Tout le monde sent bien que la situation en Guadeloupe est devenue critique.Tous les regards sont braqués sur cette île des Caraïbes, département d'outremer qui rencontre des difficultés insurmontables et qui doit faire face sans l'aide attentive du gouvernement central.
Les prix des produits de consommation courante(40% de plus qu'en métropole)sont inaccessibles pour une grande partie de la population .Le pouvoir d'achat est en berne,les salaires moyens sont plus faibles qu'ici.Le carburant manque.La colonisation, des décennies plus tard, a laissé son empreinte et quelques personnes en font leurs choux gras.Il ne faudrait pas que des négligences et quelques monopoles réveillent les vieux démons du séparatisme.
Quand 100000 personnes manifestent,soit le quart de la population,c'est qu'il y a urgence.Chacun voit bien que La Martinique et la Réunion vont suivre,et peut être la métropole.Dans son tourbillon universel,le président a eu tord de ne pas écouter ce bout lointain de la France, où la crise frappe un peu plus fort qu'ici.
« Ce qui est choquant dans l'attitude du premier ministre déclare Christian Paul,député PS de la Nièvre et ancien secrétaire d'Etat à l'Outremer,c'est de renvoyer la discussion aux seuls partenaires sociaux,alors qu'en métropole,s'annonce pour le 18 février,une discussion entre l'Etat et les partenaires sociaux. »On se doute bien qu'il craint la contagion…
L'Etat ,avec retard,doit intervenir d'urgence,rétablir le dialogue,trouver des solutions,imposer la justice sociale.Il y a le feu.Pour la France et la Nation,c'est beaucoup plus urgent que l'Irak, que le ski que le commandement intégré de l'Otan.Dans ce département du Lot dont Gaston Monnerville fut Président du Conseil général,sénateur président du sénat et maire, dont la préfète est originaire de la grande île, nous ne saurions l'oublier.
Ségolène Royal réclame la présence d'un ministre,dessin de Nono le dessinateur
Nono
Article ajouté le 2009-02-15 , consulté 194 fois
Commentaires
Gachi le 06/03/2009 à 20:36:52
Tout ça pour ça ! Après 43 jours de grèves et de paralysie, l'accord signé en Guadeloupe inspire un sentiment de soulagement, bien sûr, mais aussi une impression de gâchis. Que de temps perdu lorsqu'on se souvient qu'un accord à peu près identique aurait pu être signé il y a un mois ! Les fameux 200 euros d'augmentation sur les bas salaires, que le gouvernement et le patronat n'avaient pas voulu accorder début février, l'ont finalement été début mars, offrant au leader guadeloupéen Élie Domota et à son collectif du LKP une victoire quasi complète. Entre-temps, il aura fallu un nombre chaque jour croissant de dépôts de bilan et d'emplois détruits. Il aura fallu une démonstration d'autorité malvenue de la part du Premier ministre qui a inutilement humilié son ministre des DOM-TOM en le rappelant soudainement en métropole alors qu'un accord était tout proche. François Fillon, qui joue volontiers les pères la Rigueur, ne voulait pas créer un précédent en matière de hausse des salaires. Il a dû céder lui aussi ; le coût de l'accord signé mercredi soir est évalué à 200 à 250 millions d'euros pour l'État. Une goutte d'eau dans l'océan du déficit budgétaire (100 milliards d'euros) qu'actait le même jour le Conseil des ministres... Bruno Dives Sud Ouest
Gros rouge le 26/02/2009 à 09:50:53
C'est en effet une marque de désintérêt manifeste, mais aussi une grande lassitude de la part des Français, sur lesquels il tombe chaque jour de nouvelles tuiles.
Comme pour la Corse, les Français dans leur majorité seraient pour une autodétermination allant jusqu'à l'indépendance. Si les électeurs guadeloupéens et martiniquais se prononçaient pour le maintien dans la république Française, il faudrait alors que la loi s'applique avec toute sa rigueur contre tout les monopoles, qui sont là bas, comme ici, contraires aux réglementations européennes dont on nous rebat les oreilles chaque jour en métropole.
Marc le 26/02/2009 à 00:04:07
Comme le visiteur précédent je suis déçu par le relatif manque d'intérêt des bistronautes pour ce difficile et crucial conflit de la Guadeloupe.
