510-Sarkozy: Le Pacte du Vatican 8 posts

Sarkozy News
Le Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Michel Guillardet, avait demandé à rencontrer le président de la République à la suite de son discours à Saint-Jean de Latran. La rencontre a eu lieu hier après-midi.(le 9 janvier 2008)
Le Grand Orient a fait part de son « inquiétude » face à l'éventuelle remise en cause de la laïcité, « outil dynamique d'émancipation des consciences et de construction d'une République respectueuse de ceux qui croient, qui ne croient pas ou qui veulent changer de religion ». Selon Jean-Michel Guillardet, le président de la République a été « plutôt en retrait » par rapport à son discours de Rome (on s'en serait douté). Il a assuré que la révision de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat se limiterait à des « aménagements techniques » (on sait lesquels : ceux qui permettront de financer la construction de mosquées et obligeront les municipalités à le faire). Nicolas Sarkozy l'a invité à participer aux groupes de travail qui vont être mis en place à cet effet. « Nous serons très vigilants quant au caractère technique de ces aménagements », a déclaré le Grand Maître.
Le président de la République a accepté l'invitation à venir au siège du Grand Orient au cours du premier semestre 2008.
JOURNAL CHRETIEN Yves DAOUDAL
L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican:Une vision fondamentaliste du catholicisme.
Dans une analyse du discours et de « l'adoubement » du président français au Vatican, Christian Terras, directeur de la revue Golias, estime que « Sarkozy réimplante quelque chose qu'on croyait d'un autre âge ». « Même s'il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905 », explique-t-il. Décryptant les emprunts idéologiques à Le Pen et Maurras, il estime que Sarkozy est porteur d'une «vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde».
Christian Terras est l'auteur de Benoit XVI ; le pape intransigeant (2005), L'opus Dei, une église dans l'église (2006), Le retour des intégristes (2007) aux éditions Golias. Il dirige le site golias.fr. et l'hebdomadaire Golias, dont un numéro consacré au discours de Sarkozy au Vatican doit paraitre jeudi 3 janvier.
Dans le prochain numéro de Golias, vous analysez la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican. Vous l'avez intitulé «Le sermon du Chanoine Sarkozy: catholique et français toujours?»…
Christian Terras. « "Catholique et français toujours" c'est une vieille rengaine qu'on reprenait dans les églises autrefois. La marque, proprement ahurissante, du discours de Nicolas Sarkozy, c'est de ne pas parler au nom de tous les français, mais à partir d'une vision catholique très traditionnelle qu'il assume comme la sienne et celle de l'Etat français. Dans ce discours à l'église, il ne tient aucun compte des apports spirituels, humanistes, culturels non seulement des religions non catholiques, mais des religions chrétiennes – comme la réforme -, sans parler des agnostiques et des athées. Il estime du reste que l'aspiration spirituelle qui est en tout homme ne trouve sa réalisation que dans la religion. C'est donc d'entrée de jeu un parti pris, sur la base d'une sensibilité, d'une vision catholique que l'on peut qualifier de traditionaliste qu'il présente comme celle de la France. Il met aussi gravement en cause l'exercice laïc de la fonction présidentielle puisqu'il identifie son engagement politique à une vocation sacerdotale. Pour parfaire son identification personnelle aux ministres de droit divin, il est allé jusqu'à dire «sachez que nous avons au moins une chose en commun, c'est la vocation. On n'est pas prêtre à moitié on l'est dans toutes les dimensions de sa vie, croyez bien qu'on n'est pas Président de la République à moitié, je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi même, je sais ce que j'ai fait pour réaliser à la mienne». C'est à mes yeux incroyable. La réalisation de sa mission politique, les sacrifices personnels qu'il évoquait durant la campagne électorale, sont dans le droit fil d'une vocation sacerdotale.
