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La réalité du terrain

 

Nicolas Sarkozy devrait reprendre "contact avec la réalité nationale  se rendre compte qu'il ne suffisait pas de passer d'un sujet à l'autre, d'une image à l'autre, qu'il ne suffisait pas de regarder la superficie des choses et qu'il fallait traiter les questions en profondeur".(D.de Villepin)

Tout son art de gouverner consiste en effet à faire croire que, justement, en se déplaçant deux heures dans une ville, à Nancy ou à St Lo, il résout les problèmes du pays.Tout est dans la communication, l'effet d'annonce.Cette supercherie détruit la vie politique et accrédite l'idée que  les élus  sont en total décalage avec la réalité. Rien n'est plus facile que d'en fournir des exemples.


Voyons la réforme de l'hôpital.Le Zébulon de l'Elysée affirme devant les caméras des télévisions, entouré de partisans ou de fonctionnaires tétanisés : "L'hôpital ne souffre pas d'un manque de moyens, comme l'affirment de nombreux syndicats. Comme toujours en France, on ne regarde pas à l'intérieur du moteur ce qui se passe, on dit "il faut plus". Entre 1998 et 2008 - j'ai pris cette période parce qu'il y a eu des gouvernements de droite et de gauche -, la France, au travers des dépenses de l'assurance-maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50 %. Ce sont 23 milliards d'euros de plus pour l'hôpital au cours des dix dernières années. Le défi de l'hôpital d'aujourd'hui, c'est que cet argent nécessaire soit plus efficace, parce que l'hôpital doit être mieux organisé".

 

Pour Nicolas Sarkozy, de toutes les façons, nous n'avons pas  les moyens de faire plus.Il omet d'ailleurs de donner  les raisons de cette carence: exonérations massives de cotisations sociales, indispensables à la solidarité, augmentation du chômage et donc diminution des cotisations, vieillissement de la population... Il faudrait donc gérer mieux, et notamment les moyens humains, qui pèsent sur le budget des hôpitaux, en supprimant des postes dans un premier temps, afin de répartir ensuite la pénurie actuelle de manière équitable. Facile à dire mais impossible à réaliser!

 

C'est la même technique pour réformer la télévision publique et la reprendre en mains.Nous assistons à une  régression des libertés publiques.Je partage là encore l'opinion de Dominique de Villepin dont je suis pourtant politiquement très éloigné et qu'un ami de Sarkozy que je rencontre à l'occasion prend pour un fou.Je trouve pourtant ses propos très sensés:

 

 « C'est un danger, dit il, que de vouloir museler l'opinion dans cette période de crise. Les Français souffrent  en effet dans leur vie quotidienne, sur le plan économique et social, il ne faut pas qu'ils souffrent aussi sur le plan des libertés.C'est une erreur de vouloir nommer le président de France Télévision par l'Elysée, une erreur de vouloir supprimer le juge d'instruction sans la contrepartie d'une indépendance du parquet. Et ce serait une erreur de réduire le pouvoir d'amendement des textes de loi par les parlementaires ».

 

 Mais l'hôte de l'Elysée, atteint de « césarisme » n'en a cure : il continue à faire main basse sur tous les pouvoirs, et tente de compromettre le maximum de personnalités socialistes pour donner le change.


La réforme de la justice tend à mettre au pas une part de la magistrature qui croit encore à son indépendance et à la séparation des pouvoirs.Comme de plus en plus de fonctionnaires, ces magistrats refusent d'être aux ordres et constituent une forme de contre-pouvoir. Il faut donc les réduire au silence le plus rapidement possible comme ces enseignants de l'Orne à qui l'on vient souhaiter des vœux et qu'on refuse d'entendre en les repoussant hors du centre de St LO.

 

Ce mépris, ce refus du dialogue, ce goût du monologue sans contradicteur, nous l'avons observé ici à Cahors lors de la visite du chef de l'Etat venu parler de la réforme de l'administration.Ce jour là Sarkozy s'adressait aux fonctionnaires et aux médias.Les parlementaires durent insister pour être invités à entendre le chef de l'Etat.La plupart des autres élus furent repoussés comme les fonctionnaires concernés et les manifestants, contenus à cent mètres de la conférence,hors de sa vue.

 

 « Devant ces mesures qui peuvent conduire à une régression des libertés publiques, il y a des risques de réactions extrêmement vives. Le président et le gouvernement auraient tout à gagner au contraire à faire le pari de la liberté et de la confiance. Nous avons besoin d'un peuple français responsable, lucide et rassemblé. Nous avons besoin d'un vrai pacte de confiance avec les citoyens ». Cette déclaration n'est ni de Martine Aubry, ni de Ségolène Royal, ni de Jean-Marc Ayrault ou de Benoit Hamon mais de Dominique de Villepin !

 

Durant l'audience solennelle de rentrée du tribunal de grande instance de Nancy, la présidente du TGI a exprimé sa « grande interrogation sur le sens du discours du chef de l'Etat, avant même le dépôt du rapport de la commission Léger, avant surtout tout débat parlementaire ». D'ailleurs, un journaliste et un magistrat ont démissionné de cette commission qui n'a, comme celle présidée par Balladur sur la réforme des collectivités locales, qu'une valeur d'alibi.


« L'indépendance est la seule garantie d'une bonne justice, puisqu'elle oblige à l'impartialité, à l'objectivité, à la neutralité, mais qu'elle met aussi le juge à l'abri de l'intrusion d'autres pouvoirs. »  

 

Un sondage de LH2 pour nouvelobs.com rendu public lundi 12 janvier, montre que les Français font preuve de pessimisme pour 2009. Un quart d'entre eux seulement (25%) pense que la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement en 2009  permettra d'améliorer la situation en France en matière d'emploi, 24% en matière de pouvoir d'achat.Les commissions bidon, la fausse concertation et la Loi qu'on applique avant qu'elle ne soit votée ne font guère illusion.C'est le résultat de cet empilement de réformes bâclées, imposées, précipitées, non discutées réellement, non confrontées à la réalité du terrain.

                                                                                        Marc Baldy




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13/01/2009
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