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La crise a obligé les états à prendre des mesures d'urgence sur le plan économique avec la mobilisation pour le sauvetage des banques, le soutien de l'activité (investissement-emploi), les stabilisateurs automatiques, le refus du protectionnisme et sur le plan européen avec la création du G 20, la gestion de la crise géorgienne et l'adoption du paquet énergie-climat.

Malgré tout cela, la France et l'Europe restent dans une situation très instable et difficile avec une croissance infime et un chômage massif.

La sortie de la crise va renforcer le problème français qui tient à la perte de compétitivité de l'appareil de production et à l'éclatement de la société.

Nous avons un double handicap face à l'Allemagne, forte de la compétitivité de son industrie, et face au Royaume-Uni, fort de la dévaluation de 40 % de la livre sterling, handicap renforcé par l'envolée de la dette publique (de 67 à 100 % du PIB en 2014), l'affaiblissement des pôles d'excellence du secteur privé (automobile, aéronautique, banque, BTP, luxe, tourisme), la remontée durable du chômage au-delà de 10 % de la population active.

La phase de reprise sera, en effet, le moment de tous les dangers pour faire face au basculement de l'économie vers le Sud. Nous devons nous réindustrialiser et rétablir notre compétitivité.

Cela nécessite des réformes réelles et une vraie maîtrise de la dépense publique.

Les défis pour notre pays et l'Europe sont nombreux : la croissance, la compétitivité, le développement durable, le renouveau démographique, l'intégration sociale et la lutte contre les inégalités intergénérationnelles, l'amélioration des systèmes sociaux, le désendettement, la réforme de l'état et la lutte contre les corporatismes.

Le doute sur la reprise persistera aussi longtemps que le système financier ne sera pas « nettoyé ».

Ces actifs toxiques sont évalués à 2 000 milliards de dollars sur lesquels on a constaté 800 milliards de pertes.

Les institutions sont bloquées entre les « superviseurs » qui veulent « déterrer toutes les mines » et les actionnaires qui craignent la dépréciation avec un assèchement des crédits qui financent à court terme le commerce international, qui a été le sujet central du G 20.

On constate cependant quelques indicateurs positifs : la Chine a mis beaucoup d'argent pour relancer sa demande intérieure, il n'y a pas d'explosions monétaires, il n'y a pas de crise obligatoire.

Cependant, aucun pays ne sortira seul de cette crise : il faudra payer la note de l'endettement, ce qui compliquera fiscalement la sortie de la crise.

Nous risquons également des troubles politiques violents dans les pays en voie de développement qui n'ont pas les filets de sécurité sociale pour atténuer la crise.

Nous vivons un moment clé et l'Europe est absente ; elle est économiquement partout, alors que, politiquement, elle est nulle part.

Le contraste est frappant entre la gravité des enjeux et la routine désespérante de l'Europe otage d'institutions impuissantes, d'une technocratie coupée des réalités. Cette situation a entraîné partout, lors du scrutin européen, abstention, démagogie et extrémisme car l'Europe s'occupe en plus de détails qui la rendent impopulaire.

Face à tous ces problèmes et à ces échéances, il est regrettable que l'opposition soit complètement absente sur le plan des propositions et du programme. Il faut un parti ou une coalition de partis d'opposition alternative car notre démocratie suppose l'alternance.

Le PS, englué dans ses guerres intestines et son absence d'unité programmatique, à l'exemple de la dernière prise de position incompréhensible de Michel Rocard sur la taxe carbone qui pénaliserait considérablement l'espace rural.

Depuis le 21 avril 2002, le PS a connu plus de drames que de succès et est bloqué à 15 % des voix sur le plan national, c'est-à-dire qu'il ne sera plus à l'avenir le pôle central autour duquel doivent s'organiser les forces de progrès.

C'est le défi de la rentrée pour l'opposition. Il sera utile d'y revenir à l'automne.»

                                                   ***

Tribune de Bernard Charles, député honoraire, parue dans l'édition lotoise de La Dépêche du Midi, ce samedi 29 août 2009,sous le titre "La crise,l'Europe:Les défis à relever pour l'opposition".




Article ajouté le 2009-08-29 , consulté 60 fois



29/08/2009
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