794-L'histoire n'est pas une option (Patrick Venries) 14 posts


 

C'est une décision qui tombe au plus mauvais moment et éclaire d'une lumière sombre le débat sur l'identité nationale souhaité sans raisons très claires par Éric Besson. La suppression de l'enseignement de l'histoire, devenu optionnel in extremis, aux classes de terminale S, revient à priver la moitié des élèves de l'enseignement général de l'apprentissage d'une matière qui garantit justement à de futurs hommes l'appartenance à une même culture.

 

L'histoire a été bien malmenée ces dernières années. Depuis la volonté finalement inaboutie du dernier gouvernement Chirac d'inscrire les bienfaits de la colonisation dans les programmes scolaires jusqu'à la décision finalement inappliquée du président Sarkozy de faire lire chaque année la lettre de Guy Môquet, la tentative d'instrumentalisation d'un prétendu récit national, constitué idéologiquement, a beaucoup pesé dans le débat public. La menace réelle d'en priver des citoyens en cours de formation ne va pas manquer de le rouvrir.

 

En effet, si aucun lien formel n'existe entre les initiatives d'Éric Besson et de Luc Chatel, elles se font malgré elles dangereusement écho. Celle du premier procède d'un amalgame entre identité et appartenance nationale, exaltant préjugés et approximations, mélangeant émotions et références incomplètes. De son côté, la proposition de Luc Chatel pourrait conduire à priver de nombreux Français d'un instrument essentiel de compréhension de notre monde. Que nous apprend l'usage de l'histoire ? À resituer les faits dans un contexte et dans une perspective longue qui permet à chacun de tempérer son jugement. C'est bien grâce à la méthode historique dite des Annales, popularisée après la guerre, qui offre de n'entrevoir la vérité qu'après un examen rigoureux des textes et des documents, que l'on est tout heureux d'apprendre qu'en cent cinquante ans la France a intégré des millions et des millions d'étrangers venus de tous les pays. Qu'un quart des enfants de moins de 18 ans possèdent un grand-parent maternel né à l'étranger. Qu'être français aujourd'hui, c'est être le produit de l'histoire d'un pays solidement multiculturel. « L'Amérique de l'Europe », comme le résume l'historien Gérard Noiriel.


sarko-UMP.jpgEtonnant mépris d'un chef de l'Etat à l'égard de ses adversaires politiques: N.Sarkozy s'est cru drôle en se proclamant "directeur des ressources humaines du PS" (voir la vidéo).
   S'il cherche vraiment à se rendre utile, N.Sarkozy devrait proposer ses services (directeur de la communication par exemple) à son parti, l'UMP, qui vient de sombrer dans le ridicule, avec ce clip incroyable sur "tous ceux qui veulent changer le monde". Luc Ferry, ancien ministre de l'Education nationale et de la recherche de 2002 à 2004, le  trouve "consternant et dégoulinant de bêtise", ce qui me paraît assez bien résumer l'initiative de l'UMP 
(visionner le clip).
  Tristes façons de faire de la politique!

Par Paul Quilès -









07/12/2009
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