306-Un mariage un enterrement 9 posts


Expatrié depuis le 6 mai  vers 13 heures,je suis rentré  ce 8 mai au soir puisqu'il est parti.Je découvre cet édito de Patrick Venries dans Sud Ouest que je vous invite à méditer.


Edito Sud Ouest 8 mai 2007

Un mariage, un enterrement


Patrick Venries

On ne sait pas encore si le concept de rupture sur lequel il a bâti sa campagne est un outil de marketing ou une véritable réflexion politique, mais la nuit au Fouquet's du nouveau président méritera de rester longtemps dans les annales de la République rénovée.
Quand on se souvient qu'à la fin des années 70 Bernadette Chirac faisait interdire les photos de son mari pique-niquant sur le capot d'une CX pendant une campagne législative en Corrèze, on mesure combien Nicolas Sarkozy a le don d'inventer un style. L'histoire nous dira si, quelques heures après un discours d'une inusuelle gravité, l'affaire est du meilleur goût. Mais on ne peut nier qu'une nouvelle manière d'exercer le pouvoir se dessine. Jean, chemise blanche et blazer bleu marine : l'habit ne fait plus le moine. Avant sa retraite monacale, Nicolas Sarkozy est resté fidèle à lui-même. Il a toujours l'air de ressembler aux gens que l'on croise dans la rue.

Cet aspect d'une personnalité somme toute banale contraste avec l'exceptionnelle vision politique d'un homme qui a réussi ce qu'aucun autre prédécesseurs n'avait simplement imaginé :réussir le mariage de la droite française. Du Centre droit au Front national, Nicolas Sarkozy a réconcilié un bloc politique sans se priver de miner les fondements historiques de la gauche. On comprend mieux aujourd'hui pourquoi dimanche soir, les visages des vainqueurs du scrutin affichaient plus de soulagement que de triomphalisme. C'est un 8 mai 81 à l'envers qu'a réussi Nicolas Sarkozy. Majoritaire depuis de nombreuses années dans le pays, la droite souffrait du surmoi de la gauche. En s'attaquant aux idées plutôt qu'aux appareils, le nouveau, le nouveau président de la république a construit une modernité dont il abuse déjà .
Suffit-il d'avoir toujours l'air d'être habillé pour une noce pour se vêtir des habits de l'alternance ? La question mérite d'être posée à Ségolène Royal, parée de blanc pour ce qui était, dimanche soir,le troisième enterrement de la gauche ? Que faire d'une défaite ? la transformer en victoire ou la noyer dans le chagrin, comme nous le fit voir Dominique Strauss-Kahn ?
La nette victoire de Sarkozy aurait pu couper le parti socialiste en deux. D'un côté le modèle travailliste anglais des années 70, de l'autre la social–démocratie européenne de centre gauche. En mal d'alliance, le PS aurait simplement eu à choisir entre deux motions. Mais sa crise est beaucoup plus profonde. Elle s'appelle Ségolène Royal et les dix-sept millions de voix dont elle revendique la complète propriété. Venue de nulle part, elle était le symptôme de la crise de la gauche. En est-elle devenue le remède ? L'appareil socialiste n'a pas fini d'en débattre.



08/05/2007
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