On a beaucoup remarqué les signes donnés au Vatican – le baise main au pape, l'allusion au baptême de Clovis…
Il donne des signes de ce qu'on appelait autrefois la chrétienté. Il s'est mis au passage à l'égal du Pape. Quand il dit «comme Benoît XVI je considère qu'une nation qui ignore l'héritage éthique religieux spirituel de son histoire commet un crime», ou encore «je partage l'avis du pape quand il considère que l'espérance est une des questions les plus importantes de notre temps»… Non content d'être le premier personnage de la France, il se met à égalité avec le premier personnage de l'église catholique romaine. Ca va très loin puisqu'il se permet de souffrir avec ceux qui ont souffert ou qui souffrent encore des lois de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, dont il est théoriquement le gardien! Il dit «je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoqué en France chez les catholiques, les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905»… Dans une espèce d'exhortation urbi et orbi, il va aller jusqu'à pâtir avec les séminaristes du séminaire français comme jamais il ne l'a fait avec aucun sans papier ou autre insignifiant du pays. Il dit aux séminaristes «Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement ou la solitude. Je sais aussi que la qualité de votre formation, la fidélité au sacrement, la lecture de la bible et de la prière vous permettent de surmonter ces épreuves»...
C'est le premier chef d'Etat français qui prend cette position…
Absolument. Dans la tradition radicale socialiste, Chirac qui était un président de droite restait frappé du bon sens de la culture traditionnelle laïque française. Même de Gaulle qui était un catholique très pratiquant ne s'était jamais risqué avec les autorités pontificales romaines ou autres autorités hexagonales à un tel mélange de genre. Jamais. De Gaulle refusait de communier par exemple parce qu'il incarnait la France dans toutes ses composantes et qu'il ne pouvait pas donner un signe ostentatoire d'adhésion à une philosophie à un credo, fusse-t-il catholique, à la nation. Il le faisait en privé. Alors que Sarkozy s'exhibe. Tout en revendiquant, dans le même discours, «la liberté ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires». Il fait allusion à l'islam et au voile islamique. Mais on pourrait se poser des questions sur ses pratiques ostentatoires présidentielles et sa vision sur la religion. Le sommet, c'est la concurrence entre l'instituteur et le curé. Je cite: «dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d'un engagement porté par l'espérance». C'est inimaginable d'entendre ça dans la bouche d'un président de la République. Les enseignants, les pédagos de la laïque, engagés dans les écoles difficiles par exemple dans la banlieue où ils donnent de leur vie, de leur temps, de leur exigence familiale, vont apprécier. C'est un discours qu'il n'a pas écrit. Pas plus qu'Henri Guaino. D'après notre enquête, c'est un dominicain qui s'appelle Philippe Verlin. Il pose une vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde. Au final, Nicolas Sarkozy nous en fait une religion à l'américaine. Les communautés avant la citoyenneté, au risque de favoriser le communautarisme.»
Est-ce que ce positionnement est lisible dans le parcours de Sarkozy?
Sarkozy n'est pas un intellectuel, c'est un pragmatique. Et sur la question religieuse, il en est à la religion de son enfance. Il n'y a pas d'évolution dans son intelligence de la foi par rapport à ce qu'on lui a transmis quand il était jeune. Il a sa propre géopolitique religieuse. Pour lui une société qui n'est pas référencée dans le sens ultime du christianisme et du catholicisme, c'est une société qui court à sa perte. Dans son livre sur la religion l'espérance et la république, c'est idéologiquement chevillé au cœur, c'est la conviction que la République ne peut pas avoir un sens ultime pour la cohésion sociale.
L'incursion de la religion en politique évoque beaucoup l'utilisation du catholicisme par Le Pen dans ses meetings…
Sans faire référence au décalogue, c'est la même chose. C'est Le Pen en plus soft. Mais cela rappelle historiquement Charles Maurras. Maurras ne croyait pas, mais il trouvait dans l'église catholique le système parachevé qui pouvait permettre à un Etat de trouver le sens de sa destinée sur terre, par rapport aux missions de Dieu, pour que les responsables politiques puissent vivre en bonne intelligence. Pour moi, Sarkozy emprunte au système maurassien. De l'utilité du système ecclésiastique pour cimenter la cohésion sociale. Je vous donne, je vous délègue, je décentralise la question du sens et cela me permet de gérer les affaires en fonction de mon programme politique. Cela veut dire aussi j'abdique ce que la République en elle même porte comme sens. La dangerosité de ce discours, c'est quelque chose qui est passé complètement sous silence pendant la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy ne pouvait engager un débat sur la laïcité au moment des élections: cela mettait le feu aux poudres. Il ne peut le faire qu'en le distillant. C'est sa conception de la laïcité. Même s'il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905. C'est la première fois sous la cinquième République qu'un Président de la République écrit au pape - qui l'avait félicité pour son élection -, une lettre de quatre pages pour lui donner son programme politique à la lumière de l'éclairage de l'église et du sens spirituel. D'habitude les présidents font dix lignes.
