946- Les Verts peuvent ils rester au gouvernement? 9 posts

Editorial

S'ils n'avaient pas deux ministres et des groupes parlementaires, on pourrait tenir les contorsions écologistes sur le traité européen comme un prurit post-gauchiste ne prêtant guère à conséquences. Mais leurs positions institutionnelles acquises - du moins concédées par le PS en échange d'une alliance majoritaire - les placent en situation de responsabilité par rapport au président de la République et au gouvernement.

Leur décision de voter "non" à la ratification du traité, prise à une large majorité par le comité fédéral d'Europe-Ecologie-Les Verts, est une vraie entorse à la solidarité gouvernementale minimale. Car s'il est naturel que chaque formation garde son originalité au sein d'une alliance parlementaire, cela est plus problématique quand on se distingue sur une question essentielle : la politique européenne. En effet aucun secteur de la politique gouvernementale n'est aujourd'hui indépendant des règles communautaires. Si l'on n'est pas d'accord avec une orientation du président de la République touchant à l'avenir européen, la logique voudrait que l'on démissionne du gouvernement.

Mais les Verts veulent le beurre bio et l'argent du beurre bio. Alors va pour un "non" au TSSG, mais un "oui" à la loi organique qui, au Parlement, fera entrer dans le droit français la fameuse "règle d'or" que contient ce traité, lequel n'est qu'un élément du "pack" soumis à la représentation nationale, comprenant en outre un pacte de croissance et la taxe sur les transactions financières. Comprenne qui pourra.

Cette poussée d'adrénaline vise sans doute à rassurer des militants dont la culture politique est plus proche de celle de l'extrême gauche que d'une gauche réformiste. Il est vrai que ce choix doit aussi beaucoup à quelques néo-apparatchiks aigris de ne pas avoir été nommés ministres, mais qui entendent bien garder leur contrôle du parti, sans négliger pour autant les avantages substantiels procurés par leurs fonctions parlementaires.

Daniel Cohn-Bendit écoeuré par la "nullité" des débats de ce week-end et sans doute convaincu qu'il ne peut désormais plus peser sur le cours d'EELV, a choisi de tourner les talons en "suspendant" sa participation à une formation dont visiblement ceux qui la dirigent aujourd'hui ont oublié que, sans lui, jamais les écologistes n'auraient atteint les flatteurs 16,2 % des européennes de 2009.

Les listes EELV apparaissaient alors comme les plus europhiles - avec le Modem -, il est probable qu'aux prochaines européennes, leur électorat - sauf les 2,31 % d'Eva Joly - fasse comme Daniel Cohn-Bendit.

//www.larepubliquedespyrenees.fr/




24/09/2012
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