337-Où sont passés les bistrots d'antan par Olivier de Terme 2 posts

Où sont nos bistrots d'antan ? par Olivier de Terme(Agoravox)

Les petits bistrots du coin prennent l'eau... Ces lieux de convivialité d'autrefois se font de plus en plus rares de nos jours. En 1960, la France comptait 200.000 cafés, il n'en subsiste aujourd'hui que 37.000.

 

 

D'après la légende, le mot « bistrot » nous vient des russes cosaques qui ont occupé Paris en 1814 après la chute de l'Empereur, quand ils venaient dans les estaminets boire du café ou plus souvent de la vodka, ils étaient pressés et utilisait le mot « Bystro  » qui veut dire "vite" en russe...

 

 

À la fin du XIXe siècle et jusqu'aux années 70, le bistrot était un lieu de convivialité, dans lequel le village, ou le quartier dans les grandes villes, avait habitude de se réunir, pour boire un café, un apéritif, et le client de passage pouvait y trouver de quoi se restaurer avec une sandwich ou un plat du jour.

 

 

Qui n'a pas connu le jambon beurre, le saucisson de campagne, ou l'andouille, servis dans une baguette goûteuse et croustillante, un petit plat maison comme une omelette aux champignons et pommes de terre, un petit salé aux lentilles, ou simplement une steack frites ?

 

 

Aujourd'hui les bistrots ferment et se font rares, à qui la faute ? Il m'est arrivé quelques fois d'atterrir dans un café pour essayer de combler mon estomac, il m'a été répondu qu'il n'y avait pas de pain ! Ou une autre fois où le pain était présent, mais c'était cette fois le pâté ou le saucisson qui relevait de l'aliment pour chien ! Une autre fois, à Rivesaltes, le sandwich au saucisson (rosette) était correct, accompagné d'un ballon de vin et pour finir avec un café, l'addition s'est retrouvée indigeste avec un montant de 12 euros... Autant qu'un repas avec service !

 

 

Les bistrots ferment à la cadence de deux par jour, et c'est dommage, ils sont souvent le dernier lien de convivialité dans certaines régions isolées, l'annexe de l'église ou de l'entreprise. Le café du commerce, celui des brèves de comptoir et des « becs en zinc » chers à Marcel Pagnol, dans lequel on refait le monde chaque jour, où chacun, et quelles que soient ses opinions politiques, a la possibilité de donner ses opinions sur le monde...

 

 

Quand j'étais gosse, notre père nous emmenait au bistrot boire un diabolo, cela nous permettait de discuter, de participer à la vie de la société, se faire des copains, il y avait le flipper ou le baby foot, le juke box qui diffusait nos chansons préférées.

 

 

Et puis maintenant, il y aussi le pandore qui traque le client à la sortie de l'établissement, bien que je sois contre l'alcoolémie au volant, les mesures drastiques limitent la fréquentation des bistrots... Et maintenant il va y voir les restrictions sur le tabac, cela annonce la mort certaine de tous les établissements ruraux.

 

 

Les gens vont rester maintenant chez eux pour continuer à picoler, fumer, et cultiver de plus en plus l'individualisme, n'ayant plus la possibilité de partager avec d'autres. Cela va faire les grands jours de la restauration rapide, je vais acheter un macquedu ou une pizza, et je rapporte ça chez moi en bouffant cette merde devant la télé, principalement branchée sur TF1 ou M6, accompagné de tous ce qui me tombe sous la main, bière pinard ou autres alcools forts !

 

 

La malbouffe, le torchage à la maison, l'abrutissement audiovisuel, tout cela est autorisé, puisque cela relève du domaine privé... mais le côté social et raisonnable aura disparu...

 

 

Demandons-nous ce qu'il serait advenu de nos grands poètes, Prévert, Verlaine, Aragon, Rimbaud, Desnos, Gainsbourg, Baudelaire, Mallarmé, Apollinaire, Beauvoir, ou Sartre, s'ils n'avaient pas eu un bistrot pour écrire leur littérature ?

 

 

Mais où sont nos bistrots d'antan ?



http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25051



Article ajouté le 2007-05-30 , consulté 688 fois

Commentaires


les bistrots? Au moins deux réponses. site : caron-caron;book.fr | le 20/04/2008 à 18:52:27
Moins de bistrots? Surtout moins de clients au bistrot. Deux raisons, une solution .
La première: trop cher! Beaucoup trop cher! Un café pour le prix d'un steak haché c'est une honte!
Qui peut nous dire quel était le prix d'un café ou d'un verre de cahors dans les années 50 ( quel serait le prix aujourd'hui en tenant compte de l'inflation?)
La seconde: Je me demande si le pouvoir n'a pas intérêt à isoler les individus. En fait je ne me le demande pas. Quand on se rencontre on discute, on réfléchit......
Il y a peut être une solution . S'inspirer des cercles des travailleurs. Il en existe encore dans le département des landes.
Ou le café associatif, il y en a un à Montauban. Le café serait à 30 ou 50 cts d'Euro. Pas plus cher que dans les machines à café d'entreprise.
A bon entendeur...

sarre le 06/06/2007 à 18:19:40
et le che qui lui a depassé la longue vie qu'est ce que long peu bien lui souhaité
lui qui ne boie pas
un poste de ministre dans 5ans
le premier
tryphon le 01/06/2007 à 07:02:08
La mère lachaise enterré! Son plus beau rôle, c'est tout de même dans Le Beau Serge. Et puis son rôle de folle perdue dans un navet de gérard oury. Ceci dit, c'est une génération qui disparaît: noiret, brialy, cassel. Longue vie à marielle, rochefort et chirac!
Marc Baldy le 31/05/2007 à 23:15:54
Jean-Claude Brialy à Cahors
Ce n'est pas dans un bistrot mais au mythique Restaurant"La Taverne",place Escorbiac,à Cahors que j'ai fait connaissance avec Jean-claude Brialy disparu aujourd'hui.Je raconte cette journée et ce dîner dans "Boulevard Gambetta" mon premier ouvrage.
Jusque là,je ne l'avais vu qu'au théâtre,au cinéma ou à la télévision.Le jeudi 30 novembre puis le vendredi 1er décembre 2000,Bernard Charles,député-Maire,avait invité l'opéra éclaté d'Olivier Desbordes qui donnait "La flûte enchantée" de W.Amadeus Mozart et son ami Jean-Claude Brialy qui présentait "Mon père avait raison",une pièce de Sacha Guitry écrite en 1919.Il s'agissait de fêter la superbe rénovation du théâtre municipal.
Le soir au dîner,ou plutôt au souper amical qui suivit le spectacle j'ai découvert Brialy,un homme intelligent,sensible et généreux,tout à l'opposé du "people" décrit dans les journaux spécialisés.
Il pratiquait l'autodérision,donnait à rire de lui-même en régalant son auditoire d'anecdotes sur le monde du spectacle.C'était un plaisir de l'écouter parler de son métier,rendre vivant et humain un monde virtuel pour nous.Je fus frappé par son talent de conteur,sa capacité d'écoute,sa générosité à l'égard des anciennes gloires du spectacle retirées de la scène ou dans le besoin.
Certaines de ses anecdotes parurent dans "Le ruisseau des singes",publié en 2003 chez Robert Laffont .Ce ruisseau des singes,près de Blida où je fis une partie de mon service militaire pendant la guerre d'Algérie lui permit de parler de son enfance,de fournir des éléments autobiographiques mais aussi d'évoquer les grandes figures du cinéma français:Chabrol,Truffaut,Godard,Romer,Jean Marais,Gabin,Romy Sneider....

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