L Arawak de Cahors le 25/02/2009 à 23:52:04
Un peu beaucoup surpris,par les reactions des lecteurs du blog de Marc.Cette crise expliquée en métropole par des médias bien passifs me rappelle mai 1967 où 100 à 200 travailleurs de Guadeloupe qui sont morts assassinés par les crs républicains n avaient pas eu les honneurs de la presse métropolitaine.Depuis une trentaine d années lesDOMS ont été transformés en un gigantesque bronze fesse pour touristes europeens friands se venir donner des couleurs à leur peau en plein coeur de l hiver.Les populations antillaises à qui on à fait croire que la métropole était le paradis ont été laissée avec des infrastructures indignes d un département de la république française.Aujourd'hui il es plus compliqué de masquer le differenciel avec la métropole sur beaucoup de domaine.Pour conclure il n y a pas a propement parler de fracture entre les béké blancs et les noirs seulement un parfum subtil de racisme qui comme dit le proverbe creole:frère oui beau frère non
BVA le 24/02/2009 à 22:18:07
huit Français sur dix, (78%), estiment justifié le mouvement social qui paralyse la Guadeloupe depuis plus d'un mois, selon un sondage BVA pour Orange, L'Express et France-Inter présenté mardi 24 février.
Seuls 17% des personnes interrogées considèrent que le mouvement n'est pas justifié, et 5% sont sans avis.
Les sympathisants de droite sont 67% à trouver le mouvement justifié, tout comme 89% des personnes interrogées proches de la gauche et 68% des personnes sans préférence partisane.
Marc le 22/02/2009 à 17:53:35
Chacun sait que je n'ai jamais été un proche de Michel Rocard ni un militant rocardien.Je viens de l"entendre sur Dimanche soir,une émission d'Itélé.Aussi bien sur l'analyse de la crise en Guadeloupe que sur la crise financière je ne peux que l'applaudir et dire mon accord.L'ancien premier ministre vient d'y faire montre d'une grande sagesse et d'une maîtrise politique rare.
koztoujours... le 21/02/2009 à 18:40:50
Le nouveau gouvernement israélien ? Je m’en fous. Le procès AZF ? Je m’en fous. Le sommet social ? Je m’en fous. L’occupation temporaire de la Sorbonne ? Je m’en fous. La réorganisation des régions ? Je m’en fous. L’expulsion de Williamson ? Je m’en fous. Les plans de relance ? Je m’en fous. La Guadeloupe ? Je m’en fous. Je sais, c’est inconscient, méprisable, c’est un comportement de privilégiés, c’est indécent, lamentable et coupable. Mais je m’en fous. Et je ne pars pas les mains complètement vide : je prends l’autobiographie d’Obama, bioéthique : propos pour un dialogue, peut-être Vatican II, quoique, c’est épais, et puis tout de même une enquête de Nicolas Le Floc’h. Plus des palmes, un masque, une femme et deux enfants. See you le 29. Juré, je reviendrai frais, dispo, et super-concerné.
www.koztoujours.fr
La Dépêche du Midi le 19/02/2009 à 10:54:42
éditorial jean-claude Souléry
"La Guadeloupe devrait nous inciter à beaucoup d'humilité. Ce n'est pas une île perdue de la mer Caraïbes où quelques révoltés se livreraient au pillage, c'est d'abord un coin de notre République où les populations ressentent, plus qu'ailleurs, un sentiment d'injustice. Un sentiment d'abandon aussi. Or, ce genre de malaise, qui remonte à trop loin, ne se règle pas forcément à coups de bâton. Il y faut un sens aigu de l'histoire, pour tout dire un art politique, et beaucoup de compréhension - comprendre cette forte revendication de dignité... La grève, dont le mot d'ordre concernait le pouvoir d'achat, dure depuis près d'un mois en Guadeloupe. Essence trop chère, salaires trop bas, trop de chômage. Il a fallu près d'un mois pour que la métropole mesure l'ampleur d'un mouvement lointain qui pourtant reprenait en chœur des slogans que nous connaissions bien, il a fallu que les manifestations deviennent révolte et que la révolte déborde sur nos petits écrans, il a surtout fallu un premier mort et des tirs à balles réelles pour qu'on commence en haut lieu à entendre le mal de l'île.
