260-Le retour de la république du centre (Fondation Copernic) 6 posts

L'effet Bayrou ou le retour de la république du centre,  Julien Bach, Fondation Copernic.

François Bayrou capte une frange d'électeurs déçus par la campagne de la candidate du Parti socialiste  et qui voient en lui un recours possible.Il suffit de regarder d'un peu plus près ses  propositions pour mesurer  à quel point sa vision du monde demeure clairement ancrée à droite.

Le parcours politique du ministre de l'éducation du gouvernement Balladur,  a participé à la thérapie de choc néolibérale infligée à la France de 1993 à 1997.Son programme actuel n'est pas celui d'un rebelle et n'a rien de social-libéral comme le prétend le candidat. Ses principales propositions dévoilent un projet nettement plus libéral que social. Ainsi, de sa volonté de faire de la France un pays pro-entreprises, de la rigueur budgétaire érigée en dogme par sa proposition d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour un gouvernement de présenter un budget déficitaire, la refonte universelle des retraites vue comme un projet de nivellement par le bas, ou encore l'allégement de l'impôt sur la fortune... autant de sujets qui marquent la poursuite des politiques néoclassiques de la droite.

Le projet de société du candidat de l'UDF est un projet faussement humaniste et authentiquement réactionnaire,
recyclage de la théorie du moins d'Etat, rejet de l'immigration parce que le pays compte quatre millions de chômeurs, remise en question du droit de grève sous couvert d'un service garanti dans les transports, proposition aux relents sécuritaires évidents de mise sous tutelle des allocations familiales quand il y a abandon de responsabilité des parents... les réformes centristes démontrent l'ambition de parvenir à convertir la France à la démocratie chrétienne.

La preuve est ainsi faite que le programme présidentiel du centriste s'inscrit dans la grande tradition libérale et réactionnaire dont  Bayrou ne présente qu'une variante actualisée. Un leurre qui,par sa négation des divergences d'intérêts et l'occultation du conflit social au profit d'une régulation paternaliste de la société, pèserait dangereusementsur la vie politique française.

 "Lorsqu'on me demande si la rupture entre les partis de droite et les partis de gauche a encore un sens, la première idée qui me vient est que celui qui demande n'est pas un homme de gauche."ALAIN.

 Etre au-dessus,en effet, c'est être de droite.



11/04/2007
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