702-La gendarmerie,vraie police de proximité,va disparaître. 3 posts

Bado

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La gendarmerie ,une institution républicaine,ancrée dans les territoires et dans l'histoire de ce pays va disparaître.C'est très regrettable.

Je pense en cet instant à l'un de mes amis,Jean-Pierre,dont le père fut général dans la gendarmerie,ce qui était rare, mais aussi à nombre d'officiers et sous-officiers qui honoraient cette belle institution,au père de Gisèle ,un artiste,peintre à ses moments perdus,dont une aquarelle orne mon salon.

Comme élu,comme enseignant, j'ai souvent eu à faire aux gendarmes et j'ai souvent tissé avec eux des relations amicales.Je reprends donc un extrait d'un article très complet et documenté de Jean-Hugues Matelly, Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli (CNRS, CESDIP),publié sur le blog Rue89, dont  je me suis permis de corriger légèrement la formeN

.Je ne suis pas hostile aux réformes par principe mais ici il s'agit en réalité non pas d'une amélioration du fonctionnement,non pas d'une réduction des coûts(cela pouvait se faire sans fusionner Police et gendarmerie),mais de la suppression pure et simple d'un service public. Marc Baldy


Bonne année 2009

Dessin du jour : Bonne année 2009 ...
dessin de Delize yahoo! cartoons




..."C'est donc sans tambours ni trompettes, ni sonnerie aux morts, que vont en réalité se dérouler les obsèques de la plus vieille institution publique chargée de missions de police générale: la maréchaussée, rebaptisée Gendarmerie nationale en 1791.La gendarmerie veille à la sûreté de nos concitoyens en dehors du centre des agglomérations, c'est-à-dire sur 95 % du territoire national!

Bien qu'ayant traversé jusqu'ici de multiples régimes politiques, elle ne survivra pas à la révolution gestionnaire qui a frappé nos administrations depuis quelques années.

Sous prétexte d'une recherche de la rentabilité à court terme, et pour que les gendarmes s'inscrivent mieux dans le modèle actuellement prôné de la police d'autorité –par opposition à une police de dialogue–, la Gendarmerie va donc fusionner (sans le dire) avec la Police nationale.

Mal informés en raison des restrictions statutaires de la liberté d'expression individuelle et collective des gendarmes et malgré la résistance d'une partie des élus de droite comme de gauche, il est manifeste que nos concitoyens ne se rendent pas compte de ce qu'ils sont en train de perdre. Au fond, il s'agit d'un énième épisode du désengagement de l'Etat et du recul du service public national.

Les gendarmes territoriaux avaient su développer dans les départements et chefs lieux de canton un modèle de rapport au public qui privilégiait le service au citoyen plutôt que l'application bornée d'innombrables textes de lois.

Ils avaient élaboré un modèle de police qui assumait le rôle social dévolu à tout individu chargé du maintien de l'ordre et de la sécurité. Par leur rôle au sein des zones non seulement rurales mais aussi périurbaines, ainsi que dans certaines de nos banlieues difficiles, les gendarmes ont pendant longtemps participé à la construction de ce lien social après lequel les politiques de la ville courent depuis trente ans.

En réalité, de par ses missions, son maillage territorial dense et sa conception d'une "surveillance générale" privilégiant un contact régulier avec la population associé à une posture de prévention-dissuasion, la Gendarmerie constituait, avant l'heure, le modèle de "police de proximité" que le gouvernement Jospin voudra développer, à partir de 1997, pour la Police nationale."

....

"La nouvelle majorité issue des élections de 2002 en profita pour enterrer aussitôt cette police de proximité et entamer le démantèlement de la présence gendarmique, via la création de "communautés de brigades" permettant la fermeture périodique des "brigades de proximité".

Il faut croire que ce modèle de proximité convient mal à une époque qui privilégie les rapports de force, la gestion statistique déréalisée et les démonstrations médiatiques, même si c'est aux dépens de l'efficacité concrète et quotidienne."



Article ajouté le 2008-12-31 , consulté 273 fois

Commentaires


Napoléon IV le 08/01/2009 à 10:27:08
Il est étonnant que cette fusion Gendarmerie/Police ne provoque pas plus de commentaires ou d'intérêt.C'est pourtant une question sensible en milieu rural.Le conseiller général de Salviac Yves Périé, son collègue Gérard Gary de Lauzès,le sénateur Milhau s'étaient faits une spécialité de cette affaire et des suppressions de brigades.Une lettre assez récente de M.Périé est même parue dans la presse.

Le canard enchainé rappelle cette semaine que MAM, chargée de la mise en oeuvre de cette fusion était violemment opposée lorsqu'elle était ministre de la défense.
Il faut remonter à Napoléon III qui semble servir de modèle à Sarkozy pour retrouver cette politique,ou à Vichy.Dans les deux cas cela s'est mal terminé.
spiripotain le 31/12/2008 à 14:37:57
Un rappel effecué par un général de gendarmerie dans Libé, récemment : Il n’y a eu que 3 périodes dans l’histoire où la gendarmerie a été contrôlée par l’Intérieur : Le 1er empire, le 2d empire et Vichy.
ça montre bien ce que sont les références idéologiques (inconscientes) du pouvoir actuel. Non ?
Mummy le 31/12/2008 à 13:55:05
Il faut dire qu’en plus ils vont garder leur statut actuel de militaire et non pas prendre celui des policiers:
* pas le droit d’être syndiqué, la Grande Muette reste
* pas d’allocation logement, ils restent en caserne
* leurs heures supplémentaires ne sont pas pris comme telles, ayant le statut militaire, ils sont réquisitionnables 24h/24, donc pas payées ni récupérées ( demandez à un gendarme son nombre d’heures par semaine)
* pas de vie de famille car ils peuvent être appelé le jour comme la nuit sur un simple coup de fil.
Comment vont cohabiter des personnes avec des statuts aux antipodes l’un de l’autre.
Sans compter que les gendarmes étaient la personne qui donne confiance, qui sécurise qui vous aide à faire face au traumatisme d’un accident, d’une agression, d’un vol.
combien de personne suicidaires ne sont pas passé à l’acte grâce au gendarme qui a su l’écouter.
ces économies soi-disant ( faites sur le dos des gendarmes) vont vite s’avérer être des économies de bout de chandelle car l’anarchie va prendre de l’ampleur.
Pendant ce temps on va donner 1,230 miliard d’euros à Bouyghes pour la construction de prisons dont on a vu à Mont de Marsan leur qualité et l’Etat sera propriétaire dans 27 ans juste au moment où il y aura de sérieuses réfections.

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