Un mois pour rien ? Le Premier ministre aurait pu et dû s'investir directement, il est resté à l'écart comme s'il pariait sur le pourrissement d'une situation que lui, François Fillon, considérait lointaine et marginale. Yves Jégo, son secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer, a déjà fait deux voyages à vide, il a beaucoup parlé, mais parlé dans le vide. Désormais, puisque l'île est livrée au désordre, c'est la ministre de l'Intérieur en personne qui s'y colle, manière de montrer aux Guadeloupéens que la métropole veut, d'abord et sans condition, un retour à l'ordre - Michèle Alliot-Marie est à elle seule le symbole d'un État qui se raidit. N'a-t-on pas compris qu'il y faudrait au moins un début de souplesse ?
Il est des plaies qui s'enveniment parce qu'on les a trop longtemps délaissées. Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion… Ce n'est pas un hasard qu'on y décrète des grèves, ce n'est pas seulement la crise économique mondiale qui jette dans la rue des milliers de Français antillais, mais c'est une exaspération sociale profonde - séculaire, pourrait-on dire - face aux discriminations récurrentes, à la concentration criarde de la propriété et des pouvoirs, face à l'unique avenir qu'on leur promet et qui s'apparente à de l'assistanat. Ce n'est pas un hasard non plus si, en Guadeloupe, le mouvement intersyndical a pris pour dénomination « Lyannaj kont pwofitatyon » - qui veut dire « collectif contre l'exploitation outrancière ».
Les mots pèsent lourd. Comme en échos lointain, Nicolas Sarkozy voudrait répondre aujourd'hui dans l'urgence« à une certaine forme de désespérance » qui s'exprime dans l'Outre-mer. Soit.
Mais, en des temps plus anciens, Aimé Césaire, l'Antillais révolté, avertissait déjà avec sa lucidité très militante : « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ». à l'occasion de sa mort, en avril dernier, on disait le plus grand bien d'Aimé Césaire dans les cercles du pouvoir. Le Président va-t-il s'en souvenir ?
Goliath le 18/02/2009 à 13:53:19
Un mort pour rien!
Je suis étonné du manque d'intérêt des visiteurs de ce blog pour la Guadeloupe.Voici ma réaction:
Môssieur sarkozy a préféré Megève à la Guadeloupe, quelle honte pour ce petit homme qui se dit président de tous les français!
Depuis ce triste mois de mai 2007, le guide décomplexé ne perd pas une occasion pour se rendre sur tous les fronts et souvent pour pas grand chose si ce n'est déverser sa propagande et servir sa communication nombriliste, et là, pendant que les Antilles traversent une crise grave, le neuilléen pavane en Irak et ose aller skier dans la station bling bling, quel symbole de mépris!
Anti Fadas le 17/02/2009 à 17:46:39
Aucun gouvernement n’ayant fait l’effort de casser ce cercle vicieux de l’économie coloniale, ces îles superbes n’ont pas de cultures vivrières, aucune industrie locale, aucun schéma de développement s’imbriquant dans leur environnement géographique. Résultats : toute l’économie – importation depuis la métropole, transport, distribution, énergie, exportation de la banane, banques, etc. – sont aux mains de quelques familles de Blancs et, plus rares, de Métis qui, à l’abri de monopoles d’importation, établissent les prix qu’ils veulent et se gavent sur le dos de l’ensemble de la population.
Autre composante essentielle de cette économie : 60% du pognon qui circule dans l’île provient des salaires des fonctionnaires ! Totalement aberrant. Il faut dire que ceux-ci touchent des traitements et salaires majorés de 40% par rapport à ceux de la métropole ! Contrairement aux salariés du secteur marchand pour lesquels le SMIC est la règle… Cette manne de pognon est captée sans vergogne par les chaînes de distribution de produits courants et de produits alimentaires en provenance de la métropole. D’où la cherté de la vie, bien supérieure à celle de la France métropolitaine.
Que fait Sarkozy? Il skie.
Audrey Pulvar le 16/02/2009 à 22:17:46
« Vous découvrez, chers amis téléspectateurs de Ripostes, que la vie sous les cocotiers n’est pas forcément aussi douce et langoureuse qu’on l’imagine. Nous, Antillais, cela fait longtemps que nous le savons. Voila une crise importante qui est faite de problèmes anciens, le chômage endémique, la désespérance d’une partie de la jeunesse, les difficultés à se former, les salaires dans le privé qui sont très bas, beaucoup plus bas qu’en métropole. Une grande précarité, de gros problème de drogue [héroïne, cocaïne], de gros problèmes de santé, le sida, un nombre important de cancers, des questions écologiques importantes, des sols pollués, un littoral dégradé… Tout cela fait des ingrédients assez nombreux pour une crise telle que celle qui éclate aujourd’hui.
