361-Le gouvernement Fillon : comment briser la loi de 1905? 2 post s

Lu sur Prochoix

Depuis des mois, les soutiens officieux ou officiels de Nicolas Sarkozy n'ont cessé de rassurer les laïques : « ne vous inquiétez pas, il ne fera pas ce qu'il dit ». Pourtant, conformément à nos craintes, l'envie de torpiller le compromis de 1905 pour transformer la laïcité française en une laïcité plus anglo-saxonne est toujours bien à l'étude. Et le rapport Machelon n'est nullement enterré. Simple question de priorité. Le dossier devrait ressurgir après les réformes de l'été visant à stransformer l'économie, les université et le droit de grève... sur un modèle toujours plus anglo-saxon.

Extrait de l'article de Stéphanie Le Bars paru dans Le Monde du 21.06.07, « Mme Alliot-Marie a reçu ensemble les représentants des principaux cultes » :

Pour la première fois, la ministre de l'intérieur, chargée des cultes, Michèle Alliot-Marie, a reçu, ensemble, mercredi 20 juin, les représentants des confessions catholique, protestante, musulmane et juive. Avant d'engager des discussions bilatérales permettant d'aborder les problèmes spécifiques à chaque religion, elle entendait leur dire son « attachement au principe de laïcité » et évoquer avec eux le rôle des religions et des pratiques religieuses dans la vie sociale, et notamment auprès des jeunes.

Passées sous silence durant la campagne présidentielle, les questions liées au financement des cultes pourraient ressurgir dans les prochains mois. Les représentants religieux ont en effet évoqué les conclusions du rapport Machelon sur les relations entre les pouvoirs publics et les cultes, remis en septembre 2006 à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur. Ce rapport prévoit notamment des aménagements de la loi de 1905 afin de faciliter le financement public des lieux de cultes et d'harmoniser le statut des associations et des responsables religieux.

Ces dispositions concerneraient au premier chef les « nouveaux » cultes, présents en France, l'islam et le protestantisme évangélique, mais intéressent l'ensemble des religions en proie à des difficultés financières. Catholiques et protestants tiennent à ce que soit mis en place « un comité de suivi ».

(...)

La ministre devrait s'atteler au chantier de la formation des imams, une « priorité » systématiquement laissée en friches par ses prédécesseurs. Par ailleurs, en 2008, des élections renouvelleront les instances représentatives musulmanes, qui, au niveau national tout au moins, peinent à asseoir leur légitimité ; un processus qui sera sans aucun doute suivi de près par le ministère.

Chacun des autres cultes devrait aussi rencontrer Mme Alliot-Marie dans les semaines qui viennent. Par la voix du nouveau président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, les protestants devraient rappeler à la ministre de l'intérieur, ainsi qu'aux autres ministres concernés, l'attention particulière qu'ils entendent porter « aux questions d'immigration ».

Article paru dans l'édition du 22.06.07.


LES CITOYENS SONT-ILS CONSULTES ????

REFUSONS DE DENI DE DEMOCRATIE ET MANIFESTONS NOTRE OPPOSITION A CE PROJET PONDU DANS NOTRE DOS SANS AUCUNE CONSULTATION CITOYENNE

http://www.betapolitique.fr/spip.php?article1150



Article ajouté le 2007-06-27 , consulté 269 fois

Commentaires


Daniel Riot le 30/06/2007 à 15:43:34
« Nous assistons aux prémices d’un retour au Moyen Age », constate Guy Lengagne, mathématicien de profession, en disant « stupéfait », « effrayé » et « choqué » après le renvoi en commission (dans les oubliettes), par l’Assemblée(du Conseil de l'Europe), de son rapport dénonçant avec intelligence, pertinence et courage les « dangers du créationnisme dans l’éducation ».

La commission intéressée (qui a beaucoup travaillé sur ce rapport ) proteste, invoque même des "irrégularités". Mais le mal est fait. Et la presse (quelques exceptions mises à part) a bien tort de ne pas faire un large echo à cette affaire.

Cela s’appelle de la censure, donc une violation des libertés d’expression (et même de penser), du premier des droits de l’homme. Dans et par cette Assemblée qui se veut le temple de la démocratie pluraliste, qui multiplie les leçons en « droits de l’homme » et dont la raison d’être est de jouer les veilleurs des périls qui peuvent menacer la santé (y compris mentale) de nos sociétés, c’est plus que grave.

Ce n’est évidemment pas l’ensemble de l’Assemblée qui est ainsi discréditée. Le système démocratique est ainsi fait qu’il peut être menacé par une minorité d’activistes qui sait jouer sur l’apathie irresponsable d’une majorité, ou par des jeux d’influences et d’entrisme soigneusement orchestrés. Les lobbies n’ont pas que des visées économiques ou financières...


Guy Lengagne a raison : « Je ne peux y voir qu’une manœuvre de ceux qui veulent, par tous les moyens, lutter contre la théorie de l’évolution et imposer les idées créationnistes. »

Qu’est-ce qui gêne les grands prêtres du « créationnisme » qui, avec d’énormes moyens financiers (américains surtout), ont une influence croissante dans les courants les plus extrémistes, fondamentalistes, intégristes des trois monothéismes ?

Que distinction soit faite nettement entre ce qui n’est qu’une croyance (le créationnisme) et ce qui est une théorie scientifique, l’évolutionnisme. Dans l’enseignement, les croyances relèvent de l’instruction religieuse ou de l’étude des religions, non dans les matières scientifiques. Cette logique est rejetée par ceux qui font tous les procès en sorcellerie à Darwin, en le caricaturant, et qui veulent imposer leurs dogmes.

