309-La chambre bleue horizon n'est pas une fatalité 3 posts R.Anglade


SAMEDI 12 MAI 2007

Aujourd_hui_en_France

1 713 voitures brulées et 887 interpellations depuis dimanche


Sitôt connus les résultats du 6 mai derniers, nos bons analystes nous promettaient une « chambre bleue horizon » (traduction : un tas de députés de droite extrêmement remontés).

L'analyse est un peu courte.

D'une part en effet, Mitterrand 1988 l'a, prouvé, un score de 53 % n'est pas automatiquement signe d'une adhésion massive du peuple Français au programme d'un candidat.

D'autre part, et c'est le paradoxe de cette élection, la France est désormais très clivée. Paradoxe, car après la multiplication des stratégies de « triangulation » (traduction : déplacer les lignes d'affrontement pour aller chercher les électeurs de l'adversaire grâce à une audacieuse stratégie de déplacement du débat. Exemple : encadrement militaire des jeunes ; censé plaire à la gauche parce qu'alternative à la prison et plaire à la droite parce que militaire. A ne pas confondre avec une simple transgression des clivages). Après une campagne à ce point marquée par la triangulation, il est étonnant de constater à quel point la France est à nouveau clivée, partagée...

Si Neuilly sur Seine a porté le candidat du CAC 40 avec plus de 87 % des voix, il y a des quartiers entiers qui ont choisi Ségolène Rotal. La cité des 3000 lui a accordé 70 % des suffrages. Jusqu'à Bordeaux, ville de droite s'il en est, siège d'Alain Juppé, qui a accordé 55 % des suffrages à Ségolène Royal.

Sans compter sur l'effet de l'âge, puisqu'on saît que ce sont essentiellement les personnes les plus âgées, et la plupart du temps retraitées, qui ont voté our Nicolas Sarkozy.

Traduction : l'ami de MM. Bolloré, Largardère, Bouygues et quelques autres grands patrons a certes recueilli 53 % des suffrages, mais il y a des territoires entiers qui lui résistent. Avec cela, il va sans dire qu'il n'incarne que très mal le peuple de France. L'escapade de milliardaire en témoigne...

La cohabitation n'est sans doute ni possible ni souhaitable... Mais une bonne opposition est, elle, très possible.

Et elle serait bien souhaitable. Quand on connaît la propension du nouveau président de la République à se mêler de tout (y compris de la Justice quand il était ministre de l'Intérieur), quand on connaît son indifférence au lien social... quand on connaît la vigueur de son programme... ses amitiés avec les patrons du CAC 40 et avec les vedettes de TF, il semble évident qu'une bonne opposition est indispensable.

Le Parti socialiste est-il en mesure de constituer cette opposition ? Il est clair que cette campagne a prouvé sa difficulté à se réformer, ses divisions, son manque d'esprit d'équipe... Mais des mouvements sont à l'œuvre, une rénovation idéologique sans précédent a été entreprise en quelques mois. On peut faire le pari de prochaines évolutions très intéressantes...

Ne laissons pas tous les pouvoirs à M. Sarkozy. C'est possible... et la France ne s'en porterait pas plus mal...

Raphaël ANGLADE Betapolitique hxxx:..www.betapolitique.fr/spip.php?article0832



11/05/2007
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