Depuis 25 jour en Guadeloupe, dix jours en Martinique, pas d’école, pas de Poste, pas de services publics en général sauf les services d’urgence. Les entreprises fermées, les rues bloquées, les stations d’essence vides, les rayons des supermarchés vides. Et vous autres métropolitains, vous vous demandez « mais comment font-ils pour tenir ? » Ils tiennent parce que là-bas, la solidarité ça fonctionne bien. Aux Antilles, la solidarité n’est pas un vain mot.
Les prix sont élevés
Un pain : 1.50 euro
1 litre d’essence : 1.15 à 1.20 euros
1 paquet de couches pour bébé, bas de gamme, : 12 e
1 litre d’huile : 4.50 à 5 euros
Et les salaires sont plus bas qu’en France.
Les Créoles retrouvent les réflexes anciens, du temps de la dernière guerre mondiale au temps où les denrées n’étaient pas acheminées à cause de la guerre. Ca peut durer longtemps. [Parce que pour les choses importantes], les gens sont solidaires. Les établissements de soin n’étant plus fournis en sang, ils ont lancé un appel et les gens se sont rués sur ce que vous considérez comme des places de villages, les gens se sont rués sur les places des communes.
Il y a à l’occasion de ce conflit de vieilles blessures qui ressurgissent. Il y a effectivement un problème de répartition des richesses et de clans. Même s’il y a beaucoup de fluidité, en tous les cas en Martinique, entre Martiniquais békés et Martiniquais noirs, il est vrai que les communautés se mélangent peu.
L’extrémisme se nourrit de la crise. Vous allez bien sûr trouver des extrémistes qui vont vous dire, les Blancs contre les Noirs –j’ai même entendu sur une radio « c’est Békés contre Nègres ». Ce n’est pas tout à fait ça. Les gens raisonnables et il y en a et c’est la majorité, savent qu’en Martinique et en Guadeloupe, ils ont une histoire commune avec les békés. Les Békés sont des Martiniquais ou des Guadeloupéens à part entière. Ils sont considérés comme tels. Il y a une histoire douloureuse, il y a des choses qui ne sont pas réglées.
Eux, les possédants, ceux qu’ils appellent les profiteurs. Il se trouve que ce sont essentiellement des Békés. Mais il y a aussi des profiteurs noirs.
Ceux qui profitent de la guerre –puisque là-bas on est en état de crise permanente. Il y a aussi des élus corrompus.
Ce qui se passe en Martinique, c’est une hyper illustration de ce qui se passe en France.
Sortons du contexte racial.
Les revendications c’est quoi ?
Les salaires trop bas, la cherté de la vie, les prix du carburant qui augmentent, on ne s’en sort plus. Les enfants font des études et ils se retrouvent au chômage.
Il n’y a pas une crise guadeloupéenne et une crise française.
Si j’étais méchante, je vous dirais que Jacques Chirac, [s'il avait parlé à la télévision...] lui, aurait sûrement eu une parole pour les Guadeloupéens ! ».
Audrey Pulvar Ripostes 15 janvier 2009,citée par Anna
30 Rue de...Toulouse le 15/02/2009 à 17:32:18
pour jean-gabriel:tu vois que le blog de marc ne parle pas que de cahors ou du lot.La Gouadeloupe c'est bien plus loin de Toulouse.Ce blog est Mondial,Universel,et Génial.
yahoo le 15/02/2009 à 15:50:02
Samedi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé aux couleurs du LKP, un collectif qui regroupe 49 organisations syndicales, dans un lieu symbolique, la ville du Moule.
Située à une vingtaine de kilomètres à l'est de Pointe-à-Pitre, cette localité avait vu tomber sous les balles des forces de l'ordre des ouvriers de la canne lors d'une manifestation pour une augmentation des salaires en 1952.
La députée guyanaise Christiane Taubira, présente à la manifestation, a estimé que Nicolas Sarkozy devrait intervenir de façon solennelle pour répondre aux inquiétudes des Antilles.
Dans un entretien au Journal du dimanche, la députée PRG a dénoncé les inégalités dans ces départements, où l'on frôle selon elle "l'apartheid social" qui serait pratiqué par les pouvoirs des propriétaires blancs, les békés.
