a rien de futile, rien de honteux. Ils sauront ainsi combien elle n'est faite ni de désir de distraction, ni de curiosité, mais va fouiller au plus profond de leur être et ne peut se résumer à quelques arguments simplistes. Combien la vie peut être belle et dure à la fois. Combien nos découragements peuvent paraître dérisoires. "Combien l'on se sent heureux et fort lorsqu'on a le privilège d'avancer dans le réel en puisant son énergie dans ses rêves" (3). Ce livre répond mieux que toute autre démarche à ce besoin quotidien : il donne un sens à notre marche.


 

Marc LAVIE.


(1) : "Le sens de la marche", d'Alain Montcouquiol. Éditions Verdier. 120 pages au prix dérisoire de 9,80 €.


(2) : "Recouvre-le de lumière" et "Le sens de la marche", d'Alain Montcouquiol ; "Tâches d'encre et de sang", de Bernard Dombs (Simon Casas).


(3) : pêché page 103


Edito du dernier Semana Grande, www.semana-grande.com publié avec l'aimable autorisation de l'auteur que je remercie vivement et par sympathie pour Alain Montcouquiol avec qui j'ai eu le plaisir de partager le pain ,le vin et quelques idées,à Nîmes avec d'autres amis.

                                                                                                 Marc Baldy



Clip, hommâge à Nimeno




JEAN NOUVEL DESSINE CASTELLA


L'architecte français Jean Nouvel a dessiné l'affiche de la corrida du 20 septembre au cours de laquelle le torero français Sébastien Castella a affronteé seul 7 toros.
C'est la première fois que Jean Nouvel, récent lauréat du prix Priztker, considéré comme le "Nobel" de l'architecture, réalise un dessin pour une corrida.

Jean Nouvel,  a réalisé de nombreux projets en Espagne, dont la fameuse Tour Agbar à Barcelone et un agrandissement du Musée madrilène d'Art contemporain Reina Sofia.





Feria des vendanges 2008 à NÎMES ,Sébastien Castella:c'était son 20ème passeo à Nîmes









Article ajouté le 2008-09-14 , consulté 452 fois

Commentaires


le journal le 19/05/2009 à 08:55:10
parole,parole,parole.... cela ne sert a rien!!aucune ne pourra rassembler les pour et les anti corrida.
Le simple savoir vivre,sans parler de démocratie,mais au nom de la LIBERTE (de penser)voudrait que l'on laisse chacun faire ou voir ce qu'il veut dans la mesure ou cette liberté n'empêche pas l'autre de vivre.
Nous sommes "aficionados" oui et alors? Que viennent faire ces débordements indignés et ces insultes,le Fascisme n'est pas là où ont pourrait l'attendre et surtout pas aupres de ceux qui vénèrent le TORO DE LIDIA."Ne venez pas me dire que je n'aime pas les animaux,si vous touchiez un seul poil de mes chats ou de mon chien,vous le regretteriez"
Alain le 17/05/2009 à 07:31:20
@Janus:C'est ce qui s'appelle probablement la tolérance et la compréhension de l'autre.!
.....J'ai raison et tous les autres sont des cons.Ici ce n'est pas du sadisme...c'est du fascisme.
En démocrate,vous devriez dire:"je déteste mais je me battrai pour que vous puissiez continuer à voir ce que vous aimez et que je ne comprends pas"


janus le 16/05/2009 à 23:30:09
pourquoi?par pur sadisme
Tomas le 11/11/2008 à 17:04:09
c'est mon point de vue et je le partage.On doit appeler ça l'objectivité.Et je suis poli.
alter46 le 11/11/2008 à 16:42:22
Pourquoi devient-on torero ?

Pour porter un costume moule boules ridicule ?
Parce qu'on n'a pas réglé ses problèmes avec son papa ou sa maman ?
Pour avoir la permission de tuer ?

Non, ce n'est pas de l'art, c'est de la barbarie...
Chasse et corrida, même combat... ringard !

PS : et encore, je reste correcte ...

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