Tout est bon au niveau des arguments : en Russie, dans quelques ex-pays de l’Est (Hongrie notamment) des courants de pensée voient dans l’évolutionnisme l’origine du stalinisme et de l’hitlérisme. Refrains connus chez ceux qui rejettent les apports des Lumières... en cherchant des explications trop simples pour être crédibles.

Ce rejet de la théorie darwinienne de l’évolution des espèces par la sélection naturelle et cette défense de « l’idée » que le monde a été créé par Dieu (soit en six jours selon le récit de l’Ancien Testament, soit grâce à l’intervention d’un « dessein intelligent" pour les néo créationnistes ») font de plus en plus de ravages dans les têtes.
Voir Agoravox pour des compléments et la suite de l'article.
le charençon libéré, sur Betablog le 29/06/2007 à 19:27:37
Benoit XVI et Sarho s'envoient des mots doux

Faudrait pas croire qu’il n’est que sportif, notre joggeur en chef.

Qu’il n’est qu’un fonceur sans cervelle, un homme plus habile à tricoter des baskets qu’à se plonger dans les méandres de la condition humaine.

Non.

Ouhlala : pas du tout, même.

La preuve : entre deux joggings, Nicolas Sarkozy aime bien s’isoler un peu.

A l’écart, il délace ses chaussures neuves, s’agenouille et médite à sa lourde tâche de guide du peuple français.

Et quand il lui arrive de douter, pris d’effroi à la pensée de si lourdes responsabilités, l’imperator trouve refuge dans la foi.

Juste un petit tête-à-tête avec Dieu, quoi.

Rien de neuf sous le soleil : de sa foi, Nicolas Sarkozy n’a jamais fait mystère.

Plutôt le contraire, même.

Dans La Religion, la République, l’espérance, ouvrage paru voilà trois ans, celui qui aimerait « toiletter la loi de séparation de l’église et de l’Etat de 1905 » écrivait que « la dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. » Un truc juste bon à exciter ces salopards de bouffeurs de curé.

Dans le même style, le sergent-major déclarait en avril dernier à Famille Chrétienne que « le christianisme participe de manière essentielle à l’identité nationale ».

Bref, la foi, la religion, Dieu, la morale, l’identité nationale… tout ça quoi.

Mais pas seulement.

Des fois aussi, le caporal-chef prend la plume, histoire d’échanger un peu avec les autres guides de par le monde, seuls à même de comprendre son fardeau.

Rien de très extraordinaire : une carte postale vite fait et voilà.

Pas de quoi en faire tout un plat.

Pour vous dire, la dernière, c’était à Benoît XVI.

Oui, oui : ce modèle incarné de pape éclairé, celui que les mauvaises langues surnomment Panzerdivision pour sa propension innée à instiller de la modernité dans la pratique de la religion.

Le même qui a récemment rappellé l’hostilité de l’Eglise au préservatif, envisage de béatifier Pie XII et va publier incessament sous peu le Motu Proprio, document libéralisant la célébration de la messe en latin sous les applaudissements des excités du culte réac.

Un démocrate, quoi.

Et entre démocrates, on se comprend…

Notre bien-aimé président a donc pris son plus beau bic pour envoyer un petit mot à ce bon Benoît XVI, histoire de répondre au traditionnel message de félicitation de Panzerdivision pour son élection.

Un truc comme ça ?

« Salut Ben. J’espère que ça va bien chez toi. Merci pour ton message, il nous a fait très plaisir, à Cécilia et à moi. Passe donc boire un coup [à la maison] à l’Elysée à l’occasion, ça sera sympa. »

Non, pas tout à fait comme ça.

C’était un peu plus qu’un petit mot, en fait. Plutôt une « lettre substantielle et longue », explique La Croix, qui met en avant son caractère très « rare ».

Une attention inhabituelle au regard des traditions diplomatiques en la matière. Et un geste auquel ce bon papounet aurait « été très sensible ».

Tu m’étonnes…

Bon, vous allez être déçu : pas moyen de la lire, cette lettre, top secret, rauss !

Mais la journaliste de La Croix qui l’a eu sous les yeux assure que la missive évoquait surtout, en sus de la question des otages et du sort des minorités chrétiennes, celle de « la spiritualité en Europe ».

Ouf.

Voilà qui nous rassure.

On est con : on s’imaginait déjà le tambour-major prenant des engagements inconsidérés sur des thèmes aussi essentiels que la laïcité, le modèle familial ou la mise en avant des valeurs chrétiennes…

Le genre de promesses qui pourraient procurer un violent orgasme à Christine Boutin.

Faut dire que la ministre du Logement et de la Ville en avait déjà eu un fameux quand son mentor présidentiel avait mentionné les racines chrétiennes : « C’est la première fois depuis longtemps qu’un homme politique de premier plan affirme que la religion a valeur de civilisation », avait éructé la militante anti-avortement.

Le genre d’engagements propres aussi à expliquer les gémissements de plaisirs à répétition qu’ont poussé quelques représentants du Vatican depuis l’élection du très saint (petit) père du peuple.

Dont les râles énamourés du cardinal Jean-Louis Tauran. Dans une récente interview au quotidien de la Conférence épiscopale italienne, l’archiviste du Vatican note ainsi benoîtement que « Sarkozy a d’une certaine façon préfiguré la possibilité de retoucher la fameuse loi de 1905, qui a sanctionné la séparation de l’Eglise et de l’Etat, pour rendre possible un financement direct des grandes religions par l’Etat, en rompant un autre tabou de la politique française ».

Il déclare aussi, plein d’espoir : « On verra maintenant comment il se comportera en tant que président de la République. »

Ouais.

Nous aussi, on se demande.

On se demande aussi comment le père de la loi de 1905 n’a pas encore renversé son cercueil à force de se retourner dans sa tombe.

Ça va, Emile, tu tiens le coup ?

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