Cette "caste détient le pouvoir économique et en abuse", a estimé l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.
"Nicolas Sarkozy doit prendre acte des abus constatés sur nos territoires et s'engager à ce que toute la lumière soit faite sur l'opacité des prix", a dit l'élue, qui soupçonne notamment des irrégularités sur la tarification de l'essence.
"Si l'Etat ne fait rien, la lutte va continuer : les négociations ne sont pas obérées par l'intransigeance syndicale mais par l'injustice du système", a-t-elle prévenu.
Pour le président du Sénat, Gérard Larcher, si "le problème d'urgence est d'abord de pouvoir répondre aux problèmes de pouvoir d'achat", le problème de l'Outre-mer est plus large.
"Je pense que le dossier de l'Outre-mer, ce n'est pas seulement le panier de la ménagère", a-t-il dit sur Europe 1 en estimant que leur statut, qui date de 1946, doit être modifié.
Commentaires
Gachi le 06/03/2009 à 20:36:52Tout ça pour ça ! Après 43 jours de grèves et de paralysie, l'accord signé en Guadeloupe inspire un sentiment de soulagement, bien sûr, mais aussi une impression de gâchis. Que de temps perdu lorsqu'on se souvient qu'un accord à peu près identique aurait pu être signé il y a un mois ! Les fameux 200 euros d'augmentation sur les bas salaires, que le gouvernement et le patronat n'avaient pas voulu accorder début février, l'ont finalement été début mars, offrant au leader guadeloupéen Élie Domota et à son collectif du LKP une victoire quasi complète. Entre-temps, il aura fallu un nombre chaque jour croissant de dépôts de bilan et d'emplois détruits. Il aura fallu une démonstration d'autorité malvenue de la part du Premier ministre qui a inutilement humilié son ministre des DOM-TOM en le rappelant soudainement en métropole alors qu'un accord était tout proche. François Fillon, qui joue volontiers les pères la Rigueur, ne voulait pas créer un précédent en matière de hausse des salaires. Il a dû céder lui aussi ; le coût de l'accord signé mercredi soir est évalué à 200 à 250 millions d'euros pour l'État. Une goutte d'eau dans l'océan du déficit budgétaire (100 milliards d'euros) qu'actait le même jour le Conseil des ministres... Bruno Dives Sud Ouest
Gros rouge le 26/02/2009 à 09:50:53
C'est en effet une marque de désintérêt manifeste, mais aussi une grande lassitude de la part des Français, sur lesquels il tombe chaque jour de nouvelles tuiles.
Comme pour la Corse, les Français dans leur majorité seraient pour une autodétermination allant jusqu'à l'indépendance. Si les électeurs guadeloupéens et martiniquais se prononçaient pour le maintien dans la république Française, il faudrait alors que la loi s'applique avec toute sa rigueur contre tout les monopoles, qui sont là bas, comme ici, contraires aux réglementations européennes dont on nous rebat les oreilles chaque jour en métropole.
Marc le 26/02/2009 à 00:04:07
Comme le visiteur précédent je suis déçu par le relatif manque d'intérêt des bistronautes pour ce difficile et crucial conflit de la Guadeloupe.
L Arawak de Cahors le 25/02/2009 à 23:52:04
Un peu beaucoup surpris,par les reactions des lecteurs du blog de Marc.Cette crise expliquée en métropole par des médias bien passifs me rappelle mai 1967 où 100 à 200 travailleurs de Guadeloupe qui sont morts assassinés par les crs républicains n avaient pas eu les honneurs de la presse métropolitaine.Depuis une trentaine d années lesDOMS ont été transformés en un gigantesque bronze fesse pour touristes europeens friands se venir donner des couleurs à leur peau en plein coeur de l hiver.Les populations antillaises à qui on à fait croire que la métropole était le paradis ont été laissée avec des infrastructures indignes d un département de la république française.Aujourd'hui il es plus compliqué de masquer le differenciel avec la métropole sur beaucoup de domaine.Pour conclure il n y a pas a propement parler de fracture entre les béké blancs et les noirs seulement un parfum subtil de racisme qui comme dit le proverbe creole:frère oui beau frère non
BVA le 24/02/2009 à 22:18:07
huit Français sur dix, (78%), estiment justifié le mouvement social qui paralyse la Guadeloupe depuis plus d'un mois, selon un sondage BVA pour Orange, L'Express et France-Inter présenté mardi 24 février.
