421-Pau:La mairie au 421 ?

La guerre de succession aura bien lieu. En famille, entre candidats socia­listes. Le premier acte pour conquérir la mairie de Pau (Pyrénées-Atlantiques) après le décès d’André Labarrère en 2006 a laissé des traces au PS. Et les protagonistes fourbissent à nouveau leurs armes à l’approche des municipales de mars. Yves Urieta, le maire actuel, a su conserver le soutien de sa majorité municipale, et campe sur sa légitimité. En face, Martine Lignières-Cassou, réélue pour la troi­sième fois à l’Assemblée nationale en juin, avance aussi la sienne. D’autant qu’elle dis­pose des faveurs de la section locale et se sait la favorite des militants. La partie s’annonce serrée. C’est donc François Hollande qui a décidé de réunir tout le monde dans son bureau le 4 octobre.

Après trente-cinq ans à gauche, l’enjeu est de taille pour la deuxième ville d’Aquitaine. Sans annoncer clairement ses intentions, Lignières-Cassou s’abrite derrière le poids des militants: «Si on doit aller au vote, eh bien on ira.» Pas de quoi effrayer Urieta. Lui se déclare «candidat, quel que soit le vote, si vote interne il y a». Avec la certitude que «le bon sens l’emportera». Entrée en matière critique, donc, avec François Bayrou en embus­cade

Alliances.  Fort de ses 30% à Pau au premier tour de la présidentielle, le député (Modem) espère bien profiter du chaos pour apparaître comme l’homme de la cohérence. Et même s’il refuse de se déclarer, aucun doute que c’est de Pau que l’enfant du pays entend lancer sa reconquête politique. Pas de mys­tère. «Les groupes de travail sont déjà en place depuis plusieurs mois», confirme Jean-Louis Perez, chef de file ­du Modem au conseil municipal. En coulisse, le jeu des alliances tourne déjà à plein.

Lignières-Cassou, adepte d’une ligne très à gauche, peut compter sur une liste d’union avec le PCF, notamment avec Olivier Dartigolles, porte-parole national. Quant à Yves Urieta, il prêche une analyse beaucoup plus centriste de l’électorat palois, et mise donc sur l’ouverture pour ménager toutes les sensibilités. S’il affirme n’avoir encore pris «aucun contact», il se dit prêt à rassembler «tous ceux qui ont envie de servir la ville». Y compris hors de son «champ politique traditionnel».

Cavalier seul.  C’est donc de l’UMP que viendra le positionnement le plus straté­gique. Jean Gougy, le président départemental du parti, ne l’ignore pas : «Avec 24 % à la présidentielle, nous détenons la défaite ou le succès de quelqu’un.» En 2001, UDF et UMP s’étaient retrouvées main dans la main pour bâtir une liste d’opposition. Mais la donne a, depuis, bien changé. L’UMP pourrait être tentée de faire cette fois cavalier seul. A moins que Gougy ne choisisse une troisième voie, lui qui ne cache pas son amitié de longue date avec Urieta.

Liberation.fr samedi 29/9/07


01/10/2007
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