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Louis-Jean-Malvy,l'autre Dreyfus

Marc Baldy


Depuis deux ans je lis et je recherche des documents pour ajouter Louis-Jean Malvy à ma galerie de portraits de grands lotois.Je n'ai pas encore écrit ce texte parce que Martin Malvy,son petit-fils est mon ami  que j'ai constaté depuis longtemps son intérêt pour son grand père et la connaissance fine qu'il en a.Je ne veux pas me planter.C'est donc avec plaisir que j'ai lu le papier de Sabine Bernède,autre journaliste aux racines lotoises,dans La Dépêche de ce dimanche.J'en fais profiter les internautes qui visitent ce blog.

Après lecture je ne peux que recommander vivement cet excellent ouvrage qui permet de comprendre le passé et même quelques positions politiques d'aujourd'hui.

Louis-Jean Malvy, l'autre Dreyfus


Louis-Jean Malvy, l'autre Dreyfus
DDM
Extraits :
L'historien Jean-Yves Le Naour, chargé de cours à l'université de Toulouse-Le Mirail, et enseignant à Aix-en-Provence, a retracé le parcours de cet ancien député du Lot, étoile montante du parti radical, artisan de l'Union sacrée pendant la Première guerre mondiale, et injustement traduit devant la Haute Cour de justice.
Espion, mais aussi cocaïnomane, dépravé, violeur… Telles furent les accusations que l'extrême-droite, menée par Léon Daudet, asséna à l'encontre de Louis-Jean Malvy, alors ministre de l'Intérieur.


Cet homme aux cheveux gominés, à la moustache lissée, aux joues émaciées est l'autre Dreyfus : Louis-Jean Malvy, le grand-père de Martin Malvy, l'actuel président du conseil régional Midi-Pyrénées, fut en 1918 la victime d'un procès inique, et condamné pour forfaiture à être banni.

L'historien Jean-Yves Le Naour, chargé de cours à l'université de Toulouse-Le Mirail, et enseignant à Aix-en-Provence, a retracé le parcours de cet ancien député du Lot, étoile montante du parti radical, artisan de l'Union sacrée pendant la Première guerre mondiale, et injustement traduit devant la Haute Cour de justice.

Pourquoi cette affaire, même à l'époque, n'a-t-elle pas connu le même retentissement que l'injustice faite au capitaine Alfred Dreyfus en 1894 ? Jean-Yves Le Naour donne une explication. En 1918, la guerre s'achève. Et le peuple se livre aux joies de l'Armistice : « Qui donc se soucie encore de Malvy, et qui oserait affronter la popularité du Tigre ? », écrit l'historien.

Clemenceau et la droite triomphent. Jaurès a été assassiné, Malvy banni, le parti radical divisé et la SFIO déchirée : « La situation de la gauche au lendemain de la guerre ressemble à un champ de bataille », constate Jean-Yves Le Naour.

Louis-Jean Malvy passe cinq ans d'exil en Espagne. Dès son retour en France en 1924, il sera réélu député par les électeurs du Lot. Louis-Jean Malvy les remercie en ces termes : « Votre verdict du 11 mai restera dans nos cœurs comme une éclatante revanche du droit et de la justice ».

Petite consolation. Car Louis-Jean Malvy n'a jamais obtenu sa réhabilitation, à la différence du capitaine Dreyfus : impossible de faire appel d'une décision de la Haute Cour.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Trois mois avant sa mort, en 1949, Louis-Jean Malvy dut porter plainte contre un journal américain colportant le ragot selon lequel il aurait été l'amant de l'espionne Mata Hari.

«Le carnet B»

Espion, mais aussi cocaïnomane, dépravé, violeur… Telles furent les accusations que l'extrême-droite, menée par Léon Daudet, asséna à l'encontre de Louis-Jean Malvy, alors ministre de l'Intérieur. Cet homme de gauche réalisa la paix sociale en temps de guerre, sans appliquer le « carnet B », qui prévoyait l'arrestation, le premier jour de la mobilisation, de 2000 à 4 000 militants socialistes et syndicalistes. Il dût démissionner.

Martin Malvy a salué le travail de Jean-Yves Le Naour : «un travail fidèle à l'histoire sur toute la ligne».

« L'affaire Malvy. Le Dreyfus de la Grande Guerre », de Jean-Yves Le Naour. 377 pages. 22€. Hachette Littératures.

Publié le 18 novembre 2007 à 10h20 | Auteur : Sabine Bernède




Louis-Jean Malvy, l'autre Dreyfus
DDM
Extraits :
L'historien Jean-Yves Le Naour, chargé de cours à l'université de Toulouse-Le Mirail, et enseignant à Aix-en-Provence, a retracé le parcours de cet ancien député du Lot, étoile montante du parti radical, artisan de l'Union sacrée pendant la Première guerre mondiale, et injustement traduit devant la Haute Cour de justice.
Espion, mais aussi cocaïnomane, dépravé, violeur… Telles furent les accusations que l'extrême-droite, menée par Léon Daudet, asséna à l'encontre de Louis-Jean Malvy, alors ministre de l'Intérieur.


Cet homme aux cheveux gominés, à la moustache lissée, aux joues émaciées est l'autre Dreyfus : Louis-Jean Malvy, le grand-père de Martin Malvy, l'actuel président du conseil régional Midi-Pyrénées, fut en 1918 la victime d'un procès inique, et condamné pour forfaiture à être banni.

L'historien Jean-Yves Le Naour, chargé de cours à l'université de Toulouse-Le Mirail, et enseignant à Aix-en-Provence, a retracé le parcours de cet ancien député du Lot, étoile montante du parti radical, artisan de l'Union sacrée pendant la Première guerre mondiale, et injustement traduit devant la Haute Cour de justice.

Pourquoi cette affaire, même à l'époque, n'a-t-elle pas connu le même retentissement que l'injustice faite au capitaine Alfred Dreyfus en 1894 ? Jean-Yves Le Naour donne une explication. En 1918, la guerre s'achève. Et le peuple se livre aux joies de l'Armistice : « Qui donc se soucie encore de Malvy, et qui oserait affronter la popularité du Tigre ? », écrit l'historien.

Clemenceau et la droite triomphent. Jaurès a été assassiné, Malvy banni, le parti radical divisé et la SFIO déchirée : « La situation de la gauche au lendemain de la guerre ressemble à un champ de bataille », constate Jean-Yves Le Naour.

Louis-Jean Malvy passe cinq ans d'exil en Espagne. Dès son retour en France en 1924, il sera réélu député par les électeurs du Lot. Louis-Jean Malvy les remercie en ces termes : « Votre verdict du 11 mai restera dans nos cœurs comme une éclatante revanche du droit et de la justice ».

Petite consolation. Car Louis-Jean Malvy n'a jamais obtenu sa réhabilitation, à la différence du capitaine Dreyfus : impossible de faire appel d'une décision de la Haute Cour.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Trois mois avant sa mort, en 1949, Louis-Jean Malvy dut porter plainte contre un journal américain colportant le ragot selon lequel il aurait été l'amant de l'espionne Mata Hari.

«Le carnet B»

Espion, mais aussi cocaïnomane, dépravé, violeur… Telles furent les accusations que l'extrême-droite, menée par Léon Daudet, asséna à l'encontre de Louis-Jean Malvy, alors ministre de l'Intérieur. Cet homme de gauche réalisa la paix sociale en temps de guerre, sans appliquer le « carnet B », qui prévoyait l'arrestation, le premier jour de la mobilisation, de 2000 à 4 000 militants socialistes et syndicalistes. Il dût démissionner.

Martin Malvy a salué le travail de Jean-Yves Le Naour : «un travail fidèle à l'histoire sur toute la ligne».

« L'affaire Malvy. Le Dreyfus de la Grande Guerre », de Jean-Yves Le Naour. 377 pages. 22€. Hachette Littératures.

Publié le 18 novembre 2007 à 10h20 | Auteur : Sabine Bernède


18/11/2007
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