Seuls 17% des personnes interrogées considèrent que le mouvement n'est pas justifié, et 5% sont sans avis.
Les sympathisants de droite sont 67% à trouver le mouvement justifié, tout comme 89% des personnes interrogées proches de la gauche et 68% des personnes sans préférence partisane.
Marc le 22/02/2009 à 17:53:35
Chacun sait que je n'ai jamais été un proche de Michel Rocard ni un militant rocardien.Je viens de l"entendre sur Dimanche soir,une émission d'Itélé.Aussi bien sur l'analyse de la crise en Guadeloupe que sur la crise financière je ne peux que l'applaudir et dire mon accord.L'ancien premier ministre vient d'y faire montre d'une grande sagesse et d'une maîtrise politique rare.
koztoujours... le 21/02/2009 à 18:40:50
Le nouveau gouvernement israélien ? Je m’en fous. Le procès AZF ? Je m’en fous. Le sommet social ? Je m’en fous. L’occupation temporaire de la Sorbonne ? Je m’en fous. La réorganisation des régions ? Je m’en fous. L’expulsion de Williamson ? Je m’en fous. Les plans de relance ? Je m’en fous. La Guadeloupe ? Je m’en fous. Je sais, c’est inconscient, méprisable, c’est un comportement de privilégiés, c’est indécent, lamentable et coupable. Mais je m’en fous. Et je ne pars pas les mains complètement vide : je prends l’autobiographie d’Obama, bioéthique : propos pour un dialogue, peut-être Vatican II, quoique, c’est épais, et puis tout de même une enquête de Nicolas Le Floc’h. Plus des palmes, un masque, une femme et deux enfants. See you le 29. Juré, je reviendrai frais, dispo, et super-concerné.
www.koztoujours.fr
La Dépêche du Midi le 19/02/2009 à 10:54:42
éditorial jean-claude Souléry
"La Guadeloupe devrait nous inciter à beaucoup d'humilité. Ce n'est pas une île perdue de la mer Caraïbes où quelques révoltés se livreraient au pillage, c'est d'abord un coin de notre République où les populations ressentent, plus qu'ailleurs, un sentiment d'injustice. Un sentiment d'abandon aussi. Or, ce genre de malaise, qui remonte à trop loin, ne se règle pas forcément à coups de bâton. Il y faut un sens aigu de l'histoire, pour tout dire un art politique, et beaucoup de compréhension - comprendre cette forte revendication de dignité... La grève, dont le mot d'ordre concernait le pouvoir d'achat, dure depuis près d'un mois en Guadeloupe. Essence trop chère, salaires trop bas, trop de chômage. Il a fallu près d'un mois pour que la métropole mesure l'ampleur d'un mouvement lointain qui pourtant reprenait en chœur des slogans que nous connaissions bien, il a fallu que les manifestations deviennent révolte et que la révolte déborde sur nos petits écrans, il a surtout fallu un premier mort et des tirs à balles réelles pour qu'on commence en haut lieu à entendre le mal de l'île.
Un mois pour rien ? Le Premier ministre aurait pu et dû s'investir directement, il est resté à l'écart comme s'il pariait sur le pourrissement d'une situation que lui, François Fillon, considérait lointaine et marginale. Yves Jégo, son secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer, a déjà fait deux voyages à vide, il a beaucoup parlé, mais parlé dans le vide. Désormais, puisque l'île est livrée au désordre, c'est la ministre de l'Intérieur en personne qui s'y colle, manière de montrer aux Guadeloupéens que la métropole veut, d'abord et sans condition, un retour à l'ordre - Michèle Alliot-Marie est à elle seule le symbole d'un État qui se raidit. N'a-t-on pas compris qu'il y faudrait au moins un début de souplesse ?
Il est des plaies qui s'enveniment parce qu'on les a trop longtemps délaissées. Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion… Ce n'est pas un hasard qu'on y décrète des grèves, ce n'est pas seulement la crise économique mondiale qui jette dans la rue des milliers de Français antillais, mais c'est une exaspération sociale profonde - séculaire, pourrait-on dire - face aux discriminations récurrentes, à la concentration criarde de la propriété et des pouvoirs, face à l'unique avenir qu'on leur promet et qui s'apparente à de l'assistanat. Ce n'est pas un hasard non plus si, en Guadeloupe, le mouvement intersyndical a pris pour dénomination « Lyannaj kont pwofitatyon » - qui veut dire « collectif contre l'exploitation outrancière ».
