493-Entre Ségo et Sarko son coeur balance


Bonne fête Nicolas !

Burki

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Dans le cadre du conflit social en cours, l'ami Julien Dray a multiplié les interventions sur les ondes pour fustiger… le gouvernement. À l'en croire, Nicolas Sarkozy serait débordé sur sa droite et en particulier par le vilain ministre du travail Xavier Bertrand. « Celui qui a la responsabilité du conflit, c'est le gouvernement, une partie du gouvernement qui joue au jusqu'au boutiste, qui veut aller à l'affrontement », a t-il martelé avant d'en appeler au Président, « un homme capable de manger avec tout le monde ». « Pourquoi ne mange-t-il pas avec les organisations syndicales afin de "trouver une bonne réforme, qui soit à l'avantage de tous », insiste le député de l'Essonne favorable, on l'a compris, à une réforme des régimes spéciaux.

Dray sur les rails

« Juju », car tel est son surnom historique, y va aussi de ses conseils avisés : aux étudiants, il déconseille vivement de bloquer la circulation des trains (tiens donc !) tandis qu'il alerte les syndicats sur les dangers de « la radicalité dans la contestation », celle-ci étant susceptible de « faire le jeu in fine de ceux qui veulent faire plier les organisations syndicales ». L'hypothèse selon laquelle les prises de positions successives de Dray, feraient le jeu de Sarkozy est forcément inconvenante.

Ségo ou Sarko, son cœur balance. On a connu l'auteur de Règlements de comptes (Hachette Littératures, qui paraît ces jours-ci) plus « radical ». Ex–militant de la Ligue communiste révolutionnaire, Julien Dray rallie le PS en 1981 où il incarne l'aile gauche socialiste, celle qui refuse alors la dérive « réformiste et social démocrate » du parti. Tireur de ficelles à SOS Racisme, à l'Unef comme à la FIDL (les lycéens), « Juju » cornaque toutes les grèves et manifs étudiantes.

En 1986, engagé contre la droite et la réforme « libérale » de Devaquet, mais aussi contre Lionel Jospin, alors aux manettes de l'Éducation nationale, Dray jette dans la rue en novembre 1990 plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans une manif' qui vire à l'émeute. L'une des plus violentes qu'ait connu la capitale depuis 30 ans. Sa conversion aux vertus sécuritaires, rebaptisée « ordre juste » lors de la dernière campagne présidentielle, date de la fin des années 90. Au PS, Julien Dray y hérite du poste de secrétaire national en charge des questions de sécurité. Et flirte rapidement avec Sarkozy.

En 2002 lorsque le nouveau ministre de l'Intérieur présente son projet de loi sur la sécurité intérieure – projet combattu par la gauche –, Dray déplore que la précipitation du ministre n'ait pas permis de parvenir « à un consensus politique »« Pour le bien-être de notre pays, je ne peux que souhaiter votre succès ». Également « parrain » de l'association « Ni putes ni soumises », c'est pour le bien-être des banlieues que Dray persuade Fadela Amara, qui a fait campagne pour Ségolène, d'entrer au gouvernement… Mais sans oser pour l'heure accepter l'offre de Sarkozy : « Tu feras ce que tu veux ». avant d'ajouter :

« Entre Julien et l'UMP, les seules choses qui restent compliquées, ce sont les montres ! », devait un jour persifler l'ancien ministre de la Justice, Pascal Clément, faisant allusion à l'achat chez un joaillier de la place Vendôme par l'ex-militant révolutionnaire d'une « montre à complication », pour 250 000 francs – dont 150 000 payés en liquide. Ce qui avait – bien inutilement – titillé Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy. De mauvais souvenirs.



06/12/2007
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