Au sein du RPR ou de l'UMP, le discours religieux n'avait aucune place jusqu'à présent…
Sarkozy réimplante quelque chose qu'on croyait d'un autre âge. C'est sa propre vision des choses mais c'est aussi l'aspiration d'un certain nombre de catholiques de droite. Même dans un journal comme La Croix, qui conserve un certain pluralisme, on n'a pas trouvé une critique, ni même l'écho d'une critique du discours de Sarkozy. Parce que dans l'église catholique, ce discours porte. Il scelle une espèce de pacte avec les catholiques français de droite. Sarkozy met le curseur sur la religion majoritaire. Il leur promet ses faveurs. Et bien sûr, il attend un retour d'ascenseur. Il leur parle de «participer à la pacification» de l'hexagone. Il leur dit «Je vous soutiendrais pour participer au débat et à la mise en œuvre des lois sur la bio éthique». Et il espère un soutien pour «son grand dessein de la Méditerranée» qui rencontre l'intérêt du Saint Siège par exemple. Rien n'est gratuit. Ce n'est pas uniquement convictionnel. C'est aussi pour obtenir des cathos une alliance et une mobilisation sur les sujets sensibles. Dans certains sites cathos, non pas intégristes mais traditionalistes, Nicolas Sarkozy est présenté comme le personnage providentiel dont la France chrétienne avait besoin. A travers ce discours au Latran, il est perçu comme celui qui sur le plan sociétal et civilisationnel, va faire se rencontrer la République et l'Eglise. On n'est pas dans la théocratie, mais je crains qu'on ne s'oriente à terme à une remise en cause inquiétante de la laïcité française.
Quelle importance accordaient les autres présidents français au titre de chanoine de Latran?
L'insignifiance totale pour les précédents. Par contre, avec l'accueil du cardinal Vicaire de Rome Camillo Ruini à la basilique de Latran, Nicolas Sarkozy s'est glissé dans le lit du corps ecclésiastique. Comme chanoine de Saint-Jean-de-Latran, il a même remercié le cardinal Ruini de le recevoir en son chapitre – c'est la communauté des chanoines, le chapitre. En son chapitre! Il prend possession de Saint-Jean-de-Latran, compte tenu de ce que ce rite désuet lui donne symboliquement comme fonction. Mais de ce rite désuet et symbolique, il en tire un argument politique. Monseigneur Ruini, je vous reçois chez moi à Latran. Et chez moi, à Saint-Jean-de-Latran, je vais vous parler, au sein de mon chapitre, et je vais vous donner mon programme, sur les rapports entre la religion, la politique et l'espérance. Et ça c'est très fort, parce qu'il politise un symbole. Par cette solennité, cette prise de possession des lieux, il en a fait un adoubement. Avec Sarkozy, on a un président qui est missionné presque mystiquement aujourd'hui. La réaction des cardinaux présents montraient qu'il était adoubé pour être pour le Vatican l'un des grands hommes d'Etat de la planète qui portera les valeurs du catholicisme. Cet adoubement là n'a jamais eu lieu avec les autres présidents de la République.
Propos recueillis par Karl Laske
Article ajouté le 2008-01-05 , consulté 196 foisCommentaires
GO le 03/02/2008 à 19:57:59
Religion et Etat : "C'est la première fois dans l'histoire de la République qu'un chef de l'Etat va aussi loin" (Le Grand Maître du Grand Orient de France)
Marc le 02/02/2008 à 09:51:51
D'accord!la laïcité et la loi de 1905 sont une protection contre la guerre civile ou les querelles intercommunautaires.Il s'agit de d'assurer la paix et la liberté de culte ou de non culte,la liberté de conscience de tous,
chrétiens,athées,musulmans,boudhistes,francs maçons,etc...