Les mots pèsent lourd. Comme en échos lointain, Nicolas Sarkozy voudrait répondre aujourd'hui dans l'urgence« à une certaine forme de désespérance » qui s'exprime dans l'Outre-mer. Soit.
Mais, en des temps plus anciens, Aimé Césaire, l'Antillais révolté, avertissait déjà avec sa lucidité très militante : « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ». à l'occasion de sa mort, en avril dernier, on disait le plus grand bien d'Aimé Césaire dans les cercles du pouvoir. Le Président va-t-il s'en souvenir ?
Goliath le 18/02/2009 à 13:53:19
Un mort pour rien!
Je suis étonné du manque d'intérêt des visiteurs de ce blog pour la Guadeloupe.Voici ma réaction:
Môssieur sarkozy a préféré Megève à la Guadeloupe, quelle honte pour ce petit homme qui se dit président de tous les français!
Depuis ce triste mois de mai 2007, le guide décomplexé ne perd pas une occasion pour se rendre sur tous les fronts et souvent pour pas grand chose si ce n'est déverser sa propagande et servir sa communication nombriliste, et là, pendant que les Antilles traversent une crise grave, le neuilléen pavane en Irak et ose aller skier dans la station bling bling, quel symbole de mépris!
Anti Fadas le 17/02/2009 à 17:46:39
Aucun gouvernement n’ayant fait l’effort de casser ce cercle vicieux de l’économie coloniale, ces îles superbes n’ont pas de cultures vivrières, aucune industrie locale, aucun schéma de développement s’imbriquant dans leur environnement géographique. Résultats : toute l’économie – importation depuis la métropole, transport, distribution, énergie, exportation de la banane, banques, etc. – sont aux mains de quelques familles de Blancs et, plus rares, de Métis qui, à l’abri de monopoles d’importation, établissent les prix qu’ils veulent et se gavent sur le dos de l’ensemble de la population.
Autre composante essentielle de cette économie : 60% du pognon qui circule dans l’île provient des salaires des fonctionnaires ! Totalement aberrant. Il faut dire que ceux-ci touchent des traitements et salaires majorés de 40% par rapport à ceux de la métropole ! Contrairement aux salariés du secteur marchand pour lesquels le SMIC est la règle… Cette manne de pognon est captée sans vergogne par les chaînes de distribution de produits courants et de produits alimentaires en provenance de la métropole. D’où la cherté de la vie, bien supérieure à celle de la France métropolitaine.
Que fait Sarkozy? Il skie.
Audrey Pulvar le 16/02/2009 à 22:17:46
« Vous découvrez, chers amis téléspectateurs de Ripostes, que la vie sous les cocotiers n’est pas forcément aussi douce et langoureuse qu’on l’imagine. Nous, Antillais, cela fait longtemps que nous le savons. Voila une crise importante qui est faite de problèmes anciens, le chômage endémique, la désespérance d’une partie de la jeunesse, les difficultés à se former, les salaires dans le privé qui sont très bas, beaucoup plus bas qu’en métropole. Une grande précarité, de gros problème de drogue [héroïne, cocaïne], de gros problèmes de santé, le sida, un nombre important de cancers, des questions écologiques importantes, des sols pollués, un littoral dégradé… Tout cela fait des ingrédients assez nombreux pour une crise telle que celle qui éclate aujourd’hui.
Depuis 25 jour en Guadeloupe, dix jours en Martinique, pas d’école, pas de Poste, pas de services publics en général sauf les services d’urgence. Les entreprises fermées, les rues bloquées, les stations d’essence vides, les rayons des supermarchés vides. Et vous autres métropolitains, vous vous demandez « mais comment font-ils pour tenir ? » Ils tiennent parce que là-bas, la solidarité ça fonctionne bien. Aux Antilles, la solidarité n’est pas un vain mot.
Les prix sont élevés
Un pain : 1.50 euro
1 litre d’essence : 1.15 à 1.20 euros
1 paquet de couches pour bébé, bas de gamme, : 12 e
1 litre d’huile : 4.50 à 5 euros
Et les salaires sont plus bas qu’en France.
