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ça se passe tout près de chez nous,près de Souillac et Gourdon...

un autre troisième âge est possible, écolo et autogéré

A Saint-Julien de Lampon (Nestor Romero).

On peut y aller par la route de Sarlat qui prend à Souillac, c'est tout droit. Quand on arrive à Rouffillac on prend à gauche le pont sur la Dordogne (elle est bien basse en ce moment), ou alors on passe par la route du Roc, on frôle la falaise qui porte le château de Cieurac et on longe la rivière sur l'une des plus belles routes du pays, ce me semble.

La mairie de Saint-Julien, où se tient ce soir, lundi, la réunion de l'association « Lo Paratge » est un peu plus loin, près de l'église qui, au couchant, offre sa romanité ocre à qui passe par là. Il y a du monde sur le parvis, de la Mairie, pas de l'église.

Ebahissement : je m'attendais à une de ces réunions intimistes de femmes blanchies sous le harnais du militantisme de toute une vie, et je me retrouve au coeur d'une effervescence pour ainsi dire juvénile.

Elles sont là, une dizaine, derrière la longue table qui fait office de tribune, belles, rayonnantes de cet éclat qui semble les habiter et, non, elles ne refusent pas d'être photographiées. Pourquoi donc ?

Réunion de 'Lo Paratge' (Nestor Romero).

En face, l'assemblée, bruissante, animée, d'une soixantaine de personnes (dans un village de moins de 600 habitants), femmes et hommes d'âge mûr bien sûr, mais aussi des « encore jeunes », comme Monsieur le Maire qui, de quelques mots, souhaite la bienvenue.

Cécile, la présidente de l'association prend la parole. De quoi s'agit-il ? De construire une maison, enfin un lieu, un lieu de vie par et pour des personnes d'un certain âge, comme on dit, pour qu'elles puissent y vivre ensemble aussi longtemps que possible sans être un poids pour leurs enfants et chassant ainsi  la perspective hallucinante de la « maison de retraite ».

Un lieu caractérisé par une charte que Cécile résume en quelques points : autogestion, solidarité, citoyenneté, écologie, égalité (d'où « Lo Paratge » qui en patois, d'accord, d'accord, en occitan, signifie égalité, ou peut-être même vie commune égalitaire).

Contrairement aux Babayagas de Montreuil, ici, les hommes sont admis

Voilà ce que sera le lieu. Le terrain de 2,6 hectares est là, un peu plus loin, à l'orée du village. Une prochaine délibération du conseil municipal va décider de sa vente à l'association. Et là une maison écologiquement construite, sous la maîtrise de l'association (qui choisira son architecte), d'une superficie de 1&nbsp:200 mètres carrés, des appartements de 50 mètres carrés et des parties communes, buanderie, salles de réunion, atelier, bibliothèque, potager…

Alors, évidemment on pense immédiatement à l'exemple précurseur des Babayagas de Montreuil, et , bien sûr, on pose la question. On va y revenir mais sans plus attendre, une différence essentielle, primordiale, insiste Cécile : nous, on ne refuse pas les hommes !

Pour l'instant, il n'y en a qu'un (curieux phénomène, non ?) mais on ne les refuse pas, au contraire. Primordial, disais-je, et qui semble réjouir fort l'assistance. Alors comment va fonctionner tout cela ?

Liliane, cheville ouvrière du groupe, a posé devant elle une épaisse chemise gonflée de feuillets. Elles travaillent depuis deux ans et ont pris connaissance de l'existence des Babayagas postérieurement. Elles sont allées leur rendre visite et se sont inspirées de leur expérience, mixité mise à part, évidemment.

Réunion de 'Lo Paratge' (Nestor Romero).

Il serait trop long et sans doute fastidieux d'entrer dans le détail du financement, j'en serais d'ailleurs bien incapable. Simplement, du conseil régional à la Fondation de France, de nombreux organismes sont sollicités et semble-t-il intéressés.

En résumé, pour ce qui concerne les futurs habitants, chacun fera l'acquisition au minimum d'une « part sociale " de 10 000 euros. On peut acquérir plusieurs parts, mais, importantissime, cela ne donne strictement aucun pouvoir supplémentaire. Autrement dit : une personne, une voix, ou mieux encore, me semble-t-il : " De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. »

Enfin, le loyer des appartements s'élèvera à 300 euros. Pour plus de détails on peut toujours poser des questions dans les commentaires, Cécile, Liliane et les autres répondront volontiers.

Un acte militant, un acte de militant(es) de la vie

Donc autogestion que tout cela, égalité, entraide et solidarité, pas de « personnel soignant » mais, quand frappe la maladie, celle de l'horreur qui, soudain, prive de raison, quand il n'y a rien d'autre à faire, l'accompagnement à l'hôpital, puisqu'il le faut, l'accompagnement des compagnes, des compagnons…

Mais pour l'instant, vivre ! C'est-à-dire s'engager et partager, militer en effet confirme Liliane, car c'est bien d'un acte militant qu'il s'agit, de militants(es) de la vie  qu'aucun décret social intimant à la retraite, insupportable vocabulaire, ne saurait contrarier.

Qu'est-ce donc cela que la « retraite » ? Vivre, disent-elles, et faire vivre ce projet en le vivant, ce projet qui n'est rien d'autre que l'esquisse d'un autre projet, celui d'une autre société possible. A suivre, non ?

Photos : A l'entrée de Saint-Julien-de-Lampon ; lors de la réunion de 'Lo Paratge' (Nestor Romero).



03/09/2008
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