653-Les langues de la discorde 4 posts
Sénat-Assemblée PROFESSION POLITIQUE
Rébellion feutrée au Sénat, qui a détricoté, en première lecture, plusieurs points de la réforme des institutions. La question de la reconnaissance des langues régionales, votée à la quasi-unanimité par les députés et évacuée par les sénateurs, a creusé le fossé entre les deux chambres. Au risque de faire échouer toute la réforme voulue par le chef de l'État.
C'est une gifle qu'ont infligé les sénateurs aux députés, en supprimant une disposition qui avait été votée à la quasi-unanimité par l'Assemblée nationale. Une phrase qui complétait l'article premier de la Constitution, ainsi rédigée : "Les langues régionales appartiennent [au] patrimoine" de la Nation. Un vote qui a dépassé les clivages, puisque cette décision est venue des bancs de la majorité sénatoriale, des centristes, des radicaux, des communistes et des socialistes, et qui a donné lieu à de belles et longues envolées en séance : à gauche, les grands principes de la République, et à droite, en ce 18 juin, le général de Gaulle. Petites phrases : le spécialiste des institutions au groupe UMP du Sénat, Patrice Gélard (UMP), s'inquiétant de "retrouver demain la franc-maçonnerie, les cathédrales, le christianisme dans le patrimoine national". L'ex-PS Michel Charasse se posant la question pour la gastronomie : "Voir la potée auvergnate ainsi distinguée, je n'osais en rêver..." Résultat : 216 voix pour la suppression, contre 103. La ministre de la Justice, Rachida Dati, ne put que constater sur ce point, auquel le gouvernement n'était pas très attaché, le "profond désaccord entre le Sénat et l'Assemblée". Un désaccord qui pourrait durer...
Porte ouverte
Le débat sur les langues régionales est rouvert, avec toute sa virulence. Un débat dans lequel même l'Académie française a cru bon d'intervenir –fait rarissime–, jugeant que cette reconnaissance portait "atteinte à l'identité nationale". Un débat qui s'est cristallisé, ces dernières années, entre adversaires et partisans de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. La France l'a signée, mais ne l'a pas ratifiée, après la décision du Conseil Constitutionnel du 15 juin 1999, selon laquelle la Charte n'était pas compatible avec la loi fondamentale, notamment parce que ces clauses étaient "contraires à l'article 2 de la Constitution dans la mesure où elles tendent à conférer le droit d'employer une langue autre que le français dans la « vie publique », notion dans laquelle la Charte inclut la justice et les « autorités administratives et services publics »". Le 11 juin, la commission des lois n'avait pas jugé utile de remettre en cause le texte voté par l'Assemblée, considérant qu'il n'ouvrait pas la porte, tel quel, à une ratification de la Charte. Un argument contredit en séance et en majesté par le socialiste Robert Badinter : "Dès l'instant où l'on modifie la Constitution, la jurisprudence du Conseil Constitutionnel ne vaut plus". La crainte des adversaires de la Charte ? La possibilité offerte à un justiciable, par exemple, d'exiger un procès dans sa langue régionale. En 1998, c'est sur l'expertise du constitutionnaliste Guy Carcassonne que le processus de signature de la Charte fut engagé par Lionel Jospin. Guy Carcassonne donne raison à Robert Badinter sur le fait que l'ajout des députés rendrait caduque la décision des Sages et ouvrirait la porte à une possible ratification : "Il n'y a aucun doute sur ce point". Mais il continue de récuser les arguments des opposants à cette Charte : "Elle se soucie de la langue, non des locuteurs. Les sénateurs n'ont pas lu ce texte qui fonctionne « au menu » : les États choisissent les alinéas qu'ils souhaitent mettre en œuvre sans aucune obligation de retenir ceux qu'ils jugent plus contraignants".
UMP vs UMP
Au Sénat, l'opposition à la constitutionnalisation de cette reconnaissance des langues régionales vient, selon la socialiste Marylise Lebranchu, surtout des rangs de l'UMP. Quant à ses camarades sénateurs : "Cela fait longtemps que Robert Badinter est sur cette ligne." Le "fier d'être jacobin" de Jean-Luc Mélenchon ? "Il est imperméable à toute discussion sur le sujet. Un jour, il comprendra…", souligne l'ancienne garde des Sceaux. "Vous combattez des démons plus que des réalités. En France, point de baïonnettes aux portes de la langue française pour faire triompher le séparatisme. Pourquoi être sur la défensive ?", lâchait le socialiste David Assouline, désabusé. Communistes et socialistes espéraient pouvoir faire passer la pilule plus facilement aux sénateurs en déplaçant l'ajout de l'article 1 à l'article 2, qui traite de la souveraineté. "Après la référence à la langue française, indique la communiste Nicole Borvo. À l'Assemblée nationale, ils ont pêché par excès ou par insouciance. Selon moi, il peut y avoir un accord pour une inscription à l'article 2." À écouter Patrice Gélard, rien n'est négociable. Comme la socialiste Marylise Lebranchu, il soutient que ce désaccord sur les langues régionales pourrait "remettre en cause l'ensemble du projet de loi constitutionnelle". Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui est par ailleurs l'un des membres du comité Balladur sur les institutions, confirme : "Connaissant les sénateurs, cela pourrait effectivement constituer un point de blocage important."
REVISION constitutionnelleDétricotage au train de sénateur
Une première lecture pour montrer ses vues… très différentes de celles des députés. Les sénateurs ont fait le ménage dans le projet de loi constitutionnelle, adopté dans la nuit de mardi à mercredi. La première victime est la gauche : rejet de la mention selon laquelle la Haute Assemblée assure la représentation des collectivités territoriales "en tenant compte de leur population". Rejet aussi de la prise en compte du temps de parole présidentiel dans les médias. La majorité sénatoriale n'a pas non plus épargné ses collègues députés, désavoués sur les langues régionales et le référendum d'initiative populaire. Les députés UMP, qui avaient voté l'obligation d'un référendum pour contrer une adhésion éventuelle de la Turquie à l'Union européenne, ont été humiliés : l'obligation a été supprimée, ce qui confirme un premier vote en ce sens en commission des lois. Le camouflet touche aussi le gouvernement et Nicolas Sarkozy : le droit de grâce présidentiel a été rétabli dans son intégralité, le recours au 49-3 n'a pas été limité et le droit pour les anciens présidents de siéger au Conseil constitutionnel a été supprimé.
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Impasses de Grenelle
Anne-Laure Puyfaucher bakchich.com« Impasses de Grenelle », le dernier livre de l'avocat Jean-Marc Fédida, jette un pavé dans la mare de l'écologie. Le pamphlet, fraîchement publié en mai aux éditions Ramsay, défend une posture très claire : « le Grenelle de l'environnement ne servira à rien. Il ne sauvera pas de phoques sur la banquise ».
Jean-Marc Fédida démontre comment l'écologie parasite le discours politique. Et comment, au passage, les hommes politiques de tous bords, dont un certain Nicolas S., ont récupéré le discours écologique pour leurs campagnes.
Il démonte, aussi, la légitimité du Grenelle, « une méthode de gouvernance inédite », « un chantier de réflexion dont le Parlement ainsi que les acteurs démocratiquement élus ont été écartés », laissant leur place aux représentants des ONG, de l'Etat, du patronat, des collectivités territoriales et des syndicats de salariés, tous « sensés » avoir une opinion sur la question de la sauvegarde de la planète.
Il dénonce, enfin, l'écologie comme « l'art d'annoncer des catastrophes » et de culpabiliser. Une écologie « de guerre » qui, selon l'auteur, se dresse toute entière contre un seul ennemi : l'Humain. Lui seul est responsable des maux de la planète ; il sera le seul fautif si le ciel lui tombe sur la tête.
A bas « l'écolototalitarisme »
Le ténor du Barreau campe donc à l'opposé des discours alarmistes, du catastrophisme et du « climat de panique perpétuellement entretenu dans la population ». Son propos sur « l'imposture de l'expertise » est le plus saisissant. Fédida égratigne sévèrement le « mince vernis pseudo-scientifique » sur lesquelles se basent les politiques environnementales. Il explique, en autres, que toute controverse a soigneusement été écartée du rapport du Groupement Intergouvernemental d'Etude du Climat (GIEC), dont les conclusions sont présentées comme faisant l'unanimité dans la communauté scientifique. Il rappelle le lynchage médiatique qu'ont subis les scientifiques qui avaient émis des critiques à l'encontre des méthodes d'étude du GIEC. Il cite le Sénat, qui en 2002, invitait « les décideurs politiques à se défier des conclusions du rapport du GIEC, qualifié [par la Haute Assemblée] d'instrument de décision politique et non de document proprement scientifique ».
Jean-Marc Fédida dénonce « l'écolototalitarisme » et se pose en libéral et humaniste. Contrairement à son copain de promo Arnaud Montebourg, il n'a pas souhaité s'engager en politique. Sans remettre un seul instant en cause la nécessaire préservation de l'environnement, il aère le débat. Dommage qu'il perde un peu son lecteur par son écriture ampoulée. Il a déjà publié, en 2006, L'horreur sécuritaire, les trente honteuses, essai dans lequel il dénonce des régressions sans précédent en matière de libertés individuelles. Impasses de Grenelle soulève le même problème : on ne peut régir les comportements individuels par décret. Un consommateur bien informé est capable de faire son choix.
Pour Fédida, le Grenelle de l'environnement et les lois qui en découlent ne serviront à rien. Dommage pour les phoques sur la banquise. Et dommage pour Borloo, qui vient justement de présenter le projet de loi Grenelle.
Jean-Marc Fédida, « Impasses de Grenelle, de la perversité écologique », Editions Ramsay – 208 pages – 17 euros.
Article ajouté le 2008-06-23 , consulté 183 foisCommentaires
beuf le 04/08/2008 à 11:20:28
Jedi64 le 03/08 à 22h11 rocard tocard
Un peu hypocrites toutes ces critiques,contre la corrida les détracteurs sont ils tous végétariens ?
ça les gêne pas de manger de la viande, les animaux qu'ils mangent sont ils morts d'une meilleure mort ?! Est ce une mort plus acceptable que le taureau qui se bat dans l'arène ?
Personnellement , si je me réincarne je choisirai plutôt de mourir en public que d'un coup de seringue à l'abattoir après une existence étriquée dans un quelconque hangar ?
La corrida ce n'est peut être pas une activité sereine mais ça ne fait de mal à personne (d'humain) et c'est beaucoup beaucoup moins grave que le Darfour, que la Palestine, que tous les génocides etc ... C'est là dessus qu'il faudrait plutôt s'offusquer au lieu de faire ch.... les gens qui font la fête ..
Gindou le 24/06/2008 à 19:21:46
Rencontres Cinéma de Gindou
Du samedi 23 au samedi 30 août 2008
Depuis 1985 à la fin du mois d'août, sous le ciel étoilé de Gindou, ont lieu les rencontres Cinéma de Gindou.
Dans ce petit village afflue, chaque année, un public de plus en plus nombreux uni par la même envie : voir autre chose, voir autrement. Les projections du soir sont gratuites et se déroulent dans un cinéma de verdure, lieu unique en Europe, de 700 places. Cinq séances sont proposées en journée, sous chapiteau.
En parallèle des projections, le public peut assister quotidiennement aux tchatches, aux débats avec les invités, aux apéro-concerts, aux rencontres professionnelles autour de la musique de film...
Pour plus d'information sur le programme de ces rencontres : Tél 05 65 22 89 99 site internet www.gindou.free.fr
ambassalettre le 24/06/2008 à 19:18:26
Les Espaces Naturels Sensibles...
Les espaces naturels sensibles (ENS) sont des réservatoirs écologiques remarquables mais fragiles qui bénéficient d'un programme de gestion et de mise en valeur mené par le Conseil Général du Lot, en partenariat avec les collectivités locales et différents acteurs (propriétaires, exploitants, chasseurs, randonneurs...).
Des circuits ont été créés, équipés de bornes, pour informer et sensibiliser le public sur les richesses architecturales et environnementales des sites ENS.
- La Vallée de la Masse aux Arques,
- Les Landes du Frau entre Lavercantière et Peyrilles,
- Les Vallées de l'Ouysse et de l'Alzou entre Gramat et Rocamadour,
- La Couasne de Floirac,
- Le Massif de la Braunhie entre Caniac du Causse et Fontanes du Causse.
Ces bornes, discrètes pour ne pas perturber le paysage comportent peu d'indications. C'est vous-même qui allez les faire "parler" en y glissant la fiche du guide découverte du site correspondant au numéro de borne. Une fois cette fiche insérée, la borne se transforme en table d'orientation et permet de comprendre les spécificités des espaces visibles depuis cette borne.
Si vous êtes intéressé, un guide découverte pour chacun des circuits ENS est disponible dans tous les Offices de Tourisme du département ou au comité Départemental du Tourisme du Lot, au prix de 1 euro.
Ce guide, comportant les fiches à glisser dans les bornes, vous indiquera comment vous rendre au départ du circuit et vous fera découvrir toutes les spécificités du site.
Egalement...
La gestion des ENS s'accompagne d'un programme de sensibilisation à destination de tous les publics intéressés par la préservation du patrimoine lotois.
Des visites guidées, et des animations nature, encadrées par l'équipe départementale ENS, sont organisées sur des demi -journées tout au long de l'année et vous permettront de découvrir un patrimoine local riche et varié. Ces animations sont ouvertes à tous. Vous pouvez vous procurez la liste ou réserver auprès du Service Environnement du Conseil Général au 05 65 53 40 00 du lundi au vendredi de 8 h à 18 heures ou sur www.lot.fr
Guyome le 23/06/2008 à 18:54:29
Le forçage des températures par les humains me semble difficile à nier. D’autre part, l’augmentation du risque de voir un ouragan type Katrina sur New York me parait assez grave (voir bcp en fait). Et franchement, il faut être inconscient pour passer tout ça à l’as.
Par contre, que l’on soit critique par rapport au tout écologique ambiant qui ne permet de vendre des voitures "écologiques"et des panneaux solaires très polluants à produire, c’est plutôt une bonne nouvelle. Mais il faut rester dans un cadre
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