J'ai rappelé hier publiquement au conseil général,à propos de l'enseignement privé,qu'il convenait de respecter la législation et de se préparer à défendre la loi de 1905,gravement menacée par celui qui est censé en être le garant.
la graine et le mulet le 02/02/2008 à 09:21:00
Je partage vos inquiétudes bien sûr mais je les trouve un peu trop centrées sur la confrontation laîcité-chrétienté.
Si on reprend la phrase du chanoine :
"Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur.»
Rien ne vous choque?
Si le chanoine introduit une hierarchie entre le curé et l'instituteur, qu'il aille jusqu'au bout de la logique.
En effet, il a oublié ...l'imam, le rabbin,le moine bouddhiste..et pourquoi pas les gourous...!!!
Oui il y atteinte grave aux principes républicains mais son discours introduit aussi une hiérarchie des religions! Son discours est doublement néfaste.Il rejoint un peu le discours de Dakar avec cette affirmation de "l'incapacité de l'homme noir a pensé ( ou à s'inscrire dans je ne sais plus )l'histoire".
Dans le monde de Sarko, il y a une hiérarchie:Les valeurs occidentales à la fois matérialistes et chrétiennes sont supérieures.Ce sont les valeurs de l'homme blanc donc...
c'est à se demander si ce n'est pas De Villiers qui est président.
vladimir le 02/02/2008 à 08:46:27
la nation en péril, réponse à M.Apathie-RTL
Et bien non, la France n’est pas recouverte d’un manteau d’églises, enfin pas uniquement, elle est aussi recouverte de mairies, qui sont le symbole de la république, et une république qui est censée être la garante de la liberté de conscience et de culte dans la séparation du pouvoir temporel et spirituel, dans l’expression d’une laïcité sans faille.
Le président de la république ne respecte plus obligation de réserve dans le cadre des lois de la nation, il est urgent que le conseil d’état et le conseil constitutionnel soient saisis, sur la remise en cause permanente de l’un des principes constitutionnels essentiels , fondateur de la nation et de son unité.
Le président est en agression permanente de ceux qui estiment, et ils sont une majorité en France que la loi de 1905, est une garantie de la paix et de l’unité nationale.
Ainsi, en mettant en cause ce principe et qui plus est depuis l’étranger, ce président, met en péril la nation, par ce qu’elle a de plus fragile, et pourtant de plus essentiel sa diversité de conscience et de culte, c’est ouvrir la boite de pandore de la guerre civile.
Une fois encore, il est fait usage de ce qui peut diviser pour assouvir un pouvoir qui en a peine six mois, ne tient plus debout, juste par des mots ,qui cherche à trouver les travers de la division.
Régis Debray le 25/01/2008 à 13:33:32
L''instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance."
Qu'en auraient pensé, devant le peloton d'exécution, Jean Cavaillès, Marc Bloch, Jean Prévost, Léo Lagrange ? Ils avaient assez de foi en eux pour hausser les épaules. Mais du temps où il y avait une gauche en France, cette injure - dans la bouche d'un président de la République - eût mis un million de citoyens sur le pavé.
Une "politique de civilisation" ? Certes, mais laquelle ? Chacune se définit par sa façon de souder ou de distinguer le temporel et le spirituel. Des Eglises libres de l'Etat, dans une nation élue, comme aux Etats-Unis, ce n'est pas un islam inféodé à l'Etat, comme en Turquie, ni un Etat libre des Eglises, comme en France, fille de sainte Geneviève et de Diderot. Après d'heureux aperçus sur le considérable apport du christianisme, le discours du Latran a dérivé vers une falsification de notre état civil.
Et la prière psalmodiée dans la capitale du fanatisme, Riyad, louant Dieu comme "le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", oublie que le Dieu unique a été autant cela que son contraire.
Lofi site : educpol.over-blog.com/ | le 24/01/2008 à 18:13:55
Bonjour,
sur mon blog l'intervieuw que m'a accordée à ce sujet l'historienne suzanne citron
educpol.over-blog.com/article-15924681.html
Rassembler à gauche 34 le 17/01/2008 à 15:26:36
Laurent Fabius: Nicolas Sarkozy "n'a pas à imposer ses croyances privées à la République
- "Le président de la République n'a pas à imposer ses croyances privées à la République", a estimé jeudi Laurent Fabius, jugeant "très important" que Nicolas Sarkozy "s'en tienne à la version traditionnelle de la laïcité".