Les Créoles retrouvent les réflexes anciens, du temps de la dernière guerre mondiale au temps où les denrées n’étaient pas acheminées à cause de la guerre. Ca peut durer longtemps. [Parce que pour les choses importantes], les gens sont solidaires. Les établissements de soin n’étant plus fournis en sang, ils ont lancé un appel et les gens se sont rués sur ce que vous considérez comme des places de villages, les gens se sont rués sur les places des communes.
Il y a à l’occasion de ce conflit de vieilles blessures qui ressurgissent. Il y a effectivement un problème de répartition des richesses et de clans. Même s’il y a beaucoup de fluidité, en tous les cas en Martinique, entre Martiniquais békés et Martiniquais noirs, il est vrai que les communautés se mélangent peu.
L’extrémisme se nourrit de la crise. Vous allez bien sûr trouver des extrémistes qui vont vous dire, les Blancs contre les Noirs –j’ai même entendu sur une radio « c’est Békés contre Nègres ». Ce n’est pas tout à fait ça. Les gens raisonnables et il y en a et c’est la majorité, savent qu’en Martinique et en Guadeloupe, ils ont une histoire commune avec les békés. Les Békés sont des Martiniquais ou des Guadeloupéens à part entière. Ils sont considérés comme tels. Il y a une histoire douloureuse, il y a des choses qui ne sont pas réglées.
Eux, les possédants, ceux qu’ils appellent les profiteurs. Il se trouve que ce sont essentiellement des Békés. Mais il y a aussi des profiteurs noirs.
Ceux qui profitent de la guerre –puisque là-bas on est en état de crise permanente. Il y a aussi des élus corrompus.
Ce qui se passe en Martinique, c’est une hyper illustration de ce qui se passe en France.
Sortons du contexte racial.
Les revendications c’est quoi ?
Les salaires trop bas, la cherté de la vie, les prix du carburant qui augmentent, on ne s’en sort plus. Les enfants font des études et ils se retrouvent au chômage.
Il n’y a pas une crise guadeloupéenne et une crise française.
Si j’étais méchante, je vous dirais que Jacques Chirac, [s'il avait parlé à la télévision...] lui, aurait sûrement eu une parole pour les Guadeloupéens ! ».
Audrey Pulvar Ripostes 15 janvier 2009,citée par Anna
30 Rue de...Toulouse le 15/02/2009 à 17:32:18
pour jean-gabriel:tu vois que le blog de marc ne parle pas que de cahors ou du lot.La Gouadeloupe c'est bien plus loin de Toulouse.Ce blog est Mondial,Universel,et Génial.
yahoo le 15/02/2009 à 15:50:02
Samedi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé aux couleurs du LKP, un collectif qui regroupe 49 organisations syndicales, dans un lieu symbolique, la ville du Moule.
Située à une vingtaine de kilomètres à l'est de Pointe-à-Pitre, cette localité avait vu tomber sous les balles des forces de l'ordre des ouvriers de la canne lors d'une manifestation pour une augmentation des salaires en 1952.
La députée guyanaise Christiane Taubira, présente à la manifestation, a estimé que Nicolas Sarkozy devrait intervenir de façon solennelle pour répondre aux inquiétudes des Antilles.
Dans un entretien au Journal du dimanche, la députée PRG a dénoncé les inégalités dans ces départements, où l'on frôle selon elle "l'apartheid social" qui serait pratiqué par les pouvoirs des propriétaires blancs, les békés.
Cette "caste détient le pouvoir économique et en abuse", a estimé l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.
"Nicolas Sarkozy doit prendre acte des abus constatés sur nos territoires et s'engager à ce que toute la lumière soit faite sur l'opacité des prix", a dit l'élue, qui soupçonne notamment des irrégularités sur la tarification de l'essence.
"Si l'Etat ne fait rien, la lutte va continuer : les négociations ne sont pas obérées par l'intransigeance syndicale mais par l'injustice du système", a-t-elle prévenu.
Pour le président du Sénat, Gérard Larcher, si "le problème d'urgence est d'abord de pouvoir répondre aux problèmes de pouvoir d'achat", le problème de l'Outre-mer est plus large.
"Je pense que le dossier de l'Outre-mer, ce n'est pas seulement le panier de la ménagère", a-t-il dit sur Europe 1 en estimant que leur statut, qui date de 1946, doit être modifié.