368-4 posts C’est fait : je suis licencié de France 5 par Daniel Schneidermann,

C'est fait : je suis licencié de France 5

pour "faute grave" par Daniel Schneidermann,

    bigbangblog 

Donc, vous n'aurez servi à rien. Vous êtes, à l'instant où j'écris, 142 757 à demander le maintien d'Arrêt sur images, mais vous n'êtes rien.

Vous demandez dans le désert.

Claude-Yves Robin, directeur général de France 5, n'a pas réfléchi longtemps. Ma lettre de licenciement est arrivée samedi matin. Je suis licencié pour "faute grave", pour tout ce que je vous ai écrit ici, sur le BBB, depuis le 13 juin.

La lettre fait trois feuillets. J'ai "tenu des propos inadmissibles", alors que "la chaine ne s'était pas encore prononcée" sur le devenir de l'émission. J'ai laissé entendre que l'arrêt de l'émission était lié à des "pressions politiques". Ces "graves accusations" mettent non seulement en cause "l'indépendance de la direction du groupe France Télévisions et de la chaine, mais aussi l'indépendance et et la qualité du travail de certains journalistes d'autres chaines du groupe".

J'ai organisé "de façon délibérée une campagne de dénigrement à l'encontre des dirigeants de la chaine et du Groupe allant jusqu'à des attaques personnelles envers son président Monsieur Patrick de Carolis dans le but de faire pression".

J'ai "insinué que la décision de l'arrêt de l'émission résultait d'une volonté de vengeance". J'ai écrit "quel effet ça fait, Carolis, de porter si longtemps votre vengeance ?"

Etc, etc.

Le tempo de toute cette opération n'échappera à personne. Le film est le suivant : Carolis ne voulait plus de cette émission incontrôlable et récidiviste, qui avait osé dénoncer, voici dix ans, un bidonnage de son émission de France 3, et avait récidivé en traitant le cas Schoenberg. Vilamitjana et Robin ne voulaient plus d'un animateur qui osait leur dire non au téléphone. Tous savaient que cette décision ne leur vaudrait pas d'ennuis avec leur nouvel actionnaire, celui du 6 mai et du 17 juin. Peut-être même, allez savoir, ont-ils cru devancer ses désirs. Pour éviter les vagues, ils reportent l'annonce au 18 juin, lendemain de la dernière. Je dénonce publiquement cette grossièreté vis à vis de vous. Et donc, admirez la figure, je suis licencié pour faute grave.

Mon licenciement n'a qu'une importance secondaire dans l'histoire. Je le contesterai évidemment aux prudhommes, et je ne suis pas trop pessimiste.

La décision importante, c'est celle de la suppression de l'émission. C'est celle de ces hommes, qui imposent la raison d'Etat, la raison de l'entreprise, à cent quarante deux mille télespectateurs.

La conséquence de cette décision, c'est que la télévision referme autour d'elle le voile d'opacité et d'intimidation, que nous avions entrouvert depuis douze ans. C'est dans la presse écrite, dans les livres, au cinéma, sur Internet, sur une chaine étrangère peut-être, qu'il faudra aller chercher des informations sur la grosse machine à rendre les cerveaux disponibles, poussive et essoufflée, mais qui a encore de beaux restes.

Ma faute grave, c'est de n'avoir pas eu peur.

Ma faute grave, c'est de vous avoir tout dit.

Mais n'ayez aucune inquiétude, je continuerai.



Article ajouté le 2007-07-01 , consulté 258 fois

Commentaires


david le 01/07/2007 à 14:12:46
Mais qu’attend donc François ?

Qu’il fasse beau ou quoi ?

A moins qu’il soit déjà parti en vacances avec sa bouée canard ?

Pourquoi il tarde comme ça ? Lui qui a fait décoller sa campagne de centriste central en critiquant les médias et en se payant la belle Claire Chazal ici ou là un samedi soir que j’en revenais pas et que j’ai appelé tout de suite Daniel pour y dire "je fais une chronique sur François" !

Il devrait être aux premières loges l’ami de la presse, l’homme qui a repris à son compte le programme du Conseil national de la résistance en matière de presse. Il devrait être là l’homme du Modem, la souris parée au décollage, prêt à prendre le maquis avec nous, le verbe fort, la grammaire agrégée et la dragée haute !

Il devrait nous emmener sur son tracteur à l’assaut du siège de France Télévisions, le 3e homme ! C’est vrai ça, lui qui s’est si bien appliqué à critiquer les médias et leur logique binaire, majoritaire et leur proximité avec les pouvoirs économiques et tout ça. Lui qui a été bien content de trouver des petits médias pas frileux pour y donner rencard...

Il devrait signer la pétition d’autant que ses militants seraient pas contre, il m’a semblé. Il peut pas dire qu’il ne nous connaît pas, il est venu nous raconter en plateau comment il s’était engueulé avec les patrons de TF1, même qu’il ne l’avait jamais dit avant et comme ça. Lui qui veut qu’on rénove le pouvoir, qu’on sépare les pouvoirs et que jamais on ne les accapare.

Keskilatan !

Mieux, il devrait pouvoir convaincre ses parlementaires. Ca ne devrait pas prendre trop de temps, a priori. Non franchement, depuis 10 jours, je me pose la question.

Bayrou, kestufou ?
DS le 01/07/2007 à 14:09:13
C’est par milliers, que vous nous écrivez ici depuis le 18 juin, pour protester contre la suppression d’ASI.

Mais au "Monde" aussi, apparemment, les sacs postaux affluent pour réclamer la démission de l’homme d’influence Alain Minc, comme l’écrit la médiatrice Véronique Maurus.

Vous êtes là. Vous criez. Vous voulez peser. Que pesez-vous vraiment ? On verra bientôt. Ici et là, les dés roulent...

DS

grimardias le 01/07/2007 à 14:07:13
Ainsi donc nous ne comptons pour rien !!! courage daniel le combat continuera ici ou ailleurs, mais qu’ils sachent(carolis et compagnie) que nous telespectateurs n’allons pas oublier ça.
isabelle et jean-pierre le 01/07/2007 à 13:14:41
> A notre tour dénonçons les "fautes graves" de France télévision
1er juillet 2007, par Isabel Saij (artiste du libre) - Jean Pierre Dubois

Ainsi, voilà donc le vrai problème : "l’indépendance de la direction du groupe France Télévision et de la chaîne, mais aussi l’indépendance et la qualité du travail de certains journalistes d’autres chaînes du groupe".

Et si nous, les spectateurs d’ASI et lecteurs du blog, lancions la recherche de tous ces exemples qui contredisent l’affirmation de Claude-Yves Robin. Les journaux télévisés de France2 ou d’autres émissions politiques ou encore reportages constituent une large ressource où détecter "erreurs" (mensonges ?) et manipulations.

De mémoire quelques exemples :
- journal de 13h de France2 (été dernier ?) : annonce d’un grave problème sur une centrale nucléaire en Suède. L’annonce débute par quelque chose comme... "nous venons d’apprendre". Faux : l’information circulait dans la presse étrangère (Spiegel online) depuis 3 ou 4 jours !
- la pétition de plus de 173 000 signataires ( eucd.info ) contre le projet de loi DADVSI n’a jamais été évoquée aux JT (ou alors vite fait, en passant). En revanche, la propagande des majors de la musique a été diffusée sans relâche.
- les nombreux sujets des JT sur les systèmes électroniques permettant de "géo-localiser" nouveaux-nés (maternités), enfants, malades d’alzheimer, criminels,...qui parlent d’utilité sociale mais "oublient" le risque et/ou la volonté à terme de surveillance permanente et généralisée de tous les citoyens.
- la bise de Nicolas Sarkozy à Arlette Chabot (lien youtube ou dailymotion ?) à la fin du débat de "l’entre-deux tours".
- à complèter....

Une telle liste - la comparaison entre l’affirmation figurant sur la lettre de licenciement et les faits, les pratiques de France Télévision- serait....parlante !

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