Le député socialiste de Seine-Maritime a affirmé sur RTL que les récents discours du chef de l'Etat sur la religion "rompent avec ce qu'a été la tradition républicaine des différents présidents, depuis le général de Gaulle jusqu'à monsieur Chirac".
Or, "le président de la République n'a pas à imposer ses croyances privées à la République", a estimé Laurent Fabius. "On ne peut pas être à la fois laïc et non-laïc. La laïcité s'impose à tous, aux croyants comme aux non-croyants".
Pour l'ancien Premier ministre, "il est très important que le président s'en tienne à la version traditionnelle de la laïcité". AP
Joachim Murat le 15/01/2008 à 17:48:33
Quand je pense qu'un Passé Grand Maître travaille pour la CIA et pour Sarkozy,ça me fait honte.Quand allez vous le virer.Il parait qu'il est revenu après sa démission.Virez le bordel.
Il a droit de penser ce qu'il veut pas d'espionner ses frères et de lutter contre leurs idéaux
Carla le 13/01/2008 à 21:13:08
Le Droit Humain obédience maçonnique mixte a pris position comme le Grand Orient.J'aurais aimé faire un copier/coller pour mettre ici ce texte mais je n'y suis pas parvenue.Qui pourrait le faire pour compléter l'information sur ce sujet capital de la laïcité.
Voir aussi l'article de PENA RUIZ sur ce même sujet
journal chretien le 11/01/2008 à 12:52:53
Le Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Michel Guillardet, avait demandé à rencontrer le président de la République à la suite de son discours à Saint-Jean de Latran. La rencontre a eu lieu hier après-midi.
Le Grand Orient a fait part de son « inquiétude » face à l’éventuelle remise en cause de la laïcité, « outil dynamique d’émancipation des consciences et de construction d’une République respectueuse de ceux qui croient, qui ne croient pas ou qui veulent changer de religion ». Selon Jean-Michel Guillardet, le président de la République a été « plutôt en retrait » par rapport à son discours de Rome (on s’en serait douté). Il a assuré que la révision de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat se limiterait à des « aménagements techniques » (on sait lesquels : ceux qui permettront de financer la construction de mosquées et obligeront les municipalités à le faire). Nicolas Sarkozy l’a invité à participer aux groupes de travail qui vont être mis en place à cet effet. « Nous serons très vigilants quant au caractère technique de ces aménagements », a déclaré le Grand Maître.
Le président de la République a accepté l’invitation à venir au siège du Grand Orient au cours du premier semestre 2008.
JOURNAL CHRETIEN Yves DAOUDAL
Maquisard laïque le 10/01/2008 à 18:50:55
Sarkozy a déclaré la guerre à la laïcité.Il a mis le feu à la république.Il ne finira pas son mandat....
info club le 09/01/2008 à 20:56:11
Sujet : LE FIGARO.François Bayrou Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?
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François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.
Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.
La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?
L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société pluri-religieuse, on prépare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?
Quelle est votre conception de la laïcité ?
Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.
Cela vous choque ?
Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».
On the Rocks le 09/01/2008 à 19:54:31
Alors qu'en France certains critiquent l'entorse à la laïcité que représenterait le discours du Latran du chef de l'État,
à Rome, les responsables du Saint-Siège ont été agréablement surpris par le discours très positif de Nicolas Sarkozy à propos du catholicisme
«La France laïque et le président papiste ». À la « une » du quotidien italien de centre gauche La Repubblica, samedi 22 décembre,
ce titre résumait bien l’étonnement provoqué à Rome par la visite du président français au Vatican. Dans une France décrite –
souvent de manière assez caricaturale – comme « laïcarde », le discours du Latran de Nicolas Sarkozy n’a laissé personne indifférent.
« Rarement, dans le passé, il y a eu un chef d’État français qui a présenté l’héritage spirituel du pays de manière aussi claire et explicite »,
affirme ainsi le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, interrogé par le quotidien catholique Avvenire.
Comme lui, les responsables de la Curie ne cachaient pas leur satisfaction : certes, commente un observateur, « ils s’attendaient à une
appréciation positive du chef de l’État français », car ses positions sur le fait religieux sont connues depuis son livre de 2004, et
ses discours comme ministre de l’intérieur et des cultes.
