528-Là palpite le coeur de la ville 7 posts


article paru fin 2007 dans Quercy Passions

 Mon boulevard Gambetta : « Là palpite le cœur de la ville, et vibre son âme »… 
 

par  Marc Baldy

 

Chacun a sa vision du cœur de la ville.Dans la mémoire de ma génération, sortie du Lycée Gambetta voilà un demi-siècle,le Boulevard Gambetta,au cœur de Cahors,a laissé des souvenirs qui ne s'effacent pas.Dans  « Boulevard Gambetta », mon premier ouvrage,publié en 2004(1), j'évoque ceux  des années Faure,ceux des années Charles ensuite.Là ,palpite le cœur de la ville et vibre son âme.

 

 Le centre de la vie cadurcienne

 

Au cours de cette période,le public l'a probablement  déjà oublié,nos champs Elysées cadurciens ont un peu changé, totalement réhabilités, chaussée et trottoirs,notamment dans la partie basse qui en avait bien besoin, rénovée sous la maîtrise de l'architecte urbaniste Gérard Fresquet alors que je siégeais à la municipalité .Récemment, (belle preuve de  continuité !),la municipalité Lecuru a remodelé la partie haute afin de terminer ces travaux nécessaires.Les cadurciens en ont beaucoup parlé,dans les boutiques et les bureaux, sur le marché du samedi mais aussi dans les bistrots du boulevard. « Les trottoirs sont trop larges ! Ils ont supprimé des places de parking ! Les petites marches sont dangereuses pour les personnes âgées ! Madame Denise M. a failli s'y casser une jambe…. »Dans quelques mois personne n'en parlera plus, s'imaginant que cette artère a toujours été ainsi disposée.Ainsi va la vie.

 

Si cet axe principal de Cahors semble immuable, installé au cœur de la ville de toute éternité, ce n'est pas exact puisque notre boulevard n'existe que depuis le comblement du fossé et la destruction des murailles ouest de la ville.Le boulevard  doit son identité et son caractère unique aux magasins avec terrasse, édifiés devant les immeubles, sur le côté droit de la rue Clémenceau à la place de Gaulle.

 

Chacun possède ses souvenirs et son image de notre artère principale.

Pour moi, c'est depuis plus d'un demi-siècle la scène d'un grand théâtre de la vie publique du chef lieu, sur laquelle se manifestent les évènements marquants de notre vie commune.L'hôtel de ville en est le cœur, dans sa partie la plus commerciale, de la rue Clémenceau à la rue du Portail Alban.

  

L'histoire y habita

 

 

L'histoire  y habita avec Anatole de Monzie,si longtemps ministe,Maire de Cahors,président du conseil général,ami des intellectuels,des artistes,

écrivains,musiciens ,peintres…comme elle y habita avec Maurice Faure, jeune ministre des Affaires européennes et signataire, voici 50 ans du traité de Rome.Maire,président du Conseil général il y reçut une foule de personnalités que j'eus parfois l'honneur de rencontrer au cours de 25 ans de mandats comme maire-adjoint.J'évoque ces éminents personnages dans les portraits de nos compatriotes dans mon blog dont la première partie a été publiée en 2006(2).

 

C'est sur ce parvis que la foule acclama les résistants ses libérateurs et le comité de la libération installés au balcon  de la mairie.Elle  exprimait  sa joie et son soulagement le 17 août 1944.C'est là, longtemps que chaque année, la municipalité offrait un spectacle et donnait un bal chaque anniversaire de ce 17 août.C'est là que nous avons reçu tous les ministres et les personnalités de passage, tous les mariages…

Georges Pompidou  en manteau poils de chameau et son épouse qui vient de nous quitter tournaient un jour incognito l'angle du hall de La Dépêche.

 

 

François Mitterrand, Président de la République honora cet hôtel de ville en 1982, au cours d'une visite officielle, arrivant à pied par la rue Foch  au milieu de centaines de lotois enthousiastes  qui se pressaient derrière les barrières.

Je me souviens encore d'une photo prise l'année précédente, sur le parvis qui vient d'être refait, le 10mai 1981 à la nuit.Il pleuvait légèrement et le boulevard mal éclairé, était plongé dans une quasi obscurité.Je me dirigeais, mince, en manteau de cuir, vers une voiture qui m'emmènerait à Mercuès fêter la victoire de François Mitterrand.Je mesurais les efforts de ces douze dernières années et je pensais à toutes celles et à tous ceux qui y avaient contribué.

 

Pour moi, ce Boulevard ce sont surtout des souvenirs qui montrent que si la ville reste à peu près la même, peu à peu elle se modifie et ses habitants se renouvellent sans cesse.


 

 « L'on ne se souvient bien que de quelque part » écrit Jean-Michel Ducomte.J'ai choisi d'interprêter le monde à partir de ce petit morceau de notre mémoire même si cette vision du futur, « pour être exprimé loin des lieux où semblent se dessiner le destin du monde ne doit pas oublier qu'il existe des ailleurs et qu'elle se doit de rester lucide. »

 

Le « boulevard » produisait du lien social

 

Le Boulevard dans ma jeunesse c'était le café de Bordeaux face à l'hôtel de ville.C'est là dans l'établissement de Jean Pehmalbec que se retrouvaient les joueurs de rugby,champions de France de seconde division,et les jeunes attirés le dimanche par la boîte de nuit qui fonctionnait au rez de chaussée avec l'orchestre de Jimmy Rena.Les rugbymens du stade cadurciens avaient table ouverte en face.à la Taverne au fond de la petite place Escorbiac du nom du chef  cuisinier connu dans tout le pays.Jacques Cousi,le commissaire de Police y tapait le carton se levant de temps à autre pour pousser  un coup de gueule au commissariat sous la mairie,dans l'actuel bureau de l' Etat civil qu'occupait 4 ou 5 agents de ville débonnaires dont le père de Papinou et le grand père de Sophie Balmary.

 

Tous deux se sont éteints hélas, (comme mon copain l'aimable Kadour  plongeur du Bordeaux dont nous ne savions pas encore qu'il appartenait à une minorité visible !) voilà quelques mois à la résidence d'Olt où vit maintenant  ma mère qui fit la connaissance du futur député communiste Henri Thamier le jour de son brevet supérieur sur le trottoir du boulevard non loin de là, au début des années 30.

 

Les treizistes,-on disait alors, depuis Vichy, le jeu à Xiii, ce qui  les irritait fort -se retrouvaient à l'Alsace, la porte à côté,(l'Interlude d'aujourd'hui) ou à l'Industrie, tout contre le bazard Ladevèze devenu la brasserie  Le Chantilly  à l'angle de la rue Foch.Dans ce bazard des jeunes (dont je n'aurais pas la cruauté de donner les noms !)s'amusaient à distraire le vieux commerçant en blouse grise pour lui piquer ses bonbons.Son nom, Ladevèze,était régulièrement fourni au Lycée Gambetta à tous les nouveaux surveillants qui demandaient le nom du coupable des plus grosses bêtises.Ce qui lui valait une facheuse réputation totalement injustifiée.

 


Les footeux et la petite bourgeoisie locale, le barreau notamment  et des jeunes gens de bonne famille,aujourd'hui médecins,avocats,pédégés ou président de collectivité, notables cadurciens ou toulousains qui s'étaient baptisés eux mêmes « les petits cons du Tivoli » se retrouvaient au Tivoli dans l'immeuble actuel du crédit agricole.

 

Pierre Baron opticien comme son grand père a installé sa boutique dans la bijouterie Mandelli.Son père,le très apprécié Dr Jean Baron épatait la galerie en descendant le boulevard à skis les jours de neige.Monsieur Vinel a cédé sa bijouterie horlogerie à une banque au dessous du hall de  La Dépêche.Derrière,le hall dévolu aux voyages et à la publicité Raymond Chalade Rédacteur départemental travaillait du matin tôt au soir tard en bras de chemise et bretelles.Toute une théorie de successeurs sont passés par là,dont Martin Malvy qui fut quelques années auparavant correspondant du journal Sud Ouest plus haut face au tribunal.M et Madame Charvet tenaient la Maison de la presse à l'entrée du parvis.

 

La librairie Lagarde fut tenue par M.Frances et Mme Dubois assistée par ma tante Renée, tout près de la pharmacie du père Lagarde au coin de la rue Wilson, devant laquelle M.Paul Senac dit « Zizou »beau père du Dr.Pierre Gayet à qui j'ai succédé au conseil général, me prodigait non plus ses leçons de mathématiques réservées au lycée mais ses convictions radicales. Vous voyez Baldy, disait il dans son costume noir trois pièces les pouces sous les bretelles, le chapeau un peu repoussé : «  Les mots c'est comme les sacs en caoutchouc !ça prend la forme de ce qu'on met dedans ! »

 

Guy, le chausseur beau père de Jean-Pierre Terrou, nous rejoignait parfois s'il ne paricipait pas à une belotte un rami ou une manille au café voisin.Tous ces adultes s'adressaient alors aux adolescents que nous étions, comme à des hommes.Cahors était une grande famille.Il n'était pas besoin de créer du lien social.Sur le boulevard Gambetta le lien social existait tout naturellement.

 

 Nous  « faisions le boulevard »

 

 Les lycéens de Gambetta,les lycéennes de Clément Marot et les normaliennes de l'Ecole normale d'institutrices de Cabessut, « faisaient le boulevard » le jeudi après midi, montant et descendant de Clémenceau au portail Alban,se retrouvant sur cette portion de la voie « royale »… Je devrais plutôt dire républicaine puisqu'elle porte le nom du grand homme de Cahors, Léon Gambetta, né rue Wilson et dont les parents tenaient boutique place du marché.

 

 

Il est en ce moment descendu de son piedestal et tarde à y revenir pour cause de parking sur les allées Fènelon et de vestiges de la ville d'il y a deux mille ans.Mais là je n'ai pas de souvenirs !

 

 

                                                                Marc Baldy

 

(1) »Boulevard Gambetta »Publi Fusion, Village artisanal Regourd 46000-Cahors

(2) « Le blog Notesde Marc Baldy » Publi Fusion.



Article ajouté le 2008-01-18 , consulté 554 fois

Commentaires


Mimile le 26/04/2008 à 07:54:05
Des crétins font joujou ce week end avec leurs voitures sur le parking de la Place de Gaulle.La nouvelle municipalité n'y est pour rien,le coup était parti.
S'il doit y avoir ce genre de gabegie consommatrice de carburant de pollution et de bruit que ce soit ailleurs qu'au centre ville.Les gens ne peuvent plus accéder aux commerces le samedi.
Fire Fox le 24/04/2008 à 17:25:57
Notre compatriote(de Montgesty)Fabien Galthié quitte le Stade français où il officiait comme entraineur du club de rugby à 15.

Formé à l'U.S. Colomiers, une ville de la banlieue de Toulouse, Fabien Galthié y est resté vingt ans sans y gagner un titre mais en jouant deux finales en Coupe d'Europe (1999) et en championnat de France l'année suivante. Arrivé au Stade Français en 2001, il a été champion de France en 2003 pour sa dernière année de carrière de joueur. Comme entraîneur il a perdu deux finales (championnat de France et Coupe d'Europe en 2005) et en a remporté une (championnat de France 2007).

Fabien Galthié a été international à 64 reprises entre 1991 et 2003 dont 24 en tant que capitaine.
Rugby le 05/03/2008 à 15:35:47
Clément Baldy en équipe de France des moins de 20 ans.Ce cadurcien joue actuellement dans le XV de St Denis de la Réunion.
Voici ce qu 'écrit le site Clicanoo
"Qui plus est, ce dernier évolue sur nos pelouses. Le sociétaire du XV Dionysien ouvre ainsi une nouvelle voie dont les traits ont été tracés par le CTS Sébastien Bertrank, évidemment pas étranger à la “tournée” (trois matches) que disputera le Dionysien en Irlande à partir de la semaine prochaine. “C’est une sélection historique qui, je le souhaite, en appellera d’autres”, se réjouit d’avance ce dernier. En outre, le Ligue en a profité pour dévoiler son calendrier. Les premières rencontres de la Coupe de la Réunion débuteront le samedi 29 mars (XV Dionysien - RC Portois, Étang-Salé RC - FAZSOI, RC St-Gilles - St-Benoit, RC St-Paul - RC Tampon et RC St-Pierre - SC Chaudron"
Colère à Gambetta le 10/02/2008 à 12:52:24

ça va chauffer lundi à Gambetta; Grève Conseil d'administration,manif parents et profs au Collège Gambetta?700 élèves."On parle de deux à cinq postes qui seraient supprimés".
L'intersyndicale voit dans ces perspectives un curieux paradoxe : « L'État n'assure pas sa part alors que le conseil général et les collectivités locales mettent la main à la poche. Le département réalise des tranches de travaux pour 1 million d'euros ».
A Terre Rouge au collège Olivier de Magny,c'est le poste de principalqui est supprimé.

A Figeac, les parents protestent assi contre les suppressions de postes ou d'heures d'enseignement


Le piéton du samedi le 09/02/2008 à 19:16:26
M°Yves Mellac est un excellent grand père.Pendant les soldes,rue Foch,il promenait son petit fils qui s'enchantait du "tunnel " formé par les chariots pleins de chaussures.
Aussitôt yves entraina son petit fils et se mit à ramper sous les étals pour la plus grande joie des passants...et la stupeur de ses enfants.
Sacré Yves!Voilà un vrai cadurcien qui fait partie du paysage.
any le 20/01/2008 à 12:10:25
moi aussi j'ai le"goût des autres" et le boulevard Gambetta ainsi "narré" me renvoie à plein de souvenirs persos ; mon père auusi bossait au commissariat avec mrs Terrou et Balmary ; il est mort à 49 ans il ya 30 ans et je me souviens encore des anecdotes qu'il rapportait à la maison ; en ce temps là il arpentait le boulevard et rentrait chez les commerçants prévenir qu'il fallait changer les voitures de place avant qu'il sanctionne par un PV . elle était pas belle la vie?
Cahors le 18/01/2008 à 16:49:45
Le bestseller de Marco

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