Mais sans doute pas à ce point : « Les responsables du Saint-Siège pensaient que, une fois président de la République, il ne pourrait
reprendre totalement ce discours et endosserait les habits plus traditionnels de la laïcité à la française. »
Les réactions sont plus partagées du côté politique
De même, l’accent mis sur les racines chrétiennes de l’Europe et de la France a favorablement surpris. Nicolas Sarkozy serait
longuement revenu sur ce sujet lors de son entretien avec le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, et le Saint-Siège sait
qu’il peut désormais compter sur un allié de poids sur ce terrain.
Les responsables de la Curie ont aussi attentivement noté les avancées concrètes proposées par le président de la République
dans son discours du Latran, notamment une éventuelle reconnaissance universitaire des diplômes des instituts catholiques,
revendication aussi bien de l’épiscopat français que de la Congrégation pour l’éducation catholique du Saint-Siège, dont le
nouveau secrétaire est un Français, Mgr Jean-Louis Bruguès…
Cette nouvelle attitude de l’exécutif français ne peut que réjouir le président de l’épiscopat français, le cardinal André Vingt-Trois,
qui, dans un entretien au Figaro, samedi, notait ainsi « la reconnaissance accordée au dynamisme, à la générosité, à la créativité
des catholiques » par le chef de l’État.
Mais du côté politique, en France, les réactions sont plus partagées. Si le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, note qu’il
s’agit là d’une « petite révolution politique » qui doit faire de la laïcité « un synonyme d’ouverture et de dialogue », les jugements à gauche sont critiques.
La France attend maintenant Benoît XVI
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, considère le discours du Latran comme une « vieille rengaine de la droite
la plus cléricale » alors que Dominique Voynet (sénatrice Verte) se place sur le terrain de la défense de la laïcité : « C’est un recul considérable,
une remise en cause de ce qui fait notre ciment républicain. La laïcité, c’est la liberté de culte mais dans la sphère privée, ce qui permet aux
valeurs de la République de s’épanouir. »
Dans ce même registre, le Grand Orient de France va jusqu’à parler d’un « inquiétant retour du religieux », alors que la fédération Unsa-éducation
dénonce une « laïcité malmenée ».
Laïque ou pas, la France attend maintenant Benoît XVI, puisque Nicolas Sarkozy, jeudi 20 décembre, lui a renouvelé l’invitation déjà faite par
les évêques de France pour l’année prochaine à se rendre à Lourdes, à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions, tout en précisant que
les modalités de ce voyage n’étaient pas encore fixées. Il semble cependant que le voyage aura lieu en septembre 2008, et que le pape fera bien une étape à Paris.
Isabelle de GAULMYN, à Rome
Marianne le 07/01/2008 à 22:59:19
Divine surprise
Couvert par le bruit des réacteurs du Falcon qui a emmené le président en Egypte, le discours de Sarkozy au vatican comportait pourtant une phrase historique : "Dans la transmission des valeurs, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance." Benoît XVI et ses prélats n'osaient rêver d'une telle déclaration. C'est la première fois, depuis Jules Ferry, qu'un représentant de la République française envisage de rétablir la prééminence du curé sur l'instituteur laiïque.
G2 le 05/01/2008 à 17:49:30
Il est très bien votre blog.
Je le recomanderai dans mon prochain article sur
www.larsouille.blog4ever.com
G²
Le Figaro le 05/01/2008 à 16:27:43
Dans LE FIGARO
Laïcité : les cinq fautes du président de la République
03/01/2008
Par Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République. Derniers ouvrages parus : Qu'est-ce que la laïcité ? (Gallimard) et Leçons sur le bonheur (Flammarion).
(...)
Lisons à nouveau : «Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur.» On est surpris d'une telle hiérarchie éthique entre l'instituteur et le curé. L'école de la République a été inventée pour que les êtres humains puissent se passer de maître. Tel est l'honneur des instituteurs et des professeurs.
Grâce à l'instruction, l'autonomie éthique de chaque personne se fonde sur son autonomie de jugement. Elle n'a donc pas à être jugée moins bonne que la direction de conscience exercée par des tuteurs moraux. Étrange spiritualité que celle qui veut assujettir la